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berr alfrQ^oll, £àr hana l'enrer fare, su skal n/>a, pas r«£en deyja, mnj&or hrauter mrer.
220 LA VIE FUTURE d'aPR^S LE MAZDÉISME
verset de la strophe répétée trois fois dans « l'oracle de la sorcière » contient un nouveau trait fondamental, que nous n'avons rencontré nulle part. La fin du monde se rattache, selon l'Edda, au « destin des dieux »; c'était la fin des dieux, ragnarçk, qui devint plus tard ragnarôkr, « le crépuscule des dieux « ou plutôt « l'éclipsé des dieux » [Lokasenna, 39), les dieux devant mourir avec l'ancienne terre. On ne peut pas attribuer cette idée seulement aux auteurs de la Vçlospâ et de la Gylfaginning. Car l'antique Edda en est remplie (Vafprûpnesmâl, 82; Baldrs draumar, 14; Grimnesmâl, 4, etc.).
Cela signifie-t-il que les Ases, les dieux, aient succombé dans le combat que leur a livré le dieu du christianisme? La fin des dieux semble trop enracinée dans la philosophie eddique pour dériver d'une influence chrétienne. Le nouveau dieu, l'Éternel, le Dieu supérieur, l'Edda sans doute l'a emprunté au christianisme. Mais il ne s'ensuit pas que la décadence des dieux dans le mythe du monde soit sortie de la foi chrétienne, ils n'étaient pas de toute éternité. De même que les Asuras de l'Inde, les Daêvas de l'Iran et les Titans de la Grèce étaient d'anciens dieux dont la puissance avait été renversée ou bien fut regardée comme mauvaise, les /jurses avaient possédé le pouvoir avant les Ases. Nulle part, pas même dans les Indes, le nouveau gouvernement n'acquit une puissance aussi décidée et aussi irrévocable que dans l'Iran où le « Très sage Seigneur » rassembla en lui toute la puissance du cercle des dieux et réunit les forces de la vie pour combattre et vaincre l'ennemi héréditaire. Les Titans et les géants avaient conservé quelque chose de leur ancienne et dangereuse autorité. La révolte bouillonnait sous l'Olympe et sous le trône des Ases. Derrière eux se trouvaient les Moirai elles Nornes 1 . Quelques phénomènes dans l'histoire de la religion grecque nous aident à comprendre comment la décadence des dieux pouvait devenir un dogme chez les Septentrionaux, à une époque où déjà sans l'influence du
1. S. Ougge veut prouver le lien historique entre les Nomes des poèmes sur Heige et les Parcae de la légende latine sur Meleager, Helgedikterne i den Aeldre Edda, p. 95 ss. Gela ne veut pas dire que les Nornes soient tout entières un emprunt.
christianisme la culture intellectuelle et un certain scepticisme chez les plus instruits avaient affaibli le pouvoir des Àses sur les esprits. Loke pouvait prononcer des paroles injurieuses aux dieux et aux déesses sans être puni. Le dieu de l'Iran devait vivre pendant les siècles; il ne nous semble pas de nos jours même prêt à abdiquer, tandis que ceux du Véda, de l'Edda et des Grecs étaient condamnés à disparaître. Dans le mythe norrois rien ne manque pour que la (in physique du monde soit complète, même pas les dieux. Ils périront avec leur monde, aussi bien que les géants ont péri dans le sang d'Ymer, qui détruisit l'ancien monde, leur monde à eux 1 .
CONCLUSION
De l'ensemble de toutes les traditions que nous avons réunies pour éclairer la signification du mythe de Yima, nous sommes amenés à constater qu'il n'y avait là au fond qu'une fin du monde physique et une continuation de la vie du monde sans rétribution morale et religieuse.
La fin du monde, dans le passé ou dans le présent, peut être motivée par la perversité des hommes. Mais :
!• Cela n'arrive point toujours. Celte idée de sanction n'appartient pas à l'essence de ces mythes.
2° Puis il faut remarquer que le châtiment tombe en masse sans distinction sur les bons comme sur les mauvais. Même si le salut de quelques élus est attribué à leur piété, on voit bien que leur piété n'en était pas la raison originaire et caractéristique.
3 # Le but nest pas de récompenser quelques fidèles mais de peupler la nouvelle terre. Dans ces mythes l'homme lui-même ainsi que la religion et la piété qui lui sont propres sont encore très secondaires à côté de la souveraine puissance de la nature. Ce qu'il y a de brutal et de ca-
1. Daas quelques-unes des anciennes civilisations de l'Amérique centrale et ailleurs nous trouvons également des allusions à l'idée que les dieux ont jadis remplacé d'autres divinités qui régnaient avant l'ordre actuel du monde.
pricieux en elle ne peut être complètement surmonté, et reste au contraire le principal, même si la religion s'efforce d'en donner une explication morale. Les fins du monde telles que celles qui nous ont occupés dans ce chapitre ne comportent pas de jugement proprement dit, ni parmi les vivants, ni parmi les morts, il n'y a ni examen ni séparation. Il faut une nouvelle race d'hommes sur la nouvelle terre. Que quelques hommes de la race détruite soient préservés dans le Yara de Yimaou ailleurs pour perpétuer la vie après la mort du monde actuel, ce n'est pas pour eux-mêmes, ni pour Tordre moral du monde, mais en vue du monde nouveau et de la race nouvelle. Les hommes aussi bien que les dieux sont encore en (in de compte soumis aux forces de la nature. Le point de vue naturiste et physique exclut ou bien domine le point de vue moral et religieux dans ces mythes.