LA VIK ET LES ŒUVRES
îi M. Grégoire lui fiûre mon coiiipliincnt; pendant quelque temps il resta dans nos rangs, je pensais que nous avions fait une acquisition. »
15 octobre. — Grégoire entre dans la maison de M. ot de M'"® Dubois, où, durant 42 ans, il trouva la plus cordiale hospitalité et la flus constante affection.
M octobre, — L'Assemblée discute la question de cens et d'éligibilité : « Nul ne sera électeur s'il ne paie une imposition directe, comme propriétaire ou locataire. » Grégoire attaque cet article, il redoute Taristocratie des riches. « Pour être électeur ou éligible, il suffit d'être bon citoyen, d'avoir un jugement sain et un cœur français... Exiger un cens, c'est exclm'c presque tous les ecclésiastiques de la représentation nationale... » Il attaque, avec violence, la division des citovens en actifs et non actifs ; rappelé à l'ordre, il ajoute, aux applaudissements des tribunes : c< Je connais, à Paris, un grand nombre de citoyens non actifs, logés au sixième, que vous privez de leurs droits. »
S3 octobre — Un paysan du Jura, Jean Jacob, âgé de 420 ans, vient remercier l'Assemblée de ses décrets; Grégoire demande que tous les députés se lèvent, « en raison du respect qu'a toujours inspiré la vieillesse >. On invite le vieillard à s'asseoir et à se couvrir, on fait une collecte en sa faveur; le roi lui avait donné une pension de 200 livres.
9 novembre. — Le clergé est dissous comme ordre et corporation, l'émission des vœux est suspendue, le nombre des monastères est réduit à un du même ordre, en chaque municipalité, les biens du clergé sont à la disposition de la nation; Grégoire demande que pour obtenir
un bénéfice à charge d'âmes, on soiL Français ou naturalisé ou régnicole, depuis dix ans au moins.
3 décembre. — Membre actif de la Société des Amis des noirs, il propose l'admission des hommes de sang mêlé dans la représentation. Il publie un mémoire en leur faveur (Paris, in-8% 52 p.).
30 novembre, — L'ancienne division territoriale a disparu : 44',828 municipalités ont été décrétées : les officiers municipaux exercent deux espèces de fonctions, les unes relatives au pouvoir communal, les autres à l'administration générale ; Grégoire réclame pour eux la préséance elle pas sur tous les autres magistrats : « Xous devons réclamer avec courage toutes les prérogatives de la souveraineté du peuple ; c'est la loi qu'il faut voir dans celui qui en est l'organe..., il faut honorer le peuple dans ses représentants... »
il90. 5 janvier, — On confisf|ue, au profit du Trésor, les revenus des bénéficiers absents ; Grégoire s'élève contre Témigration des ecclésiastiques : m Les uns ont abandonné leur poste paranti-patiiotisme, les autres par crainte de partager les dangers de la patrie,.. * Plus tard, il avouait que rarcbevêi|ue de Paris s'était retiré â Chambéry t pour échapper aux outrages, aux menaces les plus effrayantes » .
i9 janvier, — U fait insérer au Moniteur (litUii-ature, droit public) un mémoire en faveur des gent de couleur ou sang mêlé de Saint-^Domingue-On avait mal ac';ueiJlJ, le 22 décembre, une députation énh colonies, Grégoire se constitue leur avocat, leur patron ; président de la Société des Amis des Doii*b, il plaide «uis cehbe, par set discours et par set écrits, la caube de J'aboliUon de i e^
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clavage. J'ai consulté, à la bibliothèque de TArsenal, sa vaste correspondance avec Haïti (n° 6,309) et un grand nombre de manuscrits importants (n*** 6,573, 2,165, 2,167, 5,290, 5,291).
5 février. — Membre du comité des rapports, il expose à TAssemblée Tétat des travaux : « On a reçu plus de 5,000 requêtes, 2,500 sont déjà déblayées, la plupart de celles sur lesquelles il reste à statuer seront renvoyées aux ministres, aux départements et aux tribunaux. »
9 février. — Président du comité des rapports, il rend compte des troubles du Quercy,de laRouergue,du Périgord, du Bas-Limousin et de la Basse-Bretagne. Les mendiants courent le pays, on pille les châteaux, la terreur est partout..., il ne peut le nier, mais il en attribue la cause à Vignorance de la langue, à Vinexécution des décrets du 4 août, à Vinfluence sur les gens de la campagne « de ceux qui préfèrent l'esclavage et Tanarchie à Tordre et à la Hberté... On montre perfidement aux paysans de faux décrets, de fausses lettres patentes... On lui écrit de Lorraine : Nous sommes à la veille d'une guerre sanglante, intestine et féodale, il faut que les bons citoyens s'unissent...» Mirabeau proteste, il caractérise la situation d'une manière plus nette et plus vraie : « C'est la guerre, de ceux qui n'ont rien contre ceux qui ont quelque chose. i> L'Assemblée décide qu'elle priera le roi de faire exécuter les décrets, qu'elle écrira aux municipalités des pays où il y a des troubles, qu'elle est affectée de ces désordres; le mot est faible, dit un membre, mettez qu'elle blâme ^ qu'elle condamne. Grégoire invite de nouveau les curés membres de l'Assemblée à écrire à leurs confrères de donner à leurs paroissiens
DE l'abbé GRÉGOIRE. 19
une interprétation exacte des décrets et d'user de « tous les moyens que leur offre la confiance due au caractère sacré dont ils sont revêtus » . L'abbé Maury prend la parole; il veut qu'on dise anathème aux brigands; si TAssemblée n'a pas cette force, « l'État est dissous. L'influence des curés est une illusion, Turgot a usé de ce moyen en 1775, il a échoué... Ce remède, insuffisant alors, le serait aujourd'hui bien davantage sur un peuple que les ennemis de la nation ont égaré... Il faut une répression armée, au moins dans les campagnes... » Grégoire persiste à repousser l'emploi de la force, il faut éclairer le peuple... c On l'entretient dans l'ignorance de vos décrets..., la vertu a sa place naturelle à côté des lumières et de la liberté ! »
H, iS, i8 février. — On discute la question des ordres religieux; il n'y a pas assez de prêtres séculiers, dit Grégoire, « il est nécessaire de se ménager des troupes auxiliaires, il serait impolitique de supprimer en entier les ordres religieux. » Lorsqu'il s'agit de statuer sur le sort des membres des congrégations, il soutient que tous ont à peu près les mêmes droits ; il demande que le minimum des pensions soit fixé à 800 fr. jusqu'à 50 ans, à 1,000 fr. jusqu'à 70 ans, à l,200fr. au delà et que cette disposition soit commune aux Jésuites. .« Parmi les cent mille vexations do l'ancien gouvernement..., on doit compter celles qu'il a exercées sur un ordre célèbre, les Jésuites; il faut les faire participer à votre justice. » Robespierre appuie la motion : a nous devons aux religieux un traitement juste et honnête. »
i5 mars. — Président du comité des rapports et du comité des recherches, il fait élever, de 15 à 30, le nom-