Paris, in-S
2. In-8'', 48 p., l fr. 50. En 1820, nouvelle édition in-18. I fr. — Traduction on toutes les langues, môme en russe.
il critique les abbesses de Remiremont et de Fontevrault, mais il fait le plus bel éloge des sœurs hospitalières, des filles de Saint- Vincent de Paul; il exalte surtout l'héroïsme des femmes qui, sous la Terreur, pénétraient dans les cachots... Il y a une page sur l'éducation de la femme que Fénelon n'aurait pas désavouée. La piété véritable console de tout, la femme y trouve un appui qui tempère les souffrances du présent par les espérances de l'avenir; en général, elles quittent la vie avec plus de résignation que les hommes, quarante ans d'exercice dans le ministère m'ont procuré l'occasion fréquente de faire cette remarque. « La reconnaissance doit fortifier leur attachement au christianisme,... la seule religion qui leur a rendu leurs droits et la seule qui puisse les leur conserver. » Grégoire, dont l'érudition était immense," me semble avoir profité de deux écrits fort rares, de Louis Machot, archidiacre du Port, chanoine de Toul, qui, en 4640, publiait : un « Discours ou sermon apologétique des femmes, question nouvelle, curieuse et non jamais soutenue » et un « Traité des différends politiques entre les papes et les rois » .
i822. — L'indulgence des lois a provoqué des actes de barbarie; Grégoire pubUc sous ce titre : Des Peines infamantes à infliger aux négriers, une brochure pleine de verve et d'indignation. Il fait réimprimer son Manud de piété à Vusage des hommes de couleur et des nègres; le texte est orné de figures.
i9 novembre. — Il refuse de remplir les conditions exigées pour le renouvellement de son brevet de commandeur de l'ordre royal de la Légion d'honneur ; avec
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la fianclîise ou plutôt la crudité de son caractère, il écrit une longue lettre au grand chancelier, le maréchal Macdonald : il rappelle les honneurs qu'il a reçus dans les trois hiérarchies, ecclésiastique, poUtique, Uttéraire, et aussi « le plan systématique d'impostures, d'outrages, de persécutions commandées, soudoyées, ourdies... coalre lui... repoussé de l'Institut, repoussé du siège législatif, il n'enverra pas les documents qu'on lui demande, il ne donnera pas aux agents du pouvoir le plaisir de le faire révoquer... arrivé aux confins de l'éternité, il n'a d'autre ambition que de mériter un arrêt favorable au tribunal de l'histoire et à celui du juge éternel. » Sa lettre est énergique, mais il a dû entourer sa détermination des motifs sur lesquels elle s'appuie... : « la vérité les a tracés, il croit le maréchal digne de l'entendre et cette déclaration est un hommage d'estime qu'il lui présente. » 11 publie sur cette abdication volontaire et motivée du titre de commandeur une brochure in-8**.
i823. — 11 fait imprimer des Considérations sur le mariage et le divorce adressées aux citoyens d'Haïti. 11 y démontre la sainteté et l'indissolubiUté du lien conjugal. (ln-42, 52 p. 4^25).
27 juin, — J.-B. Grégoire, de Baccarat, suppléant du juge de paix, prie son parent de faire accorder à son fils la bourse qu'il a fondée au séminaire : « Personne n'ignore que votre pouvoir égale votre mérite,... si la bourse n'est pas libre, vous pourriez faire admettre mon fils dans tel séminaire il vous plairait. »
27 septembre. — Mélin de Château-Salins implore son appui en faveur des sœurs d'un curé défunt, qui avait
été son confrère, en 1785. A la date de 1823, on trouve [n° 2345] des notes manuscrites très importantes sur le R. P. Fourier, sur R. Didier de la Cour, réformateur des Bénédictins, sur les sœurs de la Providence, dont il fait Téloge, sur les hommes et les choses de l'histoire de la Lorraine.
i824. — Les publications de cette année sont nombreuses, quelques-unes fort importantes : 1° une notice sur les irrégularités d'une lettre pastorale. C'est une appréciation peu charitable du mandement d'un évoque (Paris, in-8'*); 2** un projet d'organisation delà république des lettres soumis au jugement du public. Il y développe l'idée d'une diète, qui serait la représentation œcuménique de la répubhque des lettres. Cette république acéphale, dans le sens de ce mot qui exclut la domination, .admet des rangs déterminés par l'admiration, l'estime, la reconnaissance... Là se réuniraient des diverses contrées du globe, des savants, des députés d'universités, d'académies, de corporations littéraires et scientifiques... Outre ce congrès général, chaque pays, chaque province pourrait annuellement en tenir un, auquel seraient admis les savants étrangers ; 3° un essai sur la soUdarité littéraire entre les savants de tous les pays. Il dédie à Legendre, de l'Institut, cette brochure, où il expose le plan d'un asile littéraire, où seraient recueillis les savants de toutes les nations victimes de l'injustice ou de l'infortune. L'un des fondateurs d'une société en faveur des savants et des hommes de lettres, il signe, avec François de Neufchateau, un prospectus, qui en précise le but: « Donner des encouragcmonls H des récompenses aux homn^es
de génie, aux auteurs, aux inventeurs, aux jeunes gens, qui annonceraient de grands talents..., provo(|uer la composition d'ouvrages utiles, la traduction de bons écrits, les recherches, les inventions,... qui auront pour but le perfectionnement des connaissances humaines ; 4-** une brochure intitulée : De la Liberté de conscience et de culte, à Haïti. C'est une réponse aux reproches d'intolérance formulés par quelques missionnaires méthodistes contre les habitants de Saint-Domingue, où lui-même il envoyait et il entretenait des prêtres français; 5** une Histoire des confesseurs des empereurs, des rois et d'autres princes (in-8**, 25 chapitres, 414 p.). Le chapitre premier est une sorte d'introduction : la religion et la politique furent joujours et toujours elles seront les plus puissants mobiles de V ordre social... On doit poursuivre l'erreur et le vice jusqu'au pied du trône et de l'autel... La littérature est présentement, comme la nation, divisée en côté droit et en côté gauche... Un livre paraît, n'attendez pas une analyse raisonnée... Ci'est la personne qu'on juge et non le livre... Il y a dans cet ouvrage des anecdotes fort curieuses, j'en citerai quelques-unes : (( Un jour de fête, à Milan, Théodose apporte son offrande à l'autel, il reste dans l'enceinte du sanctuaire, Ambroise lui fait dire par l'archidiacre : la pourpre ne fait pas le prêtre. L'empereur remercie et va se placer à la tête des laïques ; je ne connais, disaitil, qu'Ambroise qui justifie en tout son titre d'évêque. En 1775, dans une contrée, qui compte des sources salées multipliées et abondantes,... un pauvre octogénaire avait puisé un peu d'eau pour préparer une mauvaise soupe; surpris par les agents du fisc, il fut traîné
dans une prison, où il trouva le terme de sa vie. Là, étendu sur un triste grabat, il réclama les secours de la religion, les reçut avec piété et dans les transports d'une joie angélique, son âme s'exhala vers le ciel; le confesseur qui lui administra les sacremens a parcouru les divers grades de la hiérarchie, mais de toutes les fonctions qu'il a remplies, aucune ne lui a laissé des souvenirs plus attendrissans et plus honorables. » Il examine et critique les Monila sécréta de la Compagnie de Jésus, il fait un bel éloge des oratoriens, ou, selon Texpression de Bossuet, on commandait sans empire, on obéissait sans dépendance... Il loue les bénédictins, les prémontrés, les doctrinaires, qui se concentraient dans les exercices httéraires et religieux. Il analyse et résume le principaux traités sur la direction de la conscience des princes 5 il accepte les doctrines politiques que Bossuet tire de l'Écriture, il adopte un grand nombre de propositions du Télémaque, mais il critique la description très peu épiscopale de la grotte de Calypso. Il est sévère pour les crimes politiques ; l'état de la religion dans les cours est déplorable, mais il réfute, avec énergie, un hvre publié, en 1618, sur la situation des protestants en France ; l'auteur a prétendu « qu'il s'établit une étroite intimité entre les confesseurs des princes et leurs maîtresses et cependant en une matière si grave, il n'a articulé aucun fait. » Le secret de la confession est prescrit par le droit naturel, le droit divin et le droit ecclésiasti(|ue, aussi « depuis 35 ans, parmi les scandales causés par des prêtres sans vocation, dont les évêques de P ancien régime avaiefnt encombré V Église,... il est inouï qu'aucun n'ait violé le secret de la confession. En 1202,
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l'impératrice Constance appelle à Palerme l'abbé Joacbim, qui avait un renom de sainteté... Elle veut lui faire la confession de toute sa vie. Introduit dans la chapelle, Tabbé voit un trône magnifique élevé pour la princesse et plus bas un tabouret pour le confesseur... Madame, lui dit-il, vous comparaissez ici en criminelle, descendez du trône, faites votre confession dans une posture plus humble, sinon, je me retire. Constance descend, s'agenouille sur le pavé et se confesse avec de grands sentimens de pénitence. » Après une longue énumération des confesseurs des empereurs grecs, russes, allemands, des princes et des princesses en Belgique, en Bourgogne, en Lorraine, il arrive aux confesseurs des évêques, des cardinaux et des papes... A quelques exceptions près, la conduite des papes envisagés soit comme chefs de l'Église, soit comme chefs d'une souveraineté temporelle commande l'estime. Nulle part on ne trouve une succession si ancienne, si nombreuse, si vénérable d'hommes vertueux et savants. Les sept chapitres consacrés aux confesseurs des rois et des reines de France ont un intérêt particulier ; il fait un bel éloge de saint Louis... qui sut résister respectueusement aux exactions ullramontaincs; il connaissait les limites qui séparent l'autorité légitime des abus que l'on en peut faire. 11 reproche à Louis XIV son luxe et ses tendances mythologiques ; (( il n'a pas élevé une statue à l'héroïne qui sauva la France »; il attaque Lachaise et Letellier, provocateurs de la bulle Vnigeiiiius,., Il flétrit la conduite scandaleuse de Louis XV et de ses maîtresses ; il sait gré au régent « d'avoir préféré à tout autre le docte o( sage abbé Fleury, prêtre séculier et roturier, parce
qu'il n'était ni janséniste, ni moliniste, ni ultra montain.» Il apprécie et résume les causes de la Révolution : les dilapidations et le libertinage de la cour, le déficit et rincrédulité. « Sous Louis XV, la débauche et son alliée naturelle Timpiété rompent les digues... Louis XVI fut un modèle de fidélité conjugale... Il était sincèrement pieux... Ses deux confesseurs furent massacrés dans les horribles journées de septembre qui, suivant rexpression de révoque Fauchet, seront l'épouvante de tous les siècles... » Le (conventionnel a oublié sa haine contre le tyran ; il raconte, en termes émus, comment au Temple et sur la place de la Révolution, l'abbé Edgeworth a rempli son ministère sacré ; il parle de la reine avec respect, il blamc Napoléon de n'avoir pas eu de confesseur en titre. « Le Salomon, le Cyrus, le Constantin, le nouveau Théodose fit supprimer dans le cérémonial du sacre l'article qui portait que le roi, après s'être confessé, devait communier sous les deux espèces ; cependant il tient pour certain qu'à Sainte-Hélène, « l'ex-empereur a réclamé et reçu les secours spirituels ».
i825. 24 mai. — Il ajoute un codicille à son testament de 1804 : « Je lègue pour les pauvres et pour les écoles 500 fr. à la paroisse de Vého, 500 fr. à celle d'Emberménil, 500 fr. à celle de Vaucourt, 400 fr. à celle de Marimont, 500 fr. à celle de Plessis-Saint-Jcan, 500 fr. à la paroisse où je mourrai. L'évangile du cinquième dimanche après la Pentecôte a pour objet le pardon des ennemis, je consacre une somme de 4,000 fr. à la fondation d'une /nesse annuelle pour mes calomniateurs et mes ennemis morts et vivants. > Je me borne à compléter ici les détails qno j'ai donnés dans la première partie
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(p. 27, 30, 62). « Je prie M""" Dubois d'étendre ses bienfaits à ceux de mes calomniateurs et de mes ennemis qui seraient dans le besoin et à leurs enfants. Je lègue 6,000 fr. pour six prix à décerner au concours pour les questions ci-après: 4** prouver par TÉcriture sainte et par la tradition que le despotisme ecclésiastique ou politique est contraire au dogme et à la morale de TÉglise catholique; 2** quels seraient les moyens d'extirper le préjugé injuste et barbare des blancs contre la couleur des Africains et des sang-mêlés ; 3° quels seraient les moyens d'inspirer aux savants, gens de lettres et artistes du courage civil et de la dignité, de prévenir ou de guérir la propension qu'ils ont presque tous à l'adulation et à la servilité ; 4° quels seraient les moyens les plus efficaces pour rendre aux libertés gallicanes leur énergie et leur influence et de rétablir en entier l'antique discipline ; 5° les militaires assouplis par l'obéissance passive et par la force physique ont une tendance à négliger ou à fouler aux pieds les devoirs des citoyens, quels seraient les moyens d'empêcher qu'ils ne les oublient et de les porter à les remplir? 6** les nations avancent beaucoup plus en lumières et en connaissances qu'en morale pratique; rechercher les causes et les remèdes de cette inégalité dans leurs progrès. » Ces dispositions ne furent exécutées qu'en 1836, après la mort de M™® Dubois, qui confia à son exécuteur testamentaire le soin de régler le mode du concours. L'Académie de Stanislas, en ce qui concerne la troisième question, déclara qu'elle était bien loin de penser que les hommes de lettres, plus que les autres, fussent dépourvus de courage civil et de dignité; en 4838, elle décerna à
M. Perrot un prix de mille francs pour un mémoire sur ce sujet\
22 octobre, — Il rédige Une noie sur ce qu'il désire que Ton fasse, s'il tombe malade, et dès qu'il aura expiré. « J'ignore si la mort viendra m'atteindre inopinément par un coup d'apoplexie, par un accident, par un assassinat... Dans ce dernier cas, je pardonne à celui qui m'ôterait la vie et je prie Dieu qu'il lui pardonne. ... Si, au contraire, une maladie précède mon trépas, je supplie ma bonne mère adoptive de me procurer sans délai les secours de la religion, plus importans que ceux de la médecine, en priant de se rendre près de moi mon confesseur, M. Euvrard, prêtre de la paroisse Saint-Séverin, rue de la Vieille-Boucherie, 24, pour me disposer au passage de la vie à l'éternité, par les sacremens de pénitence, d'extrême-onction et de l'eucharistie comme viatique. Par respect pour le caractère épiscopal dont, quoique indigne, j'ai l'honneur d'être revêtu et pour me conformer aux prescriptions du pontifical et du rituel, on me revêtira du rochet, camail, étole, croix pastorale ; avant de recevoir le corps sacré de Jésus-Christ, je renouvellerai mes vœux de baptême et ma profession de foi catholique. Je regarde comme un crime l'absurde délicatesse de ceux qui craignent d'annoncer à un malade le danger de sa situation; je veux qu'on m'en instruise sur-le-champ, c'est tout à la fois un ordre que je donne et une grâce que je demande; dès ce moment, je supplie les personnes qui veulent bien s'intéresser à moi de redoubler de ferveur pour demander à Dieu le salut