‹ La vie future d'après le MazdéismeChapitre 175 sur 242 · Loc. cit., p. 543, note · texte numérisé non relu

Loc. cit., p. 543, note

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« l'opprobre et l'infamie éternelle ». Rien ne contredit davantage à l'idée d'un emprunt mazdéen que ce terme de « plusieurs » et ne prouve mieux que nous avons affaire à un produit de la pure religion judaïque. La résurrection est la même d'ailleurs dans le livre éthiopique de Hénoch. Beaucoup ressusciteront, mais pas tous. Le point de vue religieux et moral est visible dans la description des trois endroits où Hénoch, chapitre 22, voit tous les morts rassemblés sous la terre. Nous en avons déjà parlé à d'autres égards, page 157 s. Tous les justes auront part à la vie future naturellement. Ils se trouvent dans le premier de ces endroits. Quant aux impies, seulement ceux-là ressusciteront pour être punis lors la résurrection qui ne l'ont pas déjà été sur la terre! Les autres impies, du troisième endroit, resteront dans les souffrances. « Leurs âmes ne seront pas élevées de là 1 ». (Traduction de R. H. Charles.) En résumé, l'eschatologie juive n'a pris au mazdéisme que quelques détails insignifiants, elle n'en a certainement pas été inspirée. Il n'y a qu'un point capital où le judaïsme a pu subir une certaine influence par le contact du mazdéisme, c'est dans l'idée de la résurrection. Mais cette idée même

1. L'idée d'une punition finale de quelques impies déjà morts à côté de la félicité des pieux ressuscites se trouve en eiïet déjà dans Èsaïe % 24-27, quoiqu'il ne soit pas expressément dit que ces impies ressusciteront comme les pieux. « Les rois de la terre seront assemblés captifs dans une prison (un trou), ils seront enfermés captifs dans des cachots, et, après un grand nombre de jours, ils seront châtiés » (Ésaie, 24, 22). Nous entrevoyons déjà ici la croyance du Livre de Daniel de la résurrection de « plusieurs », c'est-à-dire : de quelques grands pécheurs qui seront châtiés « après un grand nombre de jours », et des pieux (Ësate, 26, 19) «< habitants de la poussière » qui « se réveilleront en tressaillant de joie ». Ce « trou » ou « prison » lin (&<*«?, 24, 22) où sont enfermés ceux qui se sont révoltés contre le Seigneur semble dériver d'une représentation mythique, qui ne nous esl pas autrement connue dans l'Ancien Testament. En tous cas il n'est guère possible de l'expliquer avec M. Slave, Einfluss, 176, 177, note 3, par Bundahis, 3, 26, où il est parlé d'une attaque des démons contre le ciel au commencement du monde, attaque qui avait pour résultat que le Mauvais Esprit se précipitait dans l'enfer, mais sans rapport avec un jugement final, lin est souvent employé pour désigner le Scheôl. R. H. Charles, A critical history of the doctrine of a future life, p. 155, note 2^

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a une origine juive et s'est développée d'une manière indépendante, sinon sans avoir élé influencée, du moins sans avoir été empruntée.

Par contre l'eschatologie de TAvesla et celle de la Bible ont fourni la matière d'un des dogmes les plus frappants de l'islam. Nous avons eu l'occasion, à différentes reprises, de citer ses emprunts, mais l'examen de ce que l'islam avait pris aux différentes religions n'a pas d'intérêt pour notre ouvrage. Car il s'agit là de véritables emprunts. L'emploi étrange qu'en ont fait Mahomet, la croyance populaire et la théologie qui Ta suivi, n'enrichit pas la connaissance que nous avons de l'essence de ces conceptions et de leurs formes principales. Ainsi le Mahdi est un revenant du Messie 1 , ou plutôt de Saosyant 8 . Même Jésus joue un râle dans le dogme islamique de la fin du monde. Il descendra des cieux. Le Mahdi viendra de l'Orient comme Saosyant et sera appelé à être le vicaire de Jésus et celui de Dieu, d'après Tabari 1 , qui prit celte idée à Bagdad au ix e siècle 4 .

Nous pouvons renvoyer à ce que nous avons dit au deuxième chapitre à propos de la valeur des doctrines de la rétribution dans les diverses religions, si nous voulons comparer ces eschatologies au point de vue de leur valeur] il nous faudrait alors considérer la morale des religions en question et comparer leur conception de Dieu dans ses rapports avec l'histoire; la tractation de cette seule question donnerait lieu à un ouvrage tout entier.

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