I. Si ridée passe tout entière dans chaque chose
loD, car il lui reproche précisémenl de ne pas admeUra des Idées pour toutes les choses, malgré le principe d'où il Ure rexistence des Idées.
(1) Ce sont là les Idées de perfecUon, constitutives de notre raison, et reflet du divin en nous, que nous avons contemplées dans une existence antérieure et supérieure.
(2) Ce sont les Idées des choses natureUes, des geni^ et especes qui les contiennent. 5 «^wes-
(a) En Unt qu'êtres absolus et divins, bien entendu (4) Ces difficultés se rapportent à trois points :
'' iK f 't ''' w "^ ^"^ '^^ séparéesdes choses? Y a-t^il des Idée» de toutes choses?
S. Quel rapport exùte eulre les Idées et les choses? 3. Comment arrivons^ions à 1. connaissance des Idée>?
LES ÉCRITS DE PUTON. 27i>
particulière y et reste cependant une et identique, elle sera séparée d'elle-même , et par conséquent divisible. Donc les choses ne reçoivent pas Tldée en totalité.
II. Si elle n*y passe pas tout entière, mais plane au-dessus de chaque être , comme le jour qui nous éclaire, ou un voile qui couvre plusieurs têtes, il est certain qu'il n'y aura dans chaque être qu'une partie de l'Idée : et alors d'une parties êtres ne participeront pas à toute l'Idée de leur genre; de l'autre ridée sera divisée. Donc les choses ne reçoivent pas l'Idée en partie. Â moins peut-être qu^on ne dise que l'Idée, tout en se divisant dans les êtres, conserve après cette division son unité : mais , si on divise la grandeur^ chacun des objets grands, qui ne sont grands que parce qu'ils participent à la grandeur, serait grand par une partie de la grandeur; or une partie de la grandeur est plus petite que la grandeur ; les choses grandes seraient donc grandes par une chose petite : ce qui est absurde. Il en sera de même de la petitesse en soi si on la divise ; car sa partie sera n^essairement plus petite qu'elle , et elle-même sera plus grande. La petitesse sera donc grande; chose absurde, moins absurde encore que l'autre conséquence, à savoir : si on ajoute à la petitesse en soi une des parties qu'on en a retranchées, on aura une chose qui , en recevant de la petitesse , devient non pas petite , mais plus grande.
Ainsi les choses ne reçoivent l'Idée, ni en partie, ni en totalité. Or^ comme il n'y a de possible
que ces deux manières de participer, il en résulte que la participation est inexplicable (i).
III. Cherchons à nous expliquer autrement la chose : supposons que l'Idée ne soit qu'un genre obtenu par la comparaison des caractères ciualitatifs communs à un certain nombre d'êtres particuliers , comme de la comparaison de plusieurs choses grandes nous pouvons abstraire Tidée logique de la grandeur. Qu'arrive-t-il? c'est que l'Idée va perdre son caractère essentiel d'être une unité, d'être une en nombre, et va au contraire se multiplier infiniment l «irctpa T^ icXviQo;.
En effet, si nous posons d'un côté les choses grandes, de l'autre la grandeur, et que Tldée de grandeur ait été acquise par la comparaison d'un caractère commun aux choses grandes, rien ne nous empêche et tout nous oblige au contraire de comparer également et la grandeur et les choses grandes, qui auront certainement quelque chose de commun à quoi elles participent toutes deux. Ce sera un genre supérieur de la grandeur ; mais ce genre supérieur pour lonujH^rtwnaiiveau être comparé et aux choses mulfi\rJ^ »!• I tj' . V'"*^ et alors, au lieu d'w/ie
(1) Ce sont la les Idées de perfection , coi« , , , . raison, et reflet du divin en nous, que nous avons ^^ ^^^" dans une existence antérieure et supérieure.
(2) Ce sont les Idées des choses naturelles, des genres et e»^A pèces qui les contiennent.
(a) En Unt qu'êtres absolus et divins, bien eutendu. (4) Ces difficultés se rapportent à trois points :
1 . QueUe est la nature des Idées séparées des choses? Y a-t-il des Idées de toutes choses?