Journal of the American Oriental Society, IV
chemin, l'âme rencontre deux portes, deux chemins, et au lieu de Tunique fleuve souterrain qui sépare les vivants des morts et empêche ceux-ci de revenir en arrière, deux fleuves. D'après les habitants de l'île Fakaofu, dans l'océan Pacifique, les rois et les prêtres avec leurs alliés se rendent dans la lune, les gens ordinaires, dans un lieu éloigné, moins pourvu de plaisirs. Dans les îles Marquises on croit que les femmes mortes en couches, les guerriers tués à la guerre, les suicidés et les plus puissants vont avec les dieux supérieurs dans le ciel où ils se trouvent en compagnie de belles femmes, mangent à volonté du popoi, du porc et du poisson. Les autres morts et les divinités inférieures vont dans des lieux moins heureux. Les Indiens de l'île Vancouver pensent que leurs chefs sont transportés après leur mort dans une île calme et ensoleillée; ils y habitent une grande maison où ils sont reçus par les dieux; et il y a une autre demeure pour ceux qui ont péri sur le champ de bataille. Ceux qui sont morts naturellement et qui n'étaient point des guerriers descendent dans un séjour souterrain, triste et misérable 1 . Hans Egede* raconte que les Esquimaux du Groenland croient qu'il y a pour les morts un lieu de délice où vont les femmes mortes en couches et ceux qui se sont noyés en péchant la baleine. Il assure que les Esquimaux « n'ont pas de notion de divers états pour les âmes des morts... Néanmoins, ils assignent deux retraites aux âmes défuntes 3 . » L'éminent missionnaire danois se trouvait un peu dérouté devant cette croyance : deux endroits pour les morts, mais aucune récompense, aucune punition. Les Esquimaux du centre de l'Amérique du Nord, qui sont à présent le plus libres d'influence chrétienne, appellent Sedna k ou Idliragijenget, la souveraine du royaume des morts sous la mer. Ce pays qui se nomme Adlivun, et où elle demeure dans un magnifique palais, est rempli de périls. Les morts plus heureux