‹ La vie et les œuvres de l'abbé GrégoireChapitre 5 sur 52 · Taris, juillet · texte numérisé non relu

Taris, juillet

du soir, il fait son entrée avec cinq aulrcs ecclésiastiques ; le curé Dillon, dans son discours, exprime « le respect et l'amour du clergé pour le monarque.... » Il est fort applaudi.

il juin, — A une heure après midi, Tordre du Tiers, sur la motion de Sicyès, se constitue sous le titre ô! Assemblée nationale, à la majorité de 481 voix contre 419*.

Wjîtin, — La salle est fermée par ordre; TAssemblée s'installe au Jeu de paume, « triste lieu, démeublé, pauvre ». Grégoire, le premier, prête le serment de ne point se séparer avant l'achèvement de la Constitution; l'austère Rabaud, ministre cévenol, et D. Gerle. (( un bonhomme de chartreux, d'excellent cœur, de courte vue », imitent son exemple. Le 22 au malin, le curé d'Emberménil se trouve à l'église Saint-Louis avec 149 cccléï^iastiques ; il quitte le chœur pour se mêler aux membres de l'Assemblée, qui entrent dans la nef. « Le temple de la religion, dit-il, devient le temple de la patrie. » '

Le soir de ce môme jour, il est au club breton; il raconte en ces termes, ce qu'il y a fait : € La veille de la srance royale, nous étions douze à quinze députés, ins- Iruits de ce qui se passait à la cour... ; tous opinèrent sur la nécessité de rester dans la salle, malgré la défense du roi... On convint de circuler dans les j»roupes de nos collègues, avant la séance, et de se préparer à la résislance... Mais, dit quelqu'un, le vœu de douze à quinze pourra-t-il déterminer la conduite de douze cents ? Il lui

1 . De liescu'c donne 40 1 voix conlie 0;). — Con cspondance secrète. Lollro ?5*.

DE l'âbbé Grégoire:. 9

fut répondu que la particule on a une force magique ; nous dirons: voilà ce (|ue fera la cour et parmi les patriotes on est convenu de cette mesure... On signifie quatre cents comme dix... L'expédient réussit. » Des parlementaires, des avocats, des ecclésiastiques, des bretons surtout, se réunissaient à Versailles, dans ce club, que le conseiller Dupont, député de la noblesse, avait d'abord ouvert chez lui, rue du Chaume, à Paris. Depuis le 4 mai, Grégoire en était Tun des membres les plus assidus, il y rencontrait Pétion, Mounifîr, Barnave, Barrére , Boissy d'Anglas , Robespierre. Mirabeau n'alla qu'une fois dans a ce laboratoire d'agitations » ; Lanjuinais, Sieyès s'en retirèrent bientôt; ce dernier juge les clubs avec sévérité : « Une troupe de polissons, méchants, toujours en action, criant, intrigant, s'agitant au hasard et sans mesure. » Il leur attribue, avec raison, la plus grande part dans l'égarement de la révolution. C'est dans les clubs que le curé d'Emberménil contracta l'ha-^ bitude des discussions violentes, qu'il perdit son respect pour le roi, auquel il reprochait tantôt de le dénigrer dans ses lettres, tantôt de le vouloir corrompre en l'élevant au siège de La Rochelle. 11 avait compris que la force ne se mesure pas au nombre, « les patriotes ne se comptent pas, ils se pèsent * »; il résumait en quelques mots la puissance des clubs : « Notre tactique était simple, on convenait qu'un de nous saisirait l'occasion opportune de lancer sa proposition dans une séance de l'Assemblée nationale, il était sur d'être applaudi par un très petit nombre et hué par la majorité, n'importe il deman-

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