‹ La vie et les œuvres de l'abbé GrégoireChapitre 26 sur 52 · Monit., 1794, n · texte numérisé non relu

Monit., 1794, n

rapport fort peu de politique ; beaucoup d'idées pratiques, un courage réel à signaler le mal... « Il y a neuf mois, j'ai dénoncé ce dont j'avais été témoin, à Chantilly, une haute futaie de quelques centaines d'orangers a été convertie en bois de chauffa ge\ »

i6 prairial, — Au nom du comité d'instruction il lit un rapport sur « la nécessité et les moyens d'anéantir les patois et d'universaliser l'usage de la langue française^ ». Le 8 pluviôse, un lettré, un poète, Barère, dam U7i plan tout à fait neuf d'éducation, avait soulevé la question : « Nous avons révolutionné le gouvernement, les lois, les usages, les mœurs, les coutumes, le commerce et la pensée même , révolutionnons aussi la langue, qui en esL l'instrument journalier... Il faut abolir, par une loi, ces idiomes populaires qui ont perpétué le règne du fanatisme, de la superstition, assuré la domination des prêtres, des nobles, des praticiens... » L'idée était folle, le rapport de Grégoire est en général plus sensé ; il contient une énumération très complète des trente patois, qui rappellent le nom des provinces, (c Nous sommes encore pour le langage la tour de Babel, tandis que pour la liberté nous sommes l'avant-garde des nations... 3) Il repousse, comme chimériques, les utopies de ceux qui voudraient i-amencr les peuples à une langue unique, mais « on peut unifonner le langage... Le peuple fiançais doit consacrer au plutôt, dans une république une et indivisible, l'usage unique et invariable de la langue de la liberté... L'ignorance de la langue empêche

1. U avait proposé i\ la commission des arts un projet de jardin (ïe géographie pratique. Méni., t. I, :il9.

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