‹ La vie et les œuvres de l'abbé GrégoireChapitre 3 sur 52 · LA VIE · texte numérisé non relu

LA VIE

DE

Sijudicas cognosce.

Les récits des contemporains, les pièces d'archives, les documents inédits, le Moniteur, « ce répertoire redoutable », m'ont fourni les éléments de cette longue et patiente élude. Dans une première partie (1750-1789)% je vous ai raconté son enfance chrétienne et pauvre, son adolescence laborieuse et chasle, les actes de son ministère à Marimont et à Emberménil et j'ai analysé ses travaux littéraires couronnés, Y Éloge de la pom^, par l'Académie de Stanislas, en 1781 , V Essai sur la régénération physique, morale et politique des Juifs, par la Société royale des sciences et des lettres de Metz, en 1778.

Dans cette seconde partie (1789-1831), j'aurais voulu, en quelques pages d'une critique sévère, apprécier la

1. Mémoire présenté à TAcadéniie de Stanislas. '2. 1 vol. in-4®. Nancy, 1873.

nature, le caractère, la vie du célèbre abbé, à l'époque surtout de son délire révolutionnaire, a de ses jours caniculaires »,. comme il les appelle. Mais la sagesse de nos règlements m'impose un plan plus modeste, je me bornerai simplement à mettre sous vos yeux, année par année, ou plutôt jour par jour, ses écrits, ses motions,ses votes, ses discours, ses actes, afin que chacun, dans la liberté et l'indépendance de sa conscience, puisse, en connaissance de cause, juger cet homme étrange, dont la mémoire, il l'avait prédit, a été et est encore « en proie à la rage des partis ».

Durant, un demi-siècle (1781-1831), l'abbé Grégoire a été membre de notre compagnie; j'aurai rempli un devoir de justice en retraçant, avec une religieuse impartialité, sine ira et studio, les phases diverses de sa vie si calme au début, si troublée en son cours, si tourmentée jusqu'à son dernier soupir.

I. 1189, — Né monarchique, comme la France de l'ancien régime, le curé d'Emberménil a dû son élection aux États-Généraux, à l'estime de ses confrères, à son discours à l'assemblée des trois ordres, à Nancy*, surtout à ses deux circulaires aux curés (20 et 22 janvier), flans lesquelles il affirme de la manière la plus explicite, la plus spontanée, « sa vénération pour ses supérieurs ecclésiastiques, son admiration, son respect pour la personne d'un monarque, que l'on peut louer sans flatterie ».

Arrivé à Versailles, il prend une part active aux dis-

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