Discours du 20 janvier
DE l'abbé GRÉGOIRE. 7
eussions de la Chambre du clergé, il y soutient « avec impétuosité » le vote par tête et la réunion des trois ordres. Dans une Nouvelle Lettre d'un curé à ses con-
frères *, il expose tout à la fois « les relations intimes et permanentes qui unissent les pasteurs aux paroissiens, dont ils sont les « pères spirituels», et aussi « les misères du peuple qui se débat dans les filets de la fiscalité..., l'injustice des lois exclusives et tortionnaires, qui provoquent sa fureur.... » Il ne ménage ni à la noblesse ni à l'épiscopat quelques attaques mal déguisées, mais il renouvelle ses protestations d'inviolable fidélité à la monarchie. « Je pose en fait qu'aucun cahier ne demande une constitution républicaine, qu'aucun député ne désire se soustraire à l'autorité royale. » Il repousse, comme une calomnie et un outrage, « tout ce qui pourrait porter atteinte à l'unité du culte catholique, à la succession au trône, dans la famille d'un roi qu'on aime ». Après le 10 août, entraîné vers la République, il cherchera vainement, par la violence de ses attaques, à détruire l'expression de cette foi monarchique si loyalement affirmée.
iO juin. — Le Tiers assemblé invite la noblesse et le clergé à venir dans la salle commune pour y porter remède aux malheurs pubUcs. L'inquiétude est partout, la province s'agite, Paris est affamé; l'abbé Sieyès propose de donner défaut contre les non-comparants de la noblesse et du clergé. Trois cures du Poitou se présentent ; Grégoire juge plus utile de rester encore dans la salle du clergé, mais il écrit au président Bailly, pour motiver sa résolution. Le dimanche 14 juin, à la séance