‹ La vie et les œuvres de maître Arnaud de VilleneuveChapitre 18 sur 30 · RELIGION · texte numérisé non relu

RELIGION

SCIENCES HERMÉTIQUES. PHILOSOPHIE. RELIGION

Il est impossible de se aire, sur la science hermétique d'Arnaud de Villeneuve et sur ses croyances philosophiques, une opinion même générale si Ton étudie les seules appréciations des auteurs qui ont parlé de lui. Outre qu'il est toujours difficile de quitter le siècle où l'on "vit et son propre point de vue pour aller chercher, derrière un langage spécial, des conceptions auxquelles on n'est plus habitué, il y a sur Arnaud de Villeneuve alchimiste un tel chaos d'assertions et de jugements, qu'on revient de cette enquête sans lumières nouvelles et plus incertain.

Les uns s'accordent à en faire un terrible magicien, le représentent comme «... un homme exécy^able par le commerce qu'il eut avec le diable, ce qui lui permettait cVopérer la transmutation des métaux (1). »

On l'accusa d'avoir pratiqué parmi tant d'autres œuvres de sorcellerie, la fabrication de l'homunculus dans une cornue. Cette accusation, portée d'abord par Mariana (?) (qui, d'ailleurs, dans le

(1) Bzovius, Dominicain de Bologne in. Continuation des Annales de Baroniiis, 9 vol. in-f", Cologne, i6i(;-i6.')0 (Nat. H. lôa). Le passage cité se trouve T. XIV, ad annum lôio.

(2) Mariana, jésuite espagnol, in Historia gênerai de Espana. Madrid, 162Ô, écrit lib. XIV, cap. 9. <( Ay quieni diga, por lo menos el tostade lo testifica, que intento con simiente de liombre y etro simples que mezelo en ciecto vaso, de formar un cuerpo humano, yque aunque no salio con ello, lo elevo muy adelante. »

même passage, le reconnaît comme le médecin le plus fameux et le plus savant de son temps) a été ensuite reprise par le savant P. Kircher et développée de la façon suivante : Arnaud de Villeneuve, écrit-il, outre ce qu'il a dit sur la venue de l'Antéchrist a donné, dans son livre intitulé : Mystères des Cymbales (1), la révélation d'un grand nombre de faits à venir, entre autres la fin du monde annoncée pour le siècle suivant : et voici deux siècles de cela. « Le même Arnaud en était arrivé à un tel degré de folie « qu'il se vantait d'avoir créé un homme par la chimie et lorsqu'il « avait vu, dit-il, l'embryon se former dans le vaisseau chimique, « avec tous ses membres et ses organes, il n'avait pas poussé plus « loin l'expérience, de crainte que Dieu ne fût obligé de donner « une âme raisonnable à cette créature. » Suivent les imprécations de Kircher contre l'impiété des alchimistes (2). François Pegna dit qu'il devait au démon tout ce qu^il savait d'alchimie (3). Des modernes et des savants n'ont pas été moins sévères. Hœfer le qualifie d'effronté charlatan cherchant, par toutes sortes de fantasmagories, à exploiter la crédulité de ses contemporains (i). Des alcliimistes le placent au premier rang parmi les leurs et le considèrent comme un des adeptes les plus merveilleux qui aient existé. Michel Maier (5) est un de ceux qui lui décernent les plus grands éloges et se réclame de son Rosarius comme aïeul de ses écrits Rosi-cruciens. Raymond Lulle en pai"le comme de son maître et nous verrons plus loin quelle science il lui reconnaissait, Isaac le Hollandais (6), au livre P'' de ses Opéra mineralia, cite

(i) Livre perdu. Lo vrai titre est « De Cymbalis Ecclesise. »

(a) Kircher. Mundiis Siibterraneiis, i vol. in-f\ Amst., 1664. T. II, p. 277, ac.

(5) iMigiie. Dict. des Sciences occultes, i vol. ia-4*, P. i84<i, p. i2ô,a6.

(4) Hœfer. Histoire de la Chimie. Paris, 1842, 2 vol. in 8-, T. I, p. 586.

(5) Médecin allemand (i568-i6a2). In Scrutinium chymieum. Frcf. 1687, i vol. in-4". Emblema XXVII, p. 75 et passim.

(6) Isaac le Hollandais. Opéra mineralia, vegetabilia, etc. 3 vol. in-ifi. P. 1647.

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