‹ La vie et les œuvres de l'abbé GrégoireChapitre 42 sur 52 · C6 LA VIE ET LES ŒUVRES · texte numérisé non relu

C6 LA VIE ET LES ŒUVRES

nion, il demande que sa lettre soit déposée aux archives du Sénat; lorsqu'on vota sur Timpérialité, Bonapaile eut toutes les voix, excepté deux billets blancs et trois non. « Lorsque la question de Fliérédité fut soumise au scrutin, seul je réitérai mon opposition... J'ai prêté le serment et l'on peut compter sur ma fidélité plus que sur celle des flagorneurs, qui assiègent la puissance pour capter sa laveur... J'obéis à ma conscience... Si, ce qu'à Dieu ne plaise, et ce qui heureusement n'arriverapas,\es Bourbons rentraient en France, à l'instant, je la quitterais pour me soustraire à leur vengeance. »

i803. i®' août. — Il conduit sa respectable amie en Lorraine. — J'ai raconté dans la première partie les incidents de ce voyage. — Le 30 thermidor, M*^ Osraond écrit au Conseiller (TÉtat Portails : « Dans ce moment, nous ressentons la funeste influence du passage du sénateur Grégoire, qui a été choqué de la tranquillité dont nous jouissons..., de mon silence sur les lettres indécentes de l'an dernier et du peu de besoin que l'on avait de ses avis. » Plus tard, il ajoute: «Je vous ai prévenu, il y a un mois environ, que le passage et le séjour d'un homme influent; dans ce pays, allaient lui devenir funeste ; depuis, les notes de M. Georgel, mon représentant dans les Vosges, sont remplies de doléances... L'on est devenu encore plus audacieux dans la Meurthe... Un. inamovible a été détaché vers moi pour me faire des remontrances. » La situation du nouvel évêque était réellement très. difficile; aux funérailles de l'évêque Nicolas, il y eut des troubles; le ministre exigea des explications, M*^' Osmond offrit sa démission. Dans un mémoire (18 déc. 1807), il signale M. le sénateur Grégoire comme

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routeur principal des diatribes imprimées contre lui , et des difficultés qu'il éprouve.

i" messidor. — Grégoire fait son testament. J'en ai indiqué, dans la première partie (26-30), les dispositions essentielles; il me semble nécessaire d'en reproduire textuellement quelques autres : « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, je soussigné, Henri Grégoire, évêque de Blois et sénateur, incertain de l'heure à laquelle il plaira à Dieu de m'appeler à lui, après m'être prosterné en sa présence pour invoquer ses grâces, j'ai cru devoir par ce testament manifester mes sentimens sur divers objets et régler mes affaires temporelles... Les divisions qui ont affligé l'Église gallicane ont contristé mon cœur, j'ai tâché de rendre service à mes frères dissidens, je leur ouvris toujours les bras de la charité, mais je gémis de voir que la plupart d'entre eux... tourmentent ce clergé constitutionnel toujours attaché à la patrie et sans les efforts duquel la religion eût été peut-être exilée de France. Tout évêque a droit d'avoir chez soi une chapelle... la mienne est le lieu où j'ai presque toujours rempli mes devoirs religieux et non à Saint-Sulpice, ma paroisse... Envoici les raisons... Les évêques démissionnaires ne sont pas admis, dans les églises, sous le costume qui» leur est propre, j'ai cru, non par un sentiment d'orgueil, mais par respect pour Tépiscopat, qu'il valait mieux ne pas fréquenter habituellement les églises, que d'y être en quelque sorte confondu avec des laïcs... Dans les diverses fonctions que j'ai remplies, comme vicaire, curé, évêque, législateur, sénateur..., j'ai tâché d'acquitter mes devoirs, mais je n'ai pas la présomption de croire que je n'y ai pas fait de

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