Meiding, II
2. Par exemple, Bruno Lindner, Festgruss an ft. Roth, p. 215 s.
la grande eschatologie zoroastrienne 1 , il y avait sans doute un mythe se rapportant à la fin du monde par la neige et le froid et après laquelle le Vara de Yima repeuplerait la terre. Le Dînkart, VII, 1, et le Mtnôîxrat, 27, nous font pressentir une plus ancienne conception de l'histoire du monde quand ils joignent les deux exploits de Yima : i° le paradis dans les anciens temps et 2° le nouveau monde repeuplé par son Vara, à la lin de celui-ci, après l'hiver de Mahrkûs. Alors le Vara de Yima serait ouvert, les hommes en sortiraient avec les animaux et, tous, ils se multiplieraient sur la terre. Le lait du bétail serait plus riche et donnerait aux hommes une nourriture abondante (Dlnkart, VII, 9, 4 s.). Ainsi les temps merveilleux du commencement et de la fin sont liés au nom de Yima avant l'apparition du zoroastrisme dans l'Iran. Le paradis de Yima et son enceinte* étaient tous deux situés dans YAiryana Vaéjah, llranvej, le pays d'origine des Iraniens.
Il est impossible de savoir si les hivers de dévastation ont appartenu au passé, avant de devenir une fin de monde qui à son tour a cédé la place à l'eschatologie mazdéenne. Spiegel 3 présume que le second fargard du Vendidâd, à la suite du premier, a pour but de montrer combien la vie était heureuse dans l'Airyana-Vaêjah avant qu'Anra-Mainyu n'eût envoyé l'hiver et ses tourments, de sorte que ce mythe serait simplement une explication de l'hiver. En tous cas toutes les traditions sont d'accord pour donner au mythe un sens eschatologique. Ma conclusion est confirmée par H. Usener dans son ouvrage, Die Sintfluthsagen,\>. 209.11 est, d'après lui, évident qu'il ne s'agit pas dans notre chapitre du Vendîd&d d'une sorte de déluge dans le passé, mais « d'un événement futur, la fin et le renouvellement du monde ». Déjà l'éminent iraniste danois, Westergaard, a fait cette même observation. E. Lehmann dans
1. Comparez C. P. Tiele, Geschwdenis van den Godsdienst in de Oudheid, II, p. 26 s., 149.
2. MinôUxarty 62, 15. — Bundahiè, 29, 14, relègue le Vara de Yima dans le milieu de Pars dans le Sruvâ. Le Bundahià nous donne la géographie et la chronique du zoroastrisme authentique.