‹ La vie future d'après le MazdéismeChapitre 171 sur 242 · Voir J. Meinhold, Jesaja und seine Zeit, p. 41 s · texte numérisé non relu

Voir J. Meinhold, Jesaja und seine Zeit, p. 41 s

2. W. BaudissiD, Die Anschauung des Alten Testaments von den Gôttern des Heidenthums dans Studien zur semitischen Religionsgeschichte.

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seront rassemblés dans un cachot(/?.sfffe,24, 22, duni* siècle). Le jugement des individus, s'étendant à tous les hommes, compris d'une façon juridique et non pas historique, — un peu de particularisme reste pourtant jusqu'à l'Evangile» qui s'en débarrasse, — ces trois caractères se développent jusqu'au tribunal divin de l'apocalyptique sans que nous puissions remarquer quelque fléchissement opéré du dehors sur la rectitude de la ligne qu'ils décrivent. Pourtant encore dans la plus grande partie des apocalypses avant et après le Christ, le jugement tombe dans le champ de l'histoire : le Messie détruira ses ennemis, vaincra des nations grandes et nombreuses par la guerre et par une juste rétribution; d'après les Psaumes de Salomon, au moyen des paroles de sa bouche. Quand on enseigne un jugement final, on se meut encore avec une grande liberté. D'après la Sagesse de Salomon, 3, 8, les pieux ressuscites jugeront les païens; d'après Malth. 19, 28, les douze avec le Messie jugeront les douze tribus d'Israël; comparez Àpoc. saint Jean, 20, 4. (Baruch et) IV Esdras connaissent seuls un jugement final de Dieu. Le Seigneur juge lui-même. Dans l'Évangile, le Messie est le juge. De même que le jugement d'historique est devenu judiciaire, la vallée de Hinnom, qui se trouve encore dans le Livre de Hénoch (Schurer, /. c, 2* éd., II, p. 552, note 76), devient la Géhenne de feu, l'enfer de flammes. Bien différent est le jugement final du mazdéisme. L'épreuve du feu particulière aux Gâthas n'a rien qui y corresponde dans Israël . Le jugement, en sa forme achevée d'assemblée où tout sera révélé, forme une partie très secondaire dans le drame final. La fin du monde dansTAvesta est le final plein d'allégresse de la symphonie du monde. Dans l'avenir des prophètes et des apocalypses tous les tons sont dominés par un Dies irae, dont l'amertume pénètre jusqu'aux entrailles. Dans Amos, dans Ésaïe et dans Michée, le jugement, exigé par la gloire et la justice divines, est presque tout. A côté de lui l'espérance du salut disparaît. La pensée de l'avenir a toujours gardé quelque chose de cette empreinte, dans la religion hébraïque. Jusque dans le christianisme et dans l'islamisme, le jugement est l'élément dominant, dans les événements suprêmes, tandi

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qu'il tient le second rang dans la fraskart du mazdéisme. Le royaume de la perfection. — Les peuples placent leur idéal à l'origine et à la fin du monde. L'espérance d'un temps heureux dans l'avenir et le souvenir d'un paradis ne sont pas comme l'idée d'un sauveur attendu et celle d'un jugement final, limités à l'héritage de deux religions. A priori déjà, il faut moins chercher l'origine du royaume de la félicité des Juifs dansTAvesta, que lorsqu'il s'agit des idées nommées cidessus. Nous avons déjà vu que l'attente d'un avenir de restauration et de splendeur pour le peuple de Dieu dans l'affliction se trouve avant l'exil. La croyance populaire antéprophétique de la gloire et de la domination future prend dans la suite une place plus grande que chez les prophètes qui l'avaient reléguée au second plan. La différence est aussi frappante que possible entre la Jérusalem où règne le roi messianique dans la paix et le bonheur, après avoir battu ses ennemis et soumis les peuples à sa puissance ; et la nouvelle terre qui par la fusion nouvelle est nettoyée de toute impureté où tous les hommes loueront Ahura Mazda avec une seule langue. Le royaume messianique finit par devenir seulement l'ensemble des derniers événements de la vie de la terre, soit qu'il fût compté dans « l'âge présent » ou dans « l'âge futur ». C'est un heureux règne terrestre de quatre cents (IV Esdras) ou de mille ans (Apocalypse de Jean) auquel l'éternelle félicité devait succéder. Dans le mazdéisme le lien entre le ciel et la terre dans le nouveau monde se forme tout autrement, comme nous avons déjà vu. La force de la vie et sa longueur augmentent dans le royaume du Messie, la vie dure au moins cent ans, d'après Ésaïe, 63, 20, mille ans, dans le Livre des Jubilés; la mort en est déjà bannie, dans Esaïe, 2o, 8, qui date de la fin de l'époque perse ou un peu plus tard. Si les Juifs avaient pris aux Iraniens leur espérance future, ils auraient appris que Saosyant donne l'immortalité entière d'un seul coup au moyen du blanc Haoma et de la graisse des sacrifices.

La misère finale et le royaume bienheureux du premier sauveur du monde, Hùsètar, ont reçu, grâce aux dures épreuves de cette époque, un nouvel intérêt dans les temps dont témoigne l'apocalyptique pehlvie. 11 ne serait pas éton-

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nant que les théologiens pehlvis eussent pris quelque chose à l'apocalypse juive, à une époque où elle avait déjà eu ses jours de gloire; ainsi peut-être pour la misère des temps suprêmes et le combat général 1 qui nous est connu par l'Ancien Testament et qui ne parait à la fin du présent millénaire du mazdéisme que dans les apocalypses pehl vies. Un des traits du bonheur attendu sous Hùsêtar-mâh peut avoir son origine dans le prophétismc comme du reste les peintures semblables des auteurs sibyllins et de Virgile : les animaux féroces ayant perdu leurs instincts sanguinaires et se promenant au milieu des hommes comme s'ils étaient apprivoisés. Je n'appuie pas cette hypothèse sur la ressemblance qui en soi ne prouve pas grand'chose, mais sur ce fait que ce détail est contraire à l'esprit du mazdéisme. Le dualisme de l'Avesta et le dogme de la purification exigeaient que les animaux impurs et dangereux fussent détruits. Un des éléments principaux de l'œuvre de Hûsètar et de Hûsêtar-mâh, comme de celle de Saosyant, élément dont l'antiquité est hors de doute, était que « les animaux nuisibles seraient détruits ». Cette destruction était regardée dans le mazdéisme comme une des œuvres les plus méritantes des « bienfaiteurs », saosyants, et des mazdéens en général. — De tels emprunts ne doivent pas obscurcir notre conclusion générale que l'apocalyptique pehlvie elle-même avec son accord nouveau, sa description des malheurs des temps, son attente passionnée de la délivrance, en dépit de ses ressemblances avec le judaïsme et de ses différences avec l'esprit de l'A vesta, n'est pas le produit de l'influence juive, mais l'effet des épreuves qui avaient été envoyées à la foi mazdéenne. Un tel sentiment eschatologique ne se forme pas sous une influence littéraire et personnelle, mais sous celle de l'histoire.

Troisième classe de faits. — Il reste à examiner la chronologie du monde et la résurrection. Ni l'un ni l'autre de ces dogmes ne paraissent dans la religion d'Israël avant l'exil. La question devient ainsi plus délicate et plus compliquée.

1. Comparez A. Rohut, dans Zeiischrift der deulschen morgenldndiscken Gesellschaft, XXI, p. 570 ss.

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La chronologie du monde. — A l'égard de la chronologie du monde, la solution du problème est rendue plus facile par la forme très reconnaissable que le mazdéisme lui a donnée dès le premier moment où nous le trouvons. Les quatre périodes du monde partagées chacune en trois époques ont-elles laissé quelque trace dans la doctrine juive? La seule qu'on puisse trouver est le rapport indiqué par le grand-rabbin Kohut 1 entre les six mille années comprises de Gâyômart à Saosyant et la prédiction lalmudique et chrétienne sur les six mille ans que doit durer le monde. Pourtant ces six mille ans n'ont pas nécessairement été empruntés au Bundahis. Cette chronologie, qui ne paraît que vers l'ère chrétienne, peut être née du compte scolastique que fait Barnabe dans sa lettre, 15, 4. Le monde a été créé en six jours, mais pour Dieu un jour est mille années. Le rapprochement qu'on a fait aussi entre les quatre royaumes du monde chez Daniel et les quatre périodes de trois mille ans de i'Avesla est quelque peu forcé 3 . De cette rencontre fortuite du nombre quatre, on ne saurait conclure à une action de l'un sur l'autre. Le premier des quatre millénaires appartient à la création spirituelle et selon l'idée juive précéderait ainsi la chronologie du monde; la seconde ne fait pas non plus partie de l'histoire. L'adoption extérieure et aveugle d'un nombre vide est en opposition avec tout ce que nous savons de l'apocalypse. Il faut plutôt comparer le nombre des animaux, Daniel, 7, aux quatre vents du ciel, Daniel, 7, 2. Les quatre points cardinaux désignent le monde dans sa plénitude. Le nombre quatre qui, dans Daniel, est appliqué à d'autres objets qu'aux royaumes du monde, aux quatre ailes, aux quatre tètes, 7, 6, etc., n'apparaît pas toujours du reste dans la chronologie mazdéenne du monde. La première période n'avait qu'un intérêt philosophique; elle comprend la préexistence des êtres. Théopompe, dans la citation donnée par Plutarque % ne parle que de trois périodes, celle de la faiblesse du Mauvais,

1. Zeitschrift der deutschen morgenlàndischen Gesellschaft, V, 228: XXI, 575 s.

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