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31 i LA VIE FITTHRE d'àPRÈS LE MAZDÉISME

celle de la lutte entre le Bon et le Mauvais, et celle de la victoire du Bon.

Même si dans quelques points de détail on croit découvrir une influence iranienne, il est manifeste que ce n'est pas des Perses pendant l'exil qu'Israël tient ses calculs chronologiques : Les sept jours de la semaine, les dix toledot de la Genèse, les soixante et dix semaines d'années de Daniel, les dix semaines du monde de Hénoch, le nombre sept de l'Apocalypse de Jean, (voir Gunkel, loc. cit., p. 294 s.) dirigent nos recherches vers le même lieu où l'apocalyptique avait pris ses connaissances astronomiques, où Israël, à des époques différentes, en partie considérablement antérieures, avait pris aussi sa cosmogonie, sa légende du déluge, son calcul des temps, les noms de ses mois, son système des nombres et des poids, etc. Les Hébreux avaient été profondément influencés par les Ghaldéens depuis les jours des Térahides et l'époque des lettres, trouvées à Tel l-el-Amarna, jusqu'au temps de la littérature apocalyptique et même plus tard.

Pendant l'exil, c'était à Babylone que se trouvaient le plus grand nombre de Juifs et les meilleurs ; ceux qui vivaient hors de Babylone ne pouvaient guère avoir d'influence sur la culture du peuple. Tout ce que je connais du mazdéisme et de de ses rapports avec le judaïsme justifie les conclusions que nous a présentées B. Stade dans son ouvrage véritablement classique, au dépens do la thèse d'une influence iranienne considérable sur le judaïsme soutenue de nouveau par des savants modernes.

La résurrection. — Sur la résurrection, les Chaldéens avaient par contre peu de choses ou rien à enseigner à leurs frères hébreux. L'idée juive de la résurrection à laquelle il est fait allusion pour la première fois dans Ésaïe, 26, 19, et dans Daniel, doit être bien distinguée de la renaissance à la vie que devaient procurer les lamentations et les exorcismes chez les Chaldéens, comme chez les non-civilisés, et de la croyance en un renouvellement de la vie dérivée de leur mythe solaire comme chez les Égyptiens. Même dans Israël, on trouve le récit de semblables résurrections, I Rois, 17, 22 ; II Rois, 4, 34; 13,21. Mais il ne faut pas les confondre avec la

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résurrection des morts au jour du jugement. La preuve en est qu'on trouve des légendes semblables dans des religions purement ethniques qui n'en sont jamais arrivées à croire àunc résurrection générale à la fin du monde; ce réveil arrive aussitôt après la mort. Dans la résurrection juive comme dans celle de l'Avestn, les morts abandonnent le lieu où ils sont, à la fin du monde, sans l'aide des hommes, par le seul pouvoir de Dieu. Les Juifs ont acquis ce dogme pendant l'exil ou après. Il ne faut pas tirer trop de conclusions des passages d'Osée, G, 2 et d'Ézéchiel, 37, 1 ss. (Reuss, 437; Cheyne, 383). Les images de la résurrection nationale ne désignent nullement la résurrection personnelle; mais on ne saurait nier qu'il n'y ait dansEzéchiel le matériel même de la résurrection; il n'est plus besoin que d'une nécessité religieuse pour mettre en œuvre ce matériel. La résurrection se trouve enfin dans Esaïe, 26, 19. Le prophète post-exilique, dans Esaïe, 24-27, peut bien être antérieur au second siècle (où le place Duhm), au commencement duquel le dogme de la résurrection est enseigné par l'auteur du Livre de Daniel. Déjà, à la fin de l'époque persane (Valeton junior, Stave) ou un peu plus lard (Hiïhn), avait été écrite la prophétie annonçant que les morts du Seigneur recevraient une nouvelle vie et que les corps des habitants de la Judée seraient relevés. Cheyne détache le passage d'Êsaïe,26, 1-19, de l'ensemble des chapitres 24-27 etleregarde comme un écrit indépendant, « une méditation liturgique », à laquelle il faudrait assigner environ la date de 334 avant Jésus- Christ. « Éveille-toi », crie déjà une voix à « celui qui est couché dans la terre. » Mais cette parole ne regarde que les pieux (Cheyne, Psalter, 402). Chez Daniel, qui peut être exactement daté, le dogme est exprimé incontestablement; il contient en vérité quelque chose de nouveau qui « augmentera la connaissance » (12, 4), il est étranger à la pensée hébraïque, à la condition végétative des morts avec ce qu'elle avait d'irrévocable \

4. Voir H. Gunkel, Schôpfung und Chaos, p. 291. Mais je ne puis être de son avis et penser comme lui « que la résurrection n'est née ni de l'eschatologie des prophètes ni de la piété des psalmistes ». Nous trouverons plus loin un trait particulier dans l'idée juive de la résurrection qui

Peut-être, dans ie cas présent, les Juifs avaient subi l'influence de l'espérance à venir des adorateurs de Mazda. Les humiliations et la souffrance, les réflexions sur le sort des justes en ce monde avaient transformé l'esprit des pieux dans Israël en une terre altérée, mûre pour enfanter l'espoir de la résurrection. L'attente de la venue du Seigneur pour sauver son peuple finissait par exiger la résurrection. Ce bonheur ne devait-il pas être étendu aux générations des morts si durement éprouvées? Quant à l'influence mazdéenne, qui n'est pas invraisemblable en ce cas, il nous faut, de même que L. Mills 1 , Cheyne, B. Duhm *, E. Slave, et d'après une méthode précise, remarquer qu'en tout état de cause ce n'est pas un emprunt pur et simple, mais une action organique. Cheyne surtout a démontré excellemment comment les germes de celte croyance auraient mûri en Israël au contact d'une autre religion.

Cependant, encore plus que ces savants, je limite le rôle de cette influence même dans la doctrine de la résurrection. Il y a entre la résurrection des deux religions des différences très intéressantes que Ton n'a pas prises en assez grande considération lorsqu'on les a comparées l'une à l'autre. Nous n'avons pas seulement à indiquer les difficultés des pieux à l'égard de la théodicée, la foi en la messianité et en la nouvelle naissance du peuple pour montrer les germes de l'idée de la résurrection chez les Juifs. La forme même de cette croyance prouve qu'elle a des racines tout autres que le réveil des morts lors du renouvellement de Saosyant. Le dogme juif sur la résurrection des justes seulement, suivie ou non de la résurrection des autres, — ou bien même la résurrection « d un grand nombre », n'a

démontre sa parenté avec celle-ci et qui la sépare nettement de la doctrine de la résurrection des mazdéens. Notre élude fortifie au contraire la thèse de E. Slave, Ueber den Exnfluss des Parsismus auf das Judenlum, p. 168 s. « L'idée de la résurrection n'est pas un emprunt direct, mais une conception du judaïsme lui-même sur la base de ses propres expériences». L'idée que les prémisses de la croyance en la résurrection se trouvaient au sein du judaïsme lui-même devient de plus en plus répandue. R. H. Charles, A critical history ofthe doctrine of a future Life, p. 7 (note 1), 126.

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