L'Èryxias ou VÉrasistrate (t), ou de la BicJiesse
Les personnages de ce dialogue, outre Socrate, sont Éryxias, Érasistrate et Critias, et traitent entre eux la question de la richesse. Socrate veut prouver que les plus sages sont vraiment les plus riches; mais sur l'observation d'Éryxias, que ce paradoxe ne peut être l'objet d'un entretien utile, parce que personne ne veut s'en laisser convaincre, on passe aux deux questions suivantes : d'abord, dan^ quel ,cas la richesse est honorable, dans quel cas elle est honteuse; et en second lieu, est-ce un bien qu un mal pour l'homme d'être riche, discussion qui ramène indirectement la première. On a voulu voir dans ce paradoxe : Le sage est le seul riche, une preuve que l'ouvrage était d'un stoïcien (3); mais il est tout aussi socratique que celui qu'on trouve
(1) Suîd. V. *AÇ.
(2) Ce second Utre, qui ne se trouve pas dans les manuscrits de Platon, est tiré du catalogue de Diogène, III» 62.
(3) G. R. Hagen., Obss. in jEschinis dialog, qui Eryxias int^ çrlbitufj Kôni^sb., 18^2, II'' part., p. 3,
dans le Banquet de Xénophon : Le sage est le seul qui soit vraiment beau. La démonstration est encore tout à fait de la même école ; car elle se résume en ces propositions : Le sage est le seul à qui la richesse puisse être utile, puisqu'il est le seul qui sache s'en servir; c'est ainsi le seul pour lequel elle puisse être un bien, et, puisqu'elle est un bien pour lui seul, il est le seul qui possède le bien de la richesse ou la richesse même. Meiners (1) a donc eu raison, avec M. K. Fr. Hermann (2), de considérer le fond comme socratique et platonicien. 11 n'en est pas de même de l'exécution qui est obscure, pénible, embarrassée. Suidas (3) compte cet ouvrage au nombre des dialogues d'Eschine; mais il ne figure pas, à ce titre, dans le catalogue de Diogène.