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sacrés ont la sanction du ciel même et si, après ce témoignage de Dieu, il était permis de citer celui des hommes^ j'invoquerais celui du roi Pyrrhus... L'histoire est-elle autre chose que le martyrologe des nations ? Partout la couronne rappelle cette boîte de l'antiquité fabuleuse, d'où sortirent tous les maux... Depuis quinze siècles, l'Europe est en proie au brigandage de quatre-vingt-dix ou cent familles, qui jouissent de la misère des hommes, qui s'abreuvent de leurs larmes, et quand une nation ne suffit pas à ces tigres, quand ils veulent assouvir im orgueil insatiable, un penchant brutal, le débordement de leurs passions franchit les limites de leur empire... Pour une femme perdue de mœurs, pour une ridicule préséance..., ils portent la dévastation et la mort... Je passe rapidement sur ces êtres abhorrés pour arriver au restaurateur de la liberté française... » Rien de plus odieux que ses insultes au prisonnier du Temple !
8** Lettre de l'évêque à ses vicaires épiscopaux. — Durant un de ses fréquents voyages à Paris, où rappellent les exigences de la politique, le directoire du déparlement invite le conseil épiscopal à supprimer la fête de saint Louis, patron du diocèse; on en réfère à l'évêque : « J'avais, dit-il, le cœur dans un étau, froissé entre la crainte d'atténuer le culte que l'Église rend aux saints et la crainte d'attirer sur mon clergé Vorage d'une persécution atroce. » Sa réponse est triste et déplorable : « Si saint Louis était vénéré comme roi, il faudrait proscrire des hommages qui seraient un crime contre la patrie et la raison, mais il est honoré comme saint... Cependant la suppression de cette fête ne heurte aucu-
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nement les principes irréfragables du dogme, sur lequel on ne peut jamais composer... Je présume que sans Tavis des fidèles, une autorité despotique choisit saint Louis, moins par vénération pour lui que par adulation pour Louis XIV, qui régnait alors...; d'après ces considérations , on peut, ce me semble , se dispenser de célébrer la fête d'un saint jadis roi, avec cette pompe qui pourrait être encore un sujet de triomphe pour les royalistes et un talisman capable d'éblouir les faibles... On pourrait adopter pour patron saint Solême , qui sans doute eût encore grossi le trésor de ses mérites, si au lieu d'avoir des relations avec Clovis, il eût tâché d'ébranler le trône du despotisme. » On lit sur l'original de cette lettre ce post-scriptum : « Je crois pouvoir défier qui que ce soit d'avoir plus d'horreur des rois que moi, je leur préférerais les dix plaies d'Egypte. »
Il n'épargne pas à la chaire chrétienne le scandale de ses haines politiques, il y mêle sans cesse la pohtique à la religion, il semble préparer sa candidature à la Convention. Un jour, dans sa cathédrale, il prend la défense de son prédécesseur, il reproche aux Blaisois leur ingratitude envers un prélat dont ils n'ont pas secondé le projet de consacrer dix mille francs à éfeiblir, chez eux, des ateliers de filature. Quelcfues jours après, il annonce au prône qu'à l'issue de la messe paroissiale, on distribuera aux curieux un Ubelle in-S** de 22 pages, publié à Paris, sous le titre de : M. Grégoire dénoncé à la nation. L'indignation causée par la lecture fut telle que, le soir, sur la place publique, on en fit un autodafé. « L'anecdote fut répandue à Paris, les journaux la répé-
lèrent, le libelliste anonyme n'a jamais osé soulever le voile*.»
Président de Tadministralion centrale, à la nouvelle de la révolution du 10 août, il convoque sur-le-champ les administrations du département, du district, de la municipalité ; avant même qu'elles soient réunies , il rédige une réponse au président de TAssemblée et aussi une proclamation pour annoncer à ses administrés la suspension des fonctions royales. « Je passai la nuit à faire composer et à corriger les épreuves, le lendemain j'en fis inonder le département, et quoique le Blaisois soit peut-être la contrée où l'on trouve le moins de caractère, tout fut électrisé et la République établie par le fait, y fut proclamée par anticipation. » Son discours pour les citoyens morts à Paris, le 10 août, fut, je l'ai dit déjà, un manifeste contre la royauté qui n'était pas encore légalement abolie et un outrage pour ce roi dont « l'attitude au palais des Tuileries avait été celle d'un chrétien dans le cirque » .
III. 20 septembre, — Élu membre de la Convention parle vœu unanime du corps électoral, qu'il présidait, à Vendôme, il part pour Paris. Le 21, il se présente avec onze commissaires au sein de la Législative présidée par son compatriote, François de Neufchâteau : c Citoyens, dit-il, la Convention nationale est constituée, nous venons de sa part vous annoncer qu'elle va se rendre ici pour commencer ses séances. Le président répond : « L'enthousiasme qu'inspire votre présence vous est un sûr