Duflot de Mofras, Californie, II, p. 366. M
2. Wilkes and Haie, The United States exploring expédition, III, 82. M.
202 LA VIE FUTUR K !)'aI»RÈS LE MAZDÉISME
dans le passé. Les anciens Péruviens avaient l'idée d'un déluge envoyé comme châtiment et dont les hommes s'étaient préservés en se réfugiant dans de grandes cavernes préparées sur le haut des montagnes. Un jour le monde périra. Mais auparavant viendra une grande sécheresse sans pluie qui durera plusieurs années. C'est pourquoi ils avaient construit d'immenses bâtiments où ils conservaient du maïs pour se nourrir pendant la sécheresse 1 . Après la sécheresse le soleil et la lune doivent disparaître. D'après une autre version « le monde serait détruit par la lune qui tomberait sur la terre ». Aussi les Péruviens étaient-ils saisis d'une grande frayeur à chaque éclipse; ils criaient et adressaient au ciel leurs lamentations 1 . Les Chinois et d'autres peuples ont également peur des éclipses. Chez les habitants des rives du lac Tahoe, dans les Nevada s, en Californie, la fin du monde doit s'opérer par l'éruption d'un volcan. Pour punir un peuple qui une fois les avait opprimés, le Grand Esprit avait envoyé une énorme vague de la mer, puis un tremblement de terre accompagné de tonnerre. Les chefs prirent la fuite et s'abritèrent dans un temple qu'ils avaient construit à l'instigation des hommes-médecines. Les esclaves se sauvèrent sur leurs canots pendant que la terre devenait semblable à une mer et jetait du feu, de la fumée et des éclairs. Les flammes firent fondre beaucoup d'étoiles. De là vint l'or que cherchent les blancs. La Sierra s'éleva du milieu de la terre tandis que s'enfonçaient les champs et le temple avec sa tour. Ceux qui étaient à l'intérieur montèrent sur le toit pour ne pas se noyer. Mais le Grand Esprit alla sur les eaux et dans sa colère il jeta les oppresseurs dans des grottes situées à l'orient du lac, et qui s'appellent encore The Spirit Lodge. Ils doivent rester là jusqu'à ce qu'une grande éruption volcanique soulève toute la terre et les délivre. On peut les entendre frapper et gémir dans leur prison quand la neige fond et que les eaux du lac s'élèvent 8 .
1 . Zarate, L'histoire d'Espagne, 1555, traduite en français en 1700, p. 48 ss. M.