Marillier, loc. cit,, p
l'aspect d'animaux, sans qu'il y eùl là aucune idée de récompense ou de punition pour leurs actes antérieurs*.
d) Des âmes fixées dans un lieu et des âmes errantes.
Au lieu d'aller dans le royaume des morts, quelques âmes peuvent ne pas avoir de lieu fixe, c'est une destinée regardée comme mauvaise. La conception habituelle est que les morts ne trouvent le repos dans un endroit déterminé soit dans la tombe, soit dans le royaume des morts, que par l'enterrement. Autrement, l'âme est condamnée à errer. Sans cette croyance populaire, Antigone n'aurait pas été écrite. Nous trouvons cette pensée dans toutes les parties du monde, même chez des peuples chrétiens. Les Ashantis en Afrique, et les nègres de la Côte des Esclaves punissent les criminels en ne les enterrant pas*. Les Karens, d'après le récit de Cross 5 , croient que les ancêtres divinisés habitent un endroit, au-dessus de la terre, et sont gouvernés par un roi, tout en exerçant leur pouvoir parmi les vivants. Tous les hommes n'entrent pas dans leur royaume des morts, Plu; ce sont peut-être seulement ceux qui ont été enterrés convenablement. Ils appellent therets les âmes qui, par suite des circonstances de leur mort, ne peuvent entrer dans le royaume des morts, et doivent errer; sekkak*, les âmes des enfants ou des vieillards morts de faiblesse. Cross parle encore d'une autre sorte de morts, les kephoos, sorciers; ceux-ci, après la mort, veulent s'emparer des kelahs, qui répondent assez bien aux fravasis des Iraniens ; et enfin il nomme les tak~kas, esprits de persécuteurs, d'adultères, de Birmans, etc. Mais il y a là déjà une certaine idée de rémunération qui dépasse les limites du domaine que nous explorons dans ce chapitre.
e) Deux endroits.
Plus fréquente est peut-être la conception de deux endroits destinés aux morts, un bon et un mauvais. Souvent sur son
1. Mogk dans Paul, Grundnss der germanischen Philologie, I, p. 115.