‹ La vie et les œuvres de l'abbé GrégoireChapitre 41 sur 52 · Mém., t. II · texte numérisé non relu

Mém., t. II

je m'étais rendu à la Malmaison ; dans nos conversations prolongées, au milieu des bosquets, nous avions longuement discuté les moyens de pacifier TÉglîse de France.» Aux mémoires, dont j'ai parlé déjà, il faut ajouter des rapports et des notes, qui prouvent qu'il avait sérieusement étudié la question : « De TÉtat du clergé constitutionnel. — De TEsprit religieux en France. — De l'Élection des pasteurs par le clergé et le peuple. — Du Droit des métropolitains pour instituer les évêques. » Le premier Consul admirait Tintelligence de Grégoire, son courage, sa lutte contre l'impiété, mais il redoutait l'opiniâtreté de ses idées ; il craignit le retour des anciennes querelles, aussi confia-t-il à l'abbé Dernier la mission de négocier avec Spina et le cardinal Conzalvi le Concordat de Tan IX, qui fut signé le 15 juillet 1801. Une nouvelle circonscription des diocèses fut faite, de concert avec le Saint- Siège; le pape demanda aux évêques anciens et nouveaux de donner leur démission.

i6 vendém. anX. — Surpris et attristé, Grégoire, dans une lettre, à M""' Dubois, attaque Paris : « Cette ville sale, puante, malsaine; ces inconvéniens ne sont rien comparativement à ceux qui résultent de l'accumulation de toutes les folies, de tous les vices, de tous les crimes. > Il se console de tout le mal qu'il a éprouvé, en retour du bien qu'il a tenté de faire,., heureusement il va sortir de cette tourmente, il sera plus heureux dans sa retraite... « Gardez toutes ces confidences pour vous, soignez votre santé, ayez confiance en Dieu, vous avez quelquefois j'ai presque dit souvent des impatiences, qui ne sont pas chrétiennes. Salut, respect et attachement. Grégoire, év. de Blois et bientôt évêque tout court. » En effet, son

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rôle dans TÉglise constitutionnelle , sa haine contre la royauté l'exclurent de Tépiscopat, où douze de ses collègues furent admis. Il envoie sa démission à l'évêque de Bourges, son métropolitain, et non pas au pape. Puisse cette démarche, lui écrit-il, donner lieu au choix d'un pontife qui fasse le bonheur de mes diocésains... qui réunisse tous les cœurs dans les liens de la charité!... Il se désiste volontairement, librement, spontanément de tout droit et juridiction, mais il persiste invariablement dans les principes qu'il a toujours professés. Sa lettre pastorale est empreinte, au début surtout, d'un sentiment d'amertune et de dépit : « Je ne vous connaissais pas, vous vîntes m'arracher au repos,,., aux auteurs de mes jours,... à la contrée où j'ai pris naissance, où sont les tombeaux de mes ancêtres,., » Il retrace les difficultés qu'il a rencontrées; il en accuse « la faiblesse, la lâcheté, la versatilité de la plupart des hommes... Combien j'en pourrais citer dont le caractère aussi variable que les nuages agités par les vents, aussi mobile que l'empreinte tracée sur le sable avaient des masques adaptés à toutes les phases de la Révolution ! ^) Le clergé n'est pas épargné. « Retracerai -je la conduite de ces turbulens, que j'ai peints dans une foule d'écrits? Menaces, mensonges, calomnies, lettres anonymes, libelles, tels furent leurs moyens... » 11 flétrit ces prêtres rétractés et apostats, qui passèrent des tentes d'Israël sous les tentes des Philistins. Il rappelle ce qu'il a fait comme évêque et con?me homme politique, il explique sa nomination à la Convention, qui laissa passer aux mains du crime, le sceptre du pouvoir. Ce qui le console, c'est qu'il a été aimé des bons et honoré de la haine des méchants. Il fait allusion

à répoque où il a connu Tindigeuce, « que vous avez ignorée ou feint d'ignorer ». Mieux inspiré, il trouve en finissant des paroles émues et chrétiennes : « Puissiezvous, bien-aimés coopérateurs, dans l'exercice d'un ministère désormais plus paisible, goûter les consolations les plus douces!... Quelles soient, en attendant les récompenses éternelles, un dédommagement pour tout ce que vous avez souffert pour Jésus-Christ ! En offrant l'auguste sacrifice, rappelez - vous de celui.... qui fut votre évéque,... qui se souviendra toujours de vous avec l'émotion de l'estime et de l'amitié, recevez mes tendres embrassemens et mes adieux. Et vous, mes diocésains, entendez, pour la dernière fois, les exhortations de celui qui, par votre choix et sur vos instances, devenu votre évêque, fut en cette qualité consacré et institué légitimement... Soyez fidèles aux vérités saintes... Soyez bons, justes, charitables, chastes... Respectez vos pasteurs et les dépositaires de l'autorité... Veillez sur l'éducation de vos enfans... Nous nous retrouverons dans l'éternité... Pour rendre compte, moi de mon ministère, vous du bon usage ou de l'abus que vous en aurez fait... Que le Dieu de miséricorde reçoive dans son sein les pasteurs et les ouailles... Paix à l'Église, paix au peuple des villes et des campagnes, de la part de Dieu Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ainsi soit-il ! » Sa démission fut accueillie avec indifférence, il réclama une partie des registres et des actes de son épiscopat et il fit insérer, dans son journal, une prière ou plutôt une défense aux curés de correspondre avec lui.. 11 publia, en 3 volumes in-8% les actes du deuxième concile national. 3 frim, — Président du Corps législatif, orateur de la

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députation eovoyée au Gouvernement, il rend en fort bons termes, un juste hommage aux consuls : « Le tableau de la situation intérieure et extérieure de la République a inspiré au Corps législatif le plus vif intérêt et les plus douces espérances... La paix, qui fut toujours l'objet de nos désirs, arrive sur les ailes de la victoire... Échappée aux orages, qui ont assiégé son berceau, aux malheurs qui ont tourmenté son enfance..., la République, tranquille au dedans, respectée au dehors,... fait son entrée solennelle dans l'univers et s'assied majestueusement au rang des premières puissances... Treize ans de révolutions ne sont donc pas perdus pour les amis de la liberté ! Puissent-ils désormais oublier les erreurs et les torts de quelques frères égarés!... Aux fureurs de la Ligue, aux délires de la Fronde succéda un siècle illustré par les monumens du génie... Retrempé au milieu des tempêtes révolutionnaires, le caractère national va développer son énergie et s'élancer vers tout ce qui est utile et juste... Les arts consolateurs... s'élèveront aux conceptions les plus hardies... L'histoire classera les matériaux accumulés autour d'elle et remplira la tâche immense que le premier Magistrat lui a imposée... L'industrie et l'agriculture vivifieront toutes les parties du corps social. La sagesse et le courage du Gouvernement ont amené cet ordre de choses : recevez, citoyens consuls, les félicitations du Corps législatif... Pénétré de la dignité et de l'importance de ses fonctions, il s'empressera de seconder les vues du Gouvernement pour conduire la République au plus haut degré de félicité... La confiance et l'amour du peuple seront la plus douce récompense des dépositaires de l'autorité. >

5 frim. — Noire plus belle colonie, SaiQt-Domingue, est en révolte; Bonaparte réunit des conseillers, des membres des Corps législatifs pour conférer sur les mesures à prendre ; la plupart réclament une énergique répression, seul Grégoire plaide la cause des nègres : « Vous êtes incorrigible», lui dit le futur empereur. Par 211 voix contre 65 Tesclavage est rétabli. A la prière de l'évêque de Blois, Mauviel, sacré évêque de Saint-Domingue, était parti sous les auspices du premier Consul; Toussaint-Louverture refusa de le recevoir. Il faut lire dans les Mémoires (t. I", 289 à 300), un résumé de tout ce que Grégoire a dit, a écrit et a fait en faveur des colonies.

iSOi (an X). 8 frim. — Grégoire est élu membre du Sénat au lieu et place du citoyen Crassous. Sa candidature a été fort discutée, il a échoué, le 9 et le 21 ventôse an IX. M. Carnot prétend que Bonaparte en est cause, révêque est plus juste : « Mon caractère épiscopal et ma conduite religieuse étaient mis en avant pour me repousser. » A la veille de l'élection, il avait adressé au président une lettre très digne : « Il importe à ma conscience, à ma délicatesse, à mon honneur, à mon repos qu'elle vous soit remise avant la séance du vote, > 11 y affirme l'invariabilité de ses principes religieux, sa résolution d'y joindre comme ecclésiastique, les actes extérieurs, qu'il considère comme des devoirs ; il sait souffrir, il ne sait pas s'avilir, il gardera jusqu'à son dernier soupir sa fierté et son indépendance. « A ma grande surprise, je fus élu sénateur, par le concert généreux des patriotes; Clément de Ris, malade, se fît portera la séance... L'amitié reconnaissante n'oublie jamais un

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trait de ce genre*. > Le traitement de sénateur varia de 24,000 à 36,000 fr.

S5 frim. — Il est nommé membre de Tlnslitut de jurisprudence et d'économie politique.

iSpluv. — La Société académique des sciences, dont les séances sont fixées, à 7 heures du soir, au Louvre, le primidi de chaque décade, l'admet au nombre de ses membres.

8 germ. — L'évêque de Metz écrit « à son très honoré collègue et très cher ami » pour se plaindre de la mauvaise conduite des prêtres rentrés... « Leur soumission n'est que jésuitique. »

22 floréal. — Le curé du Tholy le prie « de lui faire obtenir la grâce de conserver, comme vicaire, un de ses amis, qui a 57 ans et qui a professé, pendant 14 ans, à l'école militaire de Pont-à-Mousson. »

9 prairial, — 11 reçoit un diplôme de membre associé de la Société de l'Afrique intérieure et de découvertes, dont le siège est à Marseille.

d8 prair, — Grégoire adresse à « son révérendissime confrère », M. Osmond, évêque de Nancy, une lettre confidentielle, à laquelle il donnera, s'il le faut, la publicité la plus éclatante. Il chérit la paix et la religion, mais il déteste les abus et il ne craint pas le combat. Il expose ses motifs d'inquiétude et il formule ses plaintes. Il a, sous les yeux, une lettre dans laquelle l'évêque exige des rétractations... Il aurait pu la dénoncer au ministre de

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la police générale, il s'est contenté de signaler au premier Consul, ces jongleries scandaleuses et ridicules... L'époque n'est pas éloignée peut-être où éclatera sa juste indignation... Si les ennemis de la paix religieuse tentent encore d'agiter les esprits, « à l'instant, je taille ma plume et je rentre dans la carrière politique... Si consurgat adversus me prœlium, in hoc ego sperabo.,. » Après une attaque contre l'ultramontanisme et des menaces, il prend Dieu à témoin que « dans tout ce qu'il a dit, il n'a pas la moindre intention de choquer ni d'affliger le révérendissime évêque ; il voudrait même concourir à rallier autour de lui l'affection de son vaste diocèse. Il fait l'éloge de la piété, des mœurs, des lumières du clergé, il vante le mérite des préfets de la Meurthe, de la Meuse et des Vosges, il rappelle le bien opéré par les évêques Maudru et Nicolas et il termine par ces mots : « J'ose croire que cette franchise mérite de votre part une réponse animée du même esprit et que bientôt elle m'arrivera, les événemens prochains diront si je me suis trompé. Salut et respect. » L' évêque de Nancy ne répondit pas, « soit par manque de bonnes raisons, dit Grégoire, soit par défaut d'honnêteté, ou par ce double motif » .

A la même époque, il écrit au P. Collin, son successeur à la cure d'Emberménil : « Si un Dosmond ou tout autre avait l'insolence de vous parler de rétractation, annoncez-lui que vous allez dénoncer ce fait au ministre de la police générale, et dites que c'est moi qui vous ai donné ce conseil ; en même temps, vous me préviendrez pour que j'en parle au ministre... les réfractaires sont enragés, parce qu'ils voient leur cause perdue... Publiez

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ma lettre sur les toits. Vous aurez vu dans les Annales un morceau de ma façon sur cet objet \.. »

26 messidor. — Voyage en Angleterre. « J'ai toujours * aimé les voyages à l'étranger, dit-il en ses Mémoires, peut-être en publierai-je des fragmens. » 11 a laissé des manuscrits, des notes, des lettres, que Ton consulte avec intérêt: il écrit, de Londres à M"** Dubois: « Bonne et respectable mère, aujourd'hui, je reçois enfin vos deux letlres des 8 et 16 messidor; il était temps qu'elles arrivassent, votre silence m'inquiétait cruellement. .. Il serait trop long de vous détailler tout ce que nous avons fait... Visites aux établissemens de bienfaisance, aux monumens, aux savans... Tous nos momens sont employés utilement... Les journaux parlent, (Tune manière honorable, de nos occupations littéraires en ce pays... J'ai lieu de me louer beaucoup de l'accueil que je reçois. » M"® Dubois lui a parlé de sa mère, il en exprime sa pieuse reconnaissance : « Vous avez donc la bonté de penser à votre Henri et surtout à une tendre mère qui est au ciel. J'espère aussi y arriver... Je fais les mêmes vœux pour vous, qui avez pour moi la tendresse d'une mère. » 11 a visité les magnifiques établissements et les fermes du duc Belford, il est fier de s'être promené, en habit violet, au parc de Saint-James ; à son retour, il lit à rinstitut une réfutation de la théorie de Godwin sur la reconnaissance. Il .avait, à Londres, refusé de se

1. J'ai réuni plus de cent documents imprimés ou manuscrits relatifs à Thistoire du schisme en Lorraine (1793 à 1802): lettres pastorales, mandements, discours, éloges funèbres, procès-verbaux des synodes de la Meurtbe, des Vosges, de la Meuse et de la Moselle, et j'y ai constamment trouvé rinfluence de révoque de Blois.

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rencontrer avec cet écrivain, a^ qui dans sa justice politique, prétend établir par de spécieux paralogismes que • la reconnaissance est un vice » . Il ajoute cependant que « les amis ressemblent presque tous aux cadrans solaires : ils ne sont d'usage que dans les beaux jours. »

11 résume dans un mémoire déposé à Tlnstitut ses « observations sur l'état actuel de Tinstruction publique, des bibliothèques, des archives dans les départemens de la Haute-Marne, de la Haute-Saône, des Vosges, de la Meurthe et du Bas-Rhin ». En 1871, je copiais, à la Bibliothèque nationale, ce manuscrit important lorsqu'on m'informa que M. Ulysse Robert le mettait sous presse.

13 vendém. (an XI). — Le professeur MoUevaut lui écrit: « Citoyen, sénateur et cher compatriote, vous recevrez par ce courrier, des imprimés relatifs à une société libre des sciences, lettres et arts, qui vient de se former, à Nancy, par mes soins et ceux de mes fils... Il y a ici des hommes instruits, qui ont de bonnes vues, mais l'isolement est funeste, nous voulons le faire cesser... Nous avons besoin de votre secours puissant... La société vous prie de l'honorer du titre de son associé. > La réponse ne se fit pas attendre ; Mollevaut le remercie de « 5a lettre aimable et de ses démarches singtdièremerU bienveillantes ». 11 le charge de ses remerciements et de mille civilités pour M. et M"*® Dubois.

Le secrétaire de la même société, Vilmette, écrit aussi à son vénérable et très respectable compatriote,il est heureux qu'il ait accepté le titre d'associé ; « vous aimez les Nancéiens et les Nancéiens vous aiment. . . servez-leur de protecteur, ainsi que vous l'avez témoigné en tout temps. >

6 frim. — Un vieux prêtre, Oudin^ rue de la Harpe, 26,

expose à l'évêque son extrême infortune : « Pour sortir des prisons de la Terreur et sauver sa vie, j'ai pris une personne pour compagne: serait-ce un obstacle insurmontable à tout espoir d'être secouru ? Votre cœur, pénétré de cette divine charité qui embrasa le cœur des premiers apôtres, se refusera-t-il à me tendre une main secourable ? Le Saint-Père me Ta tendue pour le spirituel... Agréez, respectable prélat, Thommage de mon respect et de ma reconnaissance. »

i3 germ. — Le secrétaire de la Société académique libre du Bas-Rhin lui exprime sa reconnaissance, son respect, son admiration : « Continuez, Monsieur le Sénateur, à conibattre avec une égale force VirUolérance et V irréligion. j>

i" nivôse. — Le citoyen Haldat, secrétaire de l'Académie de Nancy, rend hommage à Napoléon Bonaparte, protecteur de la Société, et il donne lecture de l'adhésion de M. Grégoire, l'un de nos compatriotes, sénateur et membre de l'Institut : « Je suis extrêmement flatté d'être membre d'une société établie pour le progrès des connaissances utiles, dans la contrée qui m'a donné le jour. Mon agrégation se lie à une foule de souvenirs chers à mon cœur. L'émotion que j'éprouve acquiert plus d'énergie, en parcourant la liste de mes nouveaux collègues... Si je puis seconder les eff'orts de votre Société, en acquittant un devoir, je goûterai un plaisir. »

20 germinal. — Voyage en Belgique et en Hollande. Il écrit de Bruxelles à M"" Dubois: « Je suis arrivé, hier soir, un peu las de poussière et de chaleur, mais bien portant, je partirai probablement mardi pour Anvers. » Son épître sera courte, car il a beaucoup à cou-

rir, à voir, à prendre des notes... « Tâchez, bonne mère, de faire tout pour votre santé, promenades, bains ; courez le voisinage avec nos amis, que j'embrasse... Je regrette nos soirées charmantes du dimanche. .. Il y a au jardin, sur le grand abricotier, un nid de chenilles, que nous avons oublié de détruire ; hâtez-vous de faire la guerre à cette légion vorace... J'embrasse M. Dubois et je salue respectueusement la bonne mère, dont j'espère trouver des lettres à Utrecht. »

i" floréal. — De Rotterdam. Il est arrivé lundi ; il a voyagé par terre et par eau, il a écrit six lettres, il n'en a reçu que trois ; il se plaint du froid, du vent, de la pluie.. . Les villes et les villages sont d'une propreté qui enchante, la propreté règne partout: « Je crois qu'à cet égard la bonne mère descend de quelque famille hollandaise... La statue d'Érasme est en face de notre auberge, je parie que vous ne connaissez pas le citoyen Érasme?... Dans ses écrits il a parsemé sur le compte des femmes quelques vérités qu'elles appelleront méchancetés, il faut lui accorder grâce, le sujet est si abondant... D'un autre côté, il était distingué par ses vertus, sa piété, ses talens. » A Utrecht, il a eu grand soin de visiter la maison où naquit Adrien VI : « Si à la place de Pie VII, un autre Adrien eût occupé la chaire de Saint-Pierre, nous aurions eu moins de peines pour les affaires du clergé. » Il achève sa lettre dans le bateau qui le conduit à Delft, fondée par un duc de basse Lotharingie ; « il est à merveille dans le rœf, chambre d'honneur, avec coussins, tables et miroirs... Une espèce de boudoir flottant. >

A Amsterdam, il visite les synagogues, il reçoit les félicitations et les remerciements des rabbins, son nom

est intercalé dans les strophes hébraïques d'un cantique sacré... « Cette effusion de bienveillance envers un évêque catholique est un trait auquel applaudiront également la religion et la philosophie. »

An XIL i9 vend. — Son ancien bienfaiteur, Sanguine, curé de Saint-Epvre, lui écrit : « Très cher et très fidèle ami », il lui recommande plusieurs affaires, il se loue du citoyen préfet : a A vous, salut, respect, tout le cœur de votre ami. n

i5 nivôse, — Dulaure lui écrit : « J'ai reçu le catalogue manuscrit et votre lettre, je vous envoie les quatre volumes... Trop heureux de posséder quelque chose qui puisse vous faire plaisir... Recevez mes salutations amicales et faites agréer mes respects à M"* Dubois. »

21 germ. — Un prêtre de Blois se recommande à lui : « Vous connaissez mieux que moi , l'ingratitude des Blaisois. »

iO floréal, — Consulté ainsi que ses collègues sur les changements à apporter au pacte constitutionnel, il adresse à la commission des dix établie par un décret du 6 floréal, une déclaration en 23 articles; il est opposé à tout système héréditaire dans le pouvoir exécutif, à tout changement de dénomination dans le titre de la suprême magistrature; néanmoins, il promet « la soumission la plus sincère au vœu que la nation aura librement émis sur r organisation de son gouvernement ». Le 18 floréal, dans une lettre à la commission, il développe sa pensée : a Quand le peuple, devant la majesté duquel tout doit s'incliner et de la souveraineté duquel dérivent tous les pouvoirs, aura parlé, chacun doit obéissance loyale et entière. » Comme on pourrait un jour travestir son opi-

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