‹ La vie et les œuvres de l'abbé GrégoireChapitre 43 sur 52 · LA VŒ ET LES ŒUVRES · texte numérisé non relu

LA VŒ ET LES ŒUVRES

fautes, je prie Dieu de me les pardonner... Avec sa grâce je mourrai bon catholique et bon républicain... Je veux que Ton acquitte fidèlement tout ce que je pourrai devoii* ; on trouvera dans mes papiers la note de ce qui m'est dû. Je travaille à l'histoire de TÉglise gallicane pendant la Révolution... Si je meurs avant de l'achever, j'espère qu'elle le sera par le révérendissime Moyse, mon ami... 11 m'a promis de me suppléer... En conséquence, je veux qu'on lui remette mes manuscrits, extraits, notes, lettres authentiques et autres papiers..., déposés dans mes archives, ainsi que les registres originaux des deux conciles nationaux, dont le double a été par moi déposé à la Bibliothèque nationale... Le manuscrit contenant mon testament moral et les mémoires de ma vie ecclésiastique seront remis à M"® Dubois ; elle m'a promis de les faire imprimer... Je prie M. Lanjuinais, sénateur, et M. Silvestre de Sacy, de l'Institut, de vouloir bien être mes exécuteurs testamentaires; ces deux savants chrétiens et citoyens me sont attachés ; ils ne me refuseront pas ce dernier acte d'amitié... Fait à Paris, le 1^' messidor mil huit cent-quatre de Jésus-Christ, an XII de la République. » Cet acte institue son héritière unique et légataire universelle, M""® Marie-Anne Brenier, épouse de M. Dubois, qui, depuis quinze ans s'occupe de ses affaires temporelles.

La même année, il commence la rédaction de ses Mi' moires, qu'il termine en 1808, et il publie un Essai sur V agriculture, en Europe, au seizième siède. Cette étude sérieuse des procédés de l'agriculture, en Lorraine surtout, fut insérée dans les Mémoires de la Société d'agriculture d'abord et ensuite dans une édition du Théâtre

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d' agriculture, d'Olivier de Serres, réimprimé par Bosc, en 1804. » En Tan III, il avait réclamé les honneurs du Panthéon pour le célèbre agronome, dont le buste fut placé dans la salle des séances de la Convention.

i""^ fructidor. — Le Pape est à Paris, pour le sacre de l'Empereur ; malgré les instances du cardinal Fesch, de Tabbé Émery, du ministre de la pohce, du secrétaire des Brefs, M. Devoti, Grégoire ne fait pas visite à Pie VU. « Certes, je n'avais aucune répugnance à visiter le chef de l'Église, il fut et sera toujours Tobjet de ma tendre vénération, mais j'avais mis pour condition que me présentant, non comme sénateur, mais comme évêque, je serais reçu en celte quahté : avec moi serait quelqu'un qui pût certifier mes discours et ma conduite... que si l'on osait tirer de celte visite une induction contre l'immutabihté de mes principes, à l'instant je reprendrais la plume pour démentir l'imposture. L'affaire en resta là. »

28 fruct, — Le sous-bibhothécaire Fachot, de Nancy, le remercie de ce qu'il a fait pour lui ; il lui rend compte du triage des 50,000 volumes entassés dans les maisons de la Visitation et des Minimes. On a fait des parts pour les bibliothèques du préfet, de l'évêque, de la Cour d'appel, de la mairie et du lycée, le reste sera vendu ou échangé. Fachot envoie sa lettre, par occasion; il y joint les Mémoires de la Société royale de Nancy (1750-1754), comme une marque d'estime et de reconnaissance pour son cher compatriote.

i805 (an XIll). 7 vent. — En réahté, l'évêque deBlois regrette de ne pas voir le Pape ; il cherche une occasion de lui écrire : un protestant, M. Hausseman, la lui procure, en le priant de demander au Saint-Père, comme

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une grâce, de baptiser ses six enfanls. La lettre de Grégoire à Pie VII est fort longue*; après avoir exposé la requête du père de famille, il retrace la part qu'il a prise dans les événements relatifs à TÉglise de France et il ne dissimule pas les considérations qui l'empêchent d'aller lui-même offrir au pontife ses respectueux hommages : « J'aurais pu saisir cette occasion pour présenter à Votre Sainteté quelques vues qui me paraissent aussi utiles à la religion et au Saint-Siège, que faciles à exécuter... Pour qu'il ne s'élève aucun nuage sur la pureté de ma foi, je me fais un devoir de répéter ici ce que j'ai sans cesse énoncé de vive voix et consigné dans mes écrits ; enfant de l'Église catholique, apostolique et romaine, dans laquelle je suis né, je vis et je veux mourir, croyant tout ce qu'elle enseigne, condamnant tout ce qu'elle condamne, soumis, suivant ses canons, au Saint- Siège, centre de l'unité, à Pie Vil, chef visible de l'Église et successeur de Pierre, rempli de vénération pour son éminente dignité et pour ses vertus personnelles, je rends l'hommage le plus sincère à sa primauté d'honneur et à sa juridiction. » Il espère que Sa Sainteté ne lui refusera pas une réponse paternelle et sa bénédiction apostolique. iM. Devoti, chargé de la réponse verfcote du pontife déclara qu'il ne pouvait, en raison de son départ prochain, déférer au vœu de M. llausseman, vu surtout la nécessité d'une enquête préalable sur les dispositions des catéchumènes. « Il est d autant plus fâcheux, disait M. Devoti, que M. Grégoire s'obstine à refuser au Pape la consolation de rétracter son serment, qu'il n'at-

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