Voir ci-dessus, à la p. 91 s
3. Merveilles du jour Xordat, mois Farvardin. Annales du Musée Guimet, XXII, 640, 138.
Seigneur ne prenne tout en mains, Vîstâspa et Zarathustra s'éveillent et reçoivent la puissance de Kai Xosrù et Saosyant, en sorte qu'ils terminent l'histoire de la religion comme ils l'ont commencée. Ailleurs Saosyant est dépeint comme celui qui achève le monde. Avant que nous examinions son œuvre, il nous a fallu remarquer comment les anciennes traditions de l'Iran, avec leur monstre et leurs héros, ont une place dans le drame final quoiqu'ils fussent adinôîh, « sans », c'est-àdire « avant la religion », place que la théologie orthodoxe n'a pas pu leur enlever.
Dans la fin du monde même, l'épreuve du Seigneur et sa rétribution dans l'incendie font une place à l'œuvre de son serviteur Astvatereta qui, dans l'Avesta postérieur, retient tout l'intérêt. Son œuvre est décrite dans le Yast, 19, 93, par ces mots : « Il fera disparaître la puissance démoniaque (druj) du monde du Bien ». Le monde sera enfin soustrait à toutes les manifestations des démons : la maladie, la vieillesse, la mort, la décomposition, les imperfections (v. 89). « Par son regard Saosyant donnera l'immortalité à tout le monde du corps » (v. 95^. Les actes principaux sont : la résurrection des morts et l'immortalité des vivants. Entre ces deux actes principaux vient s'intercaler un jugement avec une rétribution.
La résurrection. — Ce qu'il y a de plus remarquable dans son œuvre, c'est la résurrection qui a donné à l'acheveur du monde le nom particulier qu'il porte dans l'Avesta : « le redresseur des corps», Astvalarata. « Les morts ressusciteront» {Fragment Westergaard, 4, 3) 1 . Que l'Avesta connût la résurrection, on ne peut en douter ( Yast, 10, il , 89\ 94 s. ; 13, 129). Aslvatarata accomplit la résurrection dans les sept karsvare s du monde avec ses six compagnons, d'après la tradition qui est cachée sous les noms du Yast, 13, 128. Il ressuscite luimême les morts dans Xvaniras, où l'Iran est situé. Pendant le cours de cinquante-sept années s'éveillent les morts, depuis
1. lrista paiti ardonti, de la même racine ar, qui se trouve dans le nom du sauveur final AslvatdrHa. Passage tiré du Varstmânsar Nask, Dinkart, IX, 46.
2. Le monde sera rendu afriçyantem, « non puant ». Le mot frit se disait à propos du cadavre (Vendiddd, 6, 28).
LES ESCHATOLOGIES 261
Gàyômart et le premier couple, pendant sept ans dans les autres parties du monde et cinquante en Xvaniras (Bundahis, 30, 7) '. Chacun se réveille là où l'âme a abandonné le corps 1 . Saosyant et ses auxiliaires sont tous les serviteurs du Seigneur, de sorte qu'on peut aussi bien dire que la résurrection est opérée par la puissance du Seigneur (Dînkart, IX, 69) ou par les Amasa Spantas (Yast, 19, 22). Même les avortons seront achevés dans la résurrection (Vendidâd, 18, 51)'. Le ressuscité a l'apparence d'un individu de quarante ans, s'il est mort à un âge mûr; celle d'un jeune homme de quinze ans, s'il est mort jeune (Bundahis, 30). Un autre document pehlvi 4 fait la même différence entre ceux qui avaient mangé de la viande et les végétariens.
// n'y a nulle part dans l'Avesta, comme dans les livres juifs, de différence entre la résurrection des bons et celle des impies. Les impies comme les hommes pieux ressuscitent (Dâtistân, 78, 4). Les premiers ne sont relégués dans l'enfer que jusqu'à l'existence future (Bundahis, 18, 9). Mais certains péchés graves privent celui qui les a commis de l'existence à venir (Dlnkart, IX, 17, 6) et de la résurrection (àâyast, 17, 7) : quelques transgressions sexuelles changent l'âme de l'homme en un démon et l'accomplissement de rites hérétiques change l'homme en un serpent glissant (« a darling snake, » West), c'est-à-dire en une bête malfaisante qui doit être détruite. Nous devons nous représenter le sort de ces pécheurs comme étant l'anéantissement lors de la purification de l'enfer.
En tous temps, il y a eu des libres penseurs en Perse. Il ne faut pas considérer la théologie mazdéenne comme une représentation complète de la culture de l'Iran. L'Avesta a déjà cité
1. Les sept hommes peuvent parler l'un avec l'autre des sept parties du monde (Ddtistan, 36, 5).
2. Comparez l'écrit pehlvi. cité dans les Annales du Musée Guimet, XXII, 640. 138.
3. De même dans le Talmud, P*s(qUV rabbatî. V. Rydberg, Bibelns lara om KristuSy 5 éd., p. 69. Même les animaux ressusciteront, Ddtistân, 37,