Guide historique à Blois. In- 12, 1855, p
DE l'abbé GRÉGOIRE. 137
Paris. Un arrêt du tribunal de la Seine (10 avril 1833), conflrmé par un arrêt de la cour d'appel (H avril 1834), décide que M""® Dubois peut disposer de toute la succession de M. Grégoire, comme chose lui appartenant en toute propriété. Le 12 mai 1836, par un dernier testament dont j'ai une copie certifiée. M""® Dubois spécifie ce qui a appartenu à Grégoire. Une rente de 292 fr. et un domaine estimé 148,472 fr., la valeur totale de sa fortune est de 437,503 fr. qu'elle lègue, par moitié, aux hôpitaux de Sens et de Blois, qui seront chargés de quelques legs, qui reproduisent ceux de son fidèle ami de 43 ans : à M. Wast, copiste de M. Gi^égoire, une pension viagère de 600 fr, ; à la paroisse de VAbbaye-aux-Bois, 500 fr. en raison de ce que M, Grégoire en a exprimé verbalement le désir à ses derniers moments. Chacun de ces deux hôpitaux devra, à perpétuité, faire célébrer deux messes hautes. Tune le 28 mai, l'autre au jour anniversaire du décès de M™* Dubois ; ces deux messes, portées au registre des fondations de l'hospice de Blois, y sont dites encore chaque année. En 1881, le 17 février, à la commission de l'hospice, un membre s'étonne de ne pas voir le nom de Grégoire sur la liste des bienfaiteurs; on lui répond que € Grégoire n'a rien donné personnellement, mais qu'une dame Dubois, originaire de l'Yonne, sa légataire universelle, a cru simplement devoir, en souvenir de lui, doter l'établissement d'environ deux cent mille francs... Tous deux ont un droit égal à la reconnaissance; en conséquence, on décide que le nom de M. Grégoire, député à la Constituante, à la Convention, à l'Assemblée législative, ex-évêque constitutionnel de Blois, sera inscrit sur la liste des bienfai-
leurs et que Ton apposera à la façade occidentale de rhôpital, une table de marbre, avec ces mots, en lettres d'or : Pavillon Grégoire. Une polémique vive et passionnée s'engagea dans les journaux blésois, le conseil municipal refusa de donner le nom de Grégoire à la rue qui longe le pavillon. Ces détails et ces chiffres ont une sérieuse importance, car on a accusé et on accuse encore l'abbé Grégoire d'avoir été, en Pan IX, l'associé des acquéreurs de l'abbaye de Saint-Martin (Orne), d'avoir reçu de l'argent des colonies et une pension de Saint- Domingue. La vérité, c'est qu'il a vécu, intègre et sobre, avec une sage économie, chez M""® Dubois; à Passy, à Auteuil, à Paris, sa maison était ouverte toujours à ses amis, à ses compatriotes surtout; il aimait à rendre service, il consacrait à de pieuses libéralités, à des œuvres de propagande religieuse ou politique le chiffre de sa pension. Je n'ai pas connu personnellement le curé d'Emberménil, mais j'ai entendu toujours affirmer, par ceux qui avaient eu des relations avec lui, la vérité de ce que M. Carnot a si bien raconté de sa vie privée à la fois austère et douce : « Le matin, lorsqu'il sortait de son oratoire... sa figure était radieuse et enjouée, jamais il ne semblait si heureux... Pendant tout le carême, il observait un jeûne sévère, ne mangeait qu'à midi un peu de pain et quelques fruits, à dîner son potage et un plat unique... Mais cette rigidité n'était que pour lui-même; il y avait toujours sur sa table des plats au goût de ses
convives*,.. »
a mai. — L'archevêque adresse au malade une nou-