Gpr Yasna
La résurrection des corps aurait été, d'après M« r de Harlez, ignorée de tout l'Avesta *; les documents de l'Àvesta postérieur, en particulier le Yaél, iO, 89" (et non pas les Gâthas), auraient connu une résurrection spirituelle et non corporelle. La théologie pehlvie aurait introduit la première la resurrectio carnis. Cette opinion est en contradiction absolue avec celle de Darmesleter qui, tendant à faire une grande place au mythe de la lumière, laisse fraàûkeroti contenir en premier lieu « la réanimation du monde, la résurrection des morts ». « Saosyant est avant tout celui qui rend la vie, le héros de la résurrection » {Ormazd et Ahriman, p. 238 s.). Une telle conception ne semble guère résulter de l'histoire du nom de Saosyant dans le mazdéisme; le mythe de la lumière n'apparaît pas dans son eschatologie. Mais Darmesteter reconnaît avec raison, dans la résurrection, une doctrine spéciale à l'Iran (loc. cit., p. 304) Ml n'y a pas de doute, comme nous le verrons, que l'Avesta postérieur enseigne la résurrection des corps. Si, dans les Gâthas, on ne trouve rien qui le prouve, rien aussi n'y contredit; nous restons donc dans l'incertitude. Pourtant on ne s'explique pas Tardent intérêt des hommes pieux pour « le plus grand de tout », s'ils ne s'attendent pas eux-mêmes à y prendre part. Nous avons déjà vu qu'à la différence des premiers chrétiens, ils ne l'attendaient pas durant leur vie. La résurrection peut très bien avoir fait partie de la théologie des prêtres des Gâthas, quoique, dans les fragments de la littérature gâthique qui nous sont parvenus, ils n'aient pas eu l'occasion d'en parler.
Ils avaient encore moins l'occasion de s'occuper de fa purification et de la félicite' de tous, dans le cas où ils l'eussent connues 4 . Au contraire, nous lisons (46,11) que l'âme du
1. Des origines du zoroaslrismc, dans le Journal asiatique, 1878, XII, p. 291 ss.
2. Comparez Lindner, dans Zeitsckrift der deutschen morgenldndischen Gesellschaft, 1883, p. 134.
3. De même Pfleiderer, Religionsphilosophie, II, p. 501. La vieille fête de Mithra symbolisait la résurrection, A. If. G., XXII, 443.
4. Le verset 43, 5 n'exige pas cette interprétation que « le mal pour le méchant et la bonne félicité pour le bon » dureront « jusqu'au dernier
LES ESCHATOLOGIES 243
méchant après le pont Cinvat demeure dans le séjour du Druj, « pour toujours » (yavâi vlspâi). Mills 1 , Moullon* et d'aulres pensent queZaralhustra enseignait la double rétribution éternelle. Pourtant il ne me semble pas qu'il soit prouvé que la résurrection et la purification de tous ne fussent pas déjà connues du temps des Gâlhas. Dans ce passage la pensée ne s'occupe que de la vie après la mort, la fin du monde n'y est pas visée a . La publication de l'idée de la purification et de la félicité de tous était opposée du reste au dessein qu'avaient les chantres des Gâthas d'encourager les fidèles et d'effrayer les désobéissants ; ils étaient donc entraînés à ne pas s'appesantir sur la croyance que les impies seraient délivrés à la fin du monde, si toutefois ils la connaissaient. Il est impossible de déterminer ce qu'on pensait du sort des impies, après la fin du monde. Nous ne saurions cependant oublier que déjà le mythe de F incendie universel lui-même, comme nous Favons trouvé dansFEdda, contient la purification du monde et son renouvellement. « Asa vaincra Druj ». La place n'existe plus pour les tourments éternels, puisque les démons seron t détruits avec leur séjour. L'idée des Gàlhas serait-elle que les impies seront brûlés dans le mêlai, tandis que les hommes pieux résisteront à Tépreuve? Ou bien les Gâthas possédaient-elles déjà la doctrine générale du mazdéisme sur la purification des méchants dans le métal? Les deux alternatives sont admissibles, mais de notre analyse de l'ordalie de l'incendie du monde, il résulte, selon moi, qu'on ne peut choisir qu'entre ces deux opinions. La troisième, l'éternité des peines de l'enfer, est hors de cause ; car aucun mal ne peut exister sur la terre, ni sous la terre
tour du monde », c'est-à-dire que les châtiments cesseront alors, Ddtistttn, 41, 6. Il est dit plutôt que « le mal » et « la félicité » arriveront au dernier tour du monde.