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318 LA VIE FUTUHK DAPKÈS LE MAZDÉISME

avant tout une espérance pour les pieux. Le second des sept frères tués dit : « Tu nous prends la vie périssable; mais le Roi du monde nous éveillera à la vie éternelle, nous qui mourons à cause de sa loi », 7, 9; le quatrième : « Dieu nous éveillera à la vie éternelle. Mais pour toi il n'y aura pas de résurrection à la vie », 7, 44; la mère encourage le plus jeune, 7, 23, 29: « Dieu te fera vivre de nouveau avec tes frères » et il sait que ses frères attendent la vie éternelle d'après la promesse de Dieu. Au chapitre 12, v. 43 s., Juda Macchabée console les siens en disant que ceux qui sont tombés ressusciteront et jouiront du bonheur et de la félicité. D'après Schûrer (/. c, 2 e éd. , II, 502) la résurrection de tous les morts n'a jamais été généralement acceptée dans le judaïsme, mais seulement dans le christianisme et l'islamisme.

Que conclurons-nous de notre comparaison? La différence entre la résurrection de tous les morts dans le mazdéisme et la résurrection des justes ou de beaucoup dans le judaïsme est en rapport direct avec la diversité d'origine que nous avons attribuée aux deux dogmes de la fin du monde. La résurrection dans le mazdéisme sort d'un mythe cosmique sur la destruction et le renouvellement du monde. Lorsque dans cette donnée de la nature fut mise la pensée de la résurrection des morts, elle devait nécessairement comprendre tous les morts à cause de l'existence de leur substance dans les éléments du monde. La légère restriction qui avait déjà été faite dans la rétribution pour certains pécheurs ne doit pas obscurcir pour nous l'origine et l'essence de la résurrection mazdéenne ; le mazdéisme donnait cette explication significative que le pécheur qui ne prenait pas part à la résurrection, n'était point un homme , mais avait été changé en démon déjà pendant la vie à cause de la gravité de ses péchés ; donc il partage le sort des démons d'être détruit dans le métal fondu. Il appartient à l'essence de Thomme d'être compris dans le renouvellement universel.

Chez les Juifs la résurrection comme toute la vie future n'est pas sortie d'un mythe de la nature, mais d'un besoin vital de religion et de moralité 1 . De là, l'idée que tous les hommes

1. Dans 1 Cor., 15, la résurrection de Jésus est le gage de la résurrection de ceux qui lui sont fidèles.

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créés de la même façon ne doivent pas également ressusciter, idée qui est en opposition avec la philosophie de la nature. Ce n'est que plus tard que les apologétiques chrétiennes et talmudiques ont cherché des preuves dans la nature. L'une des prémisses était celle-ci : Le Seigneur viendra avec le jugement et la délivrance. Dans l'apocalypse la délivrance des pieux reçoit une signification de plus en plus considérable. Voici la seconde prémisse : Les pieux, qui n'ont fait que souffrir pendant la vie, demeureront-ils éternellement dans le Scheôl? Non, les justes doivent ressusciter pour être admis au bonheur messianique, autrement les survivants auraient un avantage arbitraire et injuste sur les morts. Nulle part ce raisonnement n'est exprimé plus nettement que dans Paul, I Thess., 4, 13 ss. : ceux qui sont morts dans le Christ viendront même avant les vivants. Schûrer* a raison contre Stâhelin, lorsqu'il dit que la résurrection avait d'abord pour but de donner aux morts une part dans le royaume messianique.

Mais le livre de Daniel ? Dans un temps où la croyance en la résurrection n'était pas même répandue dans tous les cercles pieux et zélés du judaïsme, il est question dans cet écrit, si remarquable au point de vue religieux, non pas de la résurrection des pieux, mais de la résurrection de plusieurs ! Ces « plusieurs » sont en opposition avec les « tous » du mazdéisme, et ils donnent un nouvel appui à ma thèse. Dans la libre interprétation que l'auteur fait de la croyance naissante en la résurrection, il n'y a pas seulement l'encouragement et la consolation donnée aux pieux qui ont souffert et l'assurance de la justice de Dieu. 11 y a aussi la pensée d'une double rétribution. Le verset 3 (chap. 12) est une explication du verset 2. Les justes qui ressusciteront sont « ceux qui auront été intelligents » et « ceux qui auront enseigné la justice à plusieurs » ;le verset 10 désigne avec les intelligents tous les justes. Mais avec tous les pieux, d'autres ressusciteront d'entre les morts. D'après la tendance de tout le livre il ne s'agit que de quelques impies, qui ont surtout mérité

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