‹ La vie future d'après le MazdéismeChapitre 150 sur 242 · Comparez A. V. W. Jackson, Zoroaster, p. 479 ss · texte numérisé non relu

Comparez A. V. W. Jackson, Zoroaster, p. 479 ss

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trois derniers millénaires sont, d'après le premier chapitre du Bundahis, caractérisés par les conditions suivantes : pendant le premier tout va d'après la volonté du Seigneur; pendant le second se mêlent la volonté du Seigneur et celle du Mauvais Esprit; pendant le troisième qui commence à Zarathustra et sous lequel vit l'auteur du Bundahis, t Adversaire est renversé. Nous donnerons plus loin quelques explications sur le partage que fit le Sûtkar Nask du millénaire du prophète en âge d'or, âge d'argent, âge d'acier et âge de fer {Dinkart, IX, 8).

Les auteurs se trouvent dans le millénaire de Zarathustra, le premier des trois millénaires qui forment la dernière des quatre périodes de même durée de la vie du monde. A la fin de chacun des trois derniers millénaires parait un des trois fils de Zarathustra, né du lac K^sava (Yast, 10, 92). D'abord est attendu à la fin du millénaire de Zaralhustra (Yast, 13, 128), Uxêyat-arata, « celui qui fait croître drata »\ Darmesteter rapproche drdta du mol sanscrit ?ta correspondant quant au sens à asa dans la langue de l'Avesta : « piété ». Le nom du premier signifie alors « celui qui fait croître la piété ». Mille ans plus tard, doit se montrer Uxsyat-namah, « celui qui fait croître la prière ». De même encore après mille ans, quand les six millénaires de l'histoire humaine, « de Gaya Maratan au victorieux Saosyant » (Yasna,26 y 10) oui, lorsque les douze mille ans de la création, « le long temps » (dard^dm Zrvândm, Yasna, 62, 3) ou « le temps longtemps souverain » {Zrvânom dard^ô xvalâtam, Nyâyiê, i, 8) se termine et que « le temps infini » (Zrvdnam akaranam) pendant lequel le Bon Esprit une fois créa ( Vendîdâd, 10,9), recommence *,paraît le troisième sauveur du monde, Astvatarata, « le redresseur des corps », « celui qui met en ordre le monde corporel » ; il est un « victorieux {vdrdbrayna) sauveur (« bienfaiteur », Saosyant). Saosyant, « bienfaiteur » ou « sauveur », qui dans l'Avesta, sauf peut-être

1. Comparez Uxâyat-urvara, Yaât, 13, 44, « celui qui fait croître les plantes ».

2. Comparez le Grand Bundahiê, Annales du Musée Guimet, XXII, p. 310 s. v Le temps a été sans bornes jusqu'à la création et il a été créé borné jusqu'à la fin, c'est-à-dire jusqu'à la réduction de Zandk-Minôi à l'impuissance; après cela il reprendra l'inflnitude à toute éternité ».

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dans les textes postérieurs de l'Avesta, est un nom commun, a complèlement supplanté en pehlvi le nom avestique de celui qui renouvelle le monde : Astvatarota et devient un nom propre constant, Sôsyans, Sôsyôs, Sôsâns. Les deux sauveurs précédents sont appelés, dans un des plus anciens manuscrits pehlvis (K20), apporté par Rask de Bombay en 1820, actuellement à la bibliothèque de l'Université de Copenhague, Xûràêtar et Xûrsèt-mâh, ailleurs en pehlvi Hûsèlar et Hûsètar-mâh, comme si le second nom n'était qu'un prolongement du premier. 11 ne peut y avoir aucun doute sur la signification du second des trois noms. Elle semble à première vue moins certaine pour le premier et le troisième. Car la seconde partie des mots, drdta, aurait un sens tout diiïérent dans les deux mots : drdta serait un substantif dans le premier mot, égal au substantif sanscrit /7#, qui n'est pas connu dans PAvesta; clans le troisième nom il serait un participe du verbe or. Cette dernière étymologie, c'est-à-dire l'interprétation de Astvatarota comme « celui qui redresse les corps», a été donnée par l'Avesta lui-même (Yaët 13, 129, comparez Fragm. Westergaard, 4, 3), ce qui ne prouve pas en soi nécessairement qu'elle soit juste 1 . Mais rien ne la contredit. Si dans le premier nom Uxsyat-orota, Ton voulait par analogie conclure au même sens ftdrdta : « celui qui relève », « redresse », on se heurterait à l'analogie avec le Uxsyat-ndmah, où l'adjectif verbal se trouve dans la première et non dans la seconde moitié du mot. Le sens & % Uxêyat-drdta est aussi confirmé par l'interprétation pehlvie de ce nom dans le Dînkart, VII, 8, 56, ou Hûsètar est désigné par une expression, que West traduit (Pahtavi Texts, V) « Developer [of] Righteousness ». D'après une gracieuse communication que m'a faite M. West, le texte pehlvi porte : Vaxélnitâr-i Aharâyîh: « celui qui fait croître la justice», « celui qui fait grandir la piété » (asa). On voit du premier coup d'œil que ceci est la traduction pehlvie littérale d'Uxsyatdrzta % traduction qui confirme l'interprétation de ce mot donnée par Darmesteter. Hùsélar étant une simple transcription

i . Spiegel traduit Yast, 13, 129, autrement. D'après lui drdta, atdta serait altus. Justi traduit de même wHa par * haut ». « Le haut parmi les êtres corporels » serait donc le sens d'Astvalarata.

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pehlvie du nom aveslique sans un sens intelligible, et non une traduction, l'hypothèse émise par M. West dans une lettre du 19 décembre 1899, devient vraisemblable : qu'il y a eu une traduction pehlvie du Farvardîn Yast, de laquelle l'auteur du Dlnkart, VII, apris sa désignation du premier des deux précurseurs de Sao ayant.

Les trois sauveurs du monde qu'on attend naîtront d'une manière surnaturelle des trois vierges Srûtat-fadhri, Vanhufodhri et Erodat-fedhri avec le nom peut-être plus ancien de Vîspa-taurvairt (Yast, 19, 92) « qui dompte tout, parce que d'elle naîtra celui qui renversera toute l'hostilité des démons et des hommes » {Yast, 13, 142), c'est-à-dire Astvatarata (Yast. 10, 92). Le Spand Nask de l'Avesta des Sassanides, qui est perdu, contenait, d'après le compte rendu du Dînkart, la légende de la naissance et des œuvres des fils de Zarathustra. Lors du mariage de Zarathustra avec son épouse de la famille de Hvôgva, sa semence tomba trois fois par terre, d'après la légende du Bundahis, 32, 8 s. L'ange (ized) Neriosengh en prit ce qui avait de la splendeur et de la force et le donna à Anâhita, la déesse des eaux et de la fécondation. La semence de Zarathustra est conservée dans le lac Kqsavasous la surveillance de 99.999 fravasis (Yast, 13,62). D'après le Saddar Bundahis 1 , il y a là uue montagne, appelée le mont du Seigneur, avec de pieux habitants. A la nouvelle année et pendant la fête de Mithra, ils envoient leurs filles vierges se baigner dans le lac*. Quand le temps est venu, une vierge devient grosse et de la sorte naissent les fils de Zarathustra et de Hvôvi, à la fin de chaque millénaire. Le temps avant leur arrivée sera marqué par la misère, par des signes, des prodiges et de l'étonnement; la foi sera ruinée (Spand Nask, d'après le Dlnkart, VIII, 14, 11 ss.). De même que Zarathustra fut soutenu et aidé par le roi Vîstâspa de la célèbre race des

1. Darmesteter, Études iraniennes, II, p. 209 s. La légende est donnée là aussi telle qu'elle a été rapportée au xvi» siècle, par le Père Du Chinon. Bahman Yaât, 3, 13, appelle le lac d'où naîtra Hûsôlar, Frazdân.

2. D'après le Dînkart, VII, 8, la mère de Hûsôtar, Srûtat-fedhri, s'assied dans l'eau et elle en boit « et clic échauffe ces germes à un haut degré » (ce and she kindles in a high degree those germs »).

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Kavis, les trois fils du prophète auront pour auxiliaires son fils Pasôtanu, qui fut délivré de la maladie et de la mort grâce au lait sacré du sacrifice drôn, que Zaralhustra lui avait donné. Il se trouve dans Kangdez, et il restaurera la religion à la fin de chacun des troisièmes millénaires. A l'Age de trente ans, les trois prophètes recevront la révélation comme leur père. Ils prouvent leur mission divine en ordonnant au soleil de s'arrêter pendant dix, vingt et trente jours, afin que les peuples do la terre aient la foi [Bahman Yast, 3 ; Bundahiê, 29). Les parties de TAvesta qui s'y rapportaient sont perdues; nous traiterons plus tard des passages des apocalypses pehlvies qui y ont trait. Cette littérature apocalyptique devint de plus en plus pessimiste par suite de la dureté des temps. Ici mais non dans le Bundahis qui est sans doute une répétition fidèle des livres de l'Avesta que nous ne possédons plus, les hivers de Mahrkûsa et l'ouverture du Vara de Yima sont placés entre Hûèêtar et Hûsètar-mAh.

Au contraire il faut sans doute attribuer à la doctrine authentique de l'Avesta la tradition caractéristique, qui raconte dans le Dînkart, VII, 10, et ailleurs, comment /e monde deviendra peu à peu meilleur et se spiritualisera pendant les derniers temps, surtout dans le dernier millénaire, celui de Hùsètarmàh. Déjà Plularque, sur les confins du i er et du n« siècle, savait par Théopompe (iv* siècle av. J.-C), que les hommes, à la fin du monde, n'auraient plus besoin de nourriture et ne jetteraient plus d'ombre ; le Dînkart raconte aussi que le bétail donnera du lait en si grande quantité, qu'une seule vache suffira à mille hommes. La faim et la soif seront diminuées à ce point qu'ils se contenteront d'un repas pour trois jours. La vieillesse ne sera plus affaiblie et la vie sera plus longue. L'humilité et la paix grandiront, tandis que la générosité et la joie augmenteront dans le monde. Dans le dernier millénaire, nuls autres ne s'en vont que ceux qui tombent par les armes ou qui meurent de vieillesse. Le dix-huitième fargard du Varslmftnsar Nask parlait, d'après le Dînkart, IX, 41, 4 as., du triomphe des hommes pieux sur les mauvais esprits à la fin de chaque période. Si brève que soit cette description, il y a visiblement un progrès de la bonté du monde, de la puissance

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de la foi, dans les trois périodes finales qui achèveront l'œuvre de Zarathustra et du roi Vîstàspa. « Le pouvoir et le triomphe d'une royauté renouvelée seront de nouveau associés à la religion, et l'humanité, par cette raison, retournera à la honne religion 1 . Gela arrivera, quand Hûsètar, fils de Zarathuslra, s'approchera, lorsque le juste Gilrag Miyân (c'est-à-dire Pasôtanu, le fils de Vlàlàspa) viendra » (Dînkart, IX, 41, 6). Lorsqu'arrive Hùsètar-màh, la religion des adorateurs de Mazda sera louée par les hommes. Quand enfin chacun pratiquera la foi mazdéiste avec ardeur, alors viendra le moment de Saosyant, de l'exécuteur bienfaisant et victorieux de la fraskarl ; alors aussi se réaliseront l'achèvement du monde et la suprême victoire des pieux. Voilà le progrès successif selon Varslmânsar Nask, Le traité Oulamâ-i-Islâm, qui selon ce qu'a démontré M. E. Blochet, dans la Revue de l'Histoire des Religions^ XXXVII, p. 23 8S. f appartient probablement au i or siècle de l'islam en Perse, exprime également une opinion optimiste sur la marche du monde. Le monde progresse, l'apparition du mal avant chacun des trois sauveurs du monde n'est qu'un épisode. Avant qu'arrive le sauveur final, le Mal donne un dernier assaut. L'ancien mythe du monstre a trouvé sa place à la fin du monde comme dans l'Edda.

faoâyant, frasôcaretar. — Aussi dans TAvesta postérieur, les hommes pieux sont-ils souvent appelés saosyants, « bienfaiteurs ». Celui qui invoque se met au nombre des « bienfaiteurs » (Vispered, 5, 1), « des bienfaiteurs des pays » (Vispered, il, 43), « des pieux bienfaiteurs », ou plutôt « des pieux bienfaisants » (Yasna, 14, 1 ; Yast, H, 17, 22). Car le Yasna, 18, 7, après avoir cité Vîstâspa, Frasaostra et Jàmâspa, range tous les croyants, tous les pieux, dans les trois degrés de « bienfaiteurs » (saoêyantçm), « les ouvertement actifs » (haibyâvardzQm), et les « fidèles » ordinaires (aêdumpm) . Le Vispered, II, 3, distingue seulement les « fidèles » et les « bienfaiteurs », deux degrés au lieu de trois. Le saoâyant est l'être pieux par excellence (Vispered, 2, 5; Yast, 17, 2). Significative est la comparaison entre les Amaâa Spantas et les sao-

i. Voir la conception des chantres des Gâthas, ci-dessus, p. 109 s.

syants (Yast, 11,7; Vîspcred, 22). Les premiers, « les bienfaisants Immortels », sont les conducteurs spirituels (ratu), dans le monde céleste, les saosyants sont les conducteurs spirituels sur la terre (Yasna, 13, 3; Vispered, 3, S). Comme tels, les êtres pieux contribuent à l'achèvement du monde en ce qu'ils abattent le mal et font croître le bien (Dtnkart, IX, 60; cpr- VIII, 41). La même expression se retrouve ici, qui a été employée par les Gâlhas. Les formules de sacrifices « créent le monde progressant d'après son désir » (frasarn vasna ahûm dabdna, Yasna } 155, 6). Tous les êtres nombreux, beaux et bons, que le Seigneur a créés au moyen du puissant éclat céleste (xvardnah) « font progresser le monde » {kdrdnavfyn frasom ahûm), exempt de vieillesse, de mort, de décomposilion et de corruption, etc. (Yast, 10, 14). De là est venu le nom exprimant l'achèvement du monde : frasôkorati, « la création progressive » du monde, le but du « progrès ». La conception originelle vient-elle du renouvellement de la nature? Faut-il, par exemple, comparer la frasôkaroti avec les conceptions de la théologie solaire en Egypte? Quoi qu'il en soit de l'origine du mot, ces deux termes saosyant et frasôkarati, tels que nous les trouvons dans nos textes, ne peuvent pas être insérés dans le mythe de l'orage et celui de la lumière (Darmesteter, Ormazd et Ahriman, p. 238 ss.). Leur histoire depuis les Gâlhas s'y oppose absolument. « La bonne » (Yast, 13, 5), < la puissante » l (Yasna, 62, 3) frasôkorati est le but final du monde* (Vendidâd, 18, 51, etc.).

Les saosyants se partagent en deux groupes, ceux qui sont nés et ceux qui ne le sont pas (Yast, 10, 22). L'achèvement du monde est accompli surtout par les seconds, par ceux d'entre les saosyants, les futurs, qui accompliront l'œuvre, frasôkoroti, en chantant des hymnes au sacrifice du Haoma

1. Ou « la bienfaisante », siira de su, être fort, profitable.

2. La part des fidèles dans la frasôkorati est décrite, Ddlîstdn, 2, 8 et Zât-Sparam, 1, 16 ss. « L'achèvement du monde doit arriver à cause des trois choses suivantes : 1° la vraie piété et la foi en la parfaite bonté (fAûharmazd et en la méchanceté d'Aharman; 2° l'espérance des récompenses futures et la crainte de la punition à venir, de là l'énergie dans les bonnes œuvres et l'abstinence de péchés ; 3° l'aide que se prélent les élrcs entre eux el leur lutte en commun contre l'ennemi. »

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(Yasna ,9, 2) et en prononçant la souveraine formule de prière, Airyama isyô [Fragment Westergaard, 4, 1). Les « bienfaiteurs », qui ne sont pas nés sont appelés, à la différence des bienfaiteurs dans le passé et des fidèles qui sont en vie : frasôcaretar, « ceux qui font avancer » (se. le monde), « les hommes du progrès », ceux qui accomplissent l'achèvement (Yasna, 24,5 ; 26, 6). Leurs fravasis ou âmes sont, avec celles des premiers en la foi (paoiryôtkaésa),\es plus puissantes ( Yast, 13, 17).

Parmi les hérosfutursde la religion, il y en a un enfin, dans les derniers écrits de l'Àvesta, qui porte le nom de Saosyant avant tous les autres : le troisième des Irois fils futurs de Zarathustra : Uxsyat-arata, Uxsyat-namah et Àstvat-arala (Yaét> 13, 128 s. , 110). Déjà, dans l'Avesta, Saosyant a presque le caractère d'un nom propre dans la combinaison « le victorieux (vard^ra^na) Saosyant » (Yasna, 26, 10; 89, 28; Yaêt, *3, 129, 145; 19, 5, 89; 24, 30).

L'Avesta connaît même la légende de ses auxiliaires qui, avec lui, opéreront le renouvellement (Yast, 19, 89, 95), et leurs noms se trouvent dans la liste des saints du Yast, t3, quoique rien ne les distingue particulièrement des autres saints. Ils sont « bons de pensée, bons de parole, bons d'action, bons de religion, leur langue n'a jamais proféré de mensonge » [Yast, 19, 95). 1° Le Sûtkar Nask énumera, d'après le Dlnkart, IX, 16, 12 ss., sept auxiliaires dans Xvaniratha (pehlvi: Xvaniras) un des septkarsvaro's delà terre. Maislàsont nommés aussi d'autres immortels (Dtnkart, IX, 22, 3). 2° Le Bundahis,30, 17, compte quinze auxiliaires masculinsetquinze auxiliaires féminins. Au chapitre 21, 5 ss., du même écrit et ailleurs, onze des hommes sont nommés, mais aucune des femmes. 3° Manuscîhar (Z)d/tsfdn, 90) t cite, en dehors de Saoôyant, les six noms qui, dans la liste des saints du Yast, 13, 128, sont placés immédiatement avant les trois fils de Zarathustra; il s'appuie donc sur une tradition avestique. D'après lui, ces six personnages ont à accomplir, avec Saosyant, la résurrection dans les sept parties du monde. (4° D'après le Dlnkart, VII, II, 8, Saosyant viendrait des eaux de K^sava avec mille garçons et filles, il battrait et anéantirait tous les méchants.)

Nous éprouvons un certain intérêt à savoir que quelques-

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uns des noms de ces auxiliaires de Saosy an t représentent pour nous plus que des noms, parce qu'ils appartiennent à f épopée héroïque de l'Iran. La tradition populaire leur accordait une condition particulière dans la mort, condition qui nous occupera plus tard sous un autre rapport dans le cinquième chapitre. Ils ne sont pas morts, mais conservés en vie; voilà pourquoi le zoroastrisme a pu leur réserver un rôle dans le dernier combat. Plusieurs d'entre eux avaient un grand renom dans l'Iran longtemps avant Saosyant ou même avant son père Zarathustra. Ils ont dû former l'élat-major du sauveur final du monde quoiqu'ils existassent « avant la religion » ou « sans la religion » {adinôih, Dâtistân, 90). Mais avant d'étudier leurs exploits dans l'époque ultérieure, il nous faut examiner brièvement un épisode, qui a été mis, par l'eschatologie zoroastrienne, comme le premier acte du drame final, mais dont les traits essentiels, Karasàsp et Dakâk, sont tous les deux a adînôîh », antérieurs au mazdéisme avestique.

b) Le drame final.

Le dragon et Keresâspa. — A la fin du millénaire de Hùsêtarmâh, le dernier millénaire du monde actuel, le serpent Azi Dahâka se lève sur l'invitation de Anra-Mainvu et, avec son aide, il se débarrasse deseschaînes. D'après la rédaction pehlvie que nous possédons du Bahman Yast (3, 56), il devait alors dévorer le rebelle, AnraMainyu, et devenir l'ennemi principal dans le dernier grand combat, ce qui donnerait une plus grande ressemblance avec la légende germanique ; mais il en est autrement dans le reste de la tradition.

Azi Dahâka se précipite dans le monde pour commettre le péché 1 . Il engloutit un tiers de l'humanité, le bétail, les bre-

I. De même que la Rome païenne, puis la Rome papale, a été désignée dans la chrétienté comme l'antichrist, les mazdéistes placent Afci Dahâka qui était à l'origine un monstre mythique, à Babylone. Déjà le Yast, 5, 29, le place dans le pays de Bawri (Bawli), c'est-à-dire à Babylone. Depuis les Arabes ont été désignés par ce mot. Car ils étaient seigneurs à Babylone lors de la rédaction de TAvesta. J. Darmesteter, Annales du Musée Guimet, XXIV, ilix ; E. Blôchet, dans la Revue de V Histoire des Religions, XXXVU, 45.

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bis et d'autres êtres créés par Ahura Mazda, bat l'eau, le feu et les plantes et commet des crimes épouvantables. Son but est la destruction du monde et l'extinction des êtres (Dtnkart, IX, Itt, 2). Alors le feu, l'eau et les plantes s'adressent au Seigneur avec des plaintes et des lamentations : « Fais revivre Fretûn, afin que de nouveau il puisse frapper le Serpent. Car si toi, Aûharmazd, tu ne le fais pas, nous ne pouvons plus vivre dans le monde. » Le feu dit : Je ne brillerai plus ; l'eau : Je ne coulerai plus. Alors le Seigneur ordonne à Srôs et à Neriosengh, de secouer le corps de Keresdsp, de la famille de Sàm, afin qu'il se lève {Buridahié, 29, 8 s. ; Bahman Yaêt, 3, 53 ss.). Il se lève le premier des disparus de ce monde 1 , marche contre Azi Dahâka sans écouter ses paroles et le tue avec sa massue. Telle est l'antique tradition héroïque de l'Iran.

L'œuvre du Sauveur. — A présent commence une époque nouvelle, le monde à venir. Saosyant paraît, né d'une vierge et des germes de Zarathustra. Trente ans après sa naissance miraculeuse, il parle avec le Seigneur comme ses prédécesseurs. Le soleil reste immobile pendant trente jours. Pesôtanu, le fils immortel de Vislâspa, vient aussi à lui de Kangdez (Bundahié, 29). Mais la tradition ne se contenta pas de lui, elle chercha, dans la légende héroïque, son plus brillant héros Kai Xosrû. Il métamorphosa Vayu (en pehlvi Vâi), le génie de T « espace de l'air », le « conducteur des morts »*, le Seigneur ce longtemps régnant », dont le règne est terminé maintenant, il le change en chameau et montant sur son dos et parcourant les diverses contrées, il éveille l'attention de Saosyant (Dlnkarl> IX, 23), jusqu'à devenir son Vîstâspa au renouvellement du monde. Kerasâspa qui, après la mort du Serpent, a régné pendant quelque temps sur les sept karsvaro's du monde, abandonne la royauté à Kai Xosrû. Saosyant devient son grand-prêtre. Alors s'éveillent les antiques héros de l'Iran, les immortels, et avec leur aide Saosyant accomplit sa mission. Un écrit pehlvi 3 nous apprend qu'avant que le

1. Le Grand Bundahis, Annales du Musée Guimet, XXII, 626, 58.

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