‹ La vie future d'après le MazdéismeChapitre 176 sur 242 · L'UNION AVEC DIEU · texte numérisé non relu

L'UNION AVEC DIEU

Nous avons vu, dans le chapitre i, les croyances à la continuation de la vie après la mort, en vertu des propriétés de la nature humaine. Ces croyances se rattachent intimement à Tidée que Ton se fait de la nature physique et métaphysique. Dans le 2» chapitre, nous avons examiné la survivance en tant que rétribution. Ici parait Tidée morale; la rétribution a pour but d'exciter les individus à faire ce qui est conçu comme bien aux diverses étapes du développement religieux. Dans les chapitres 3 et 4, nous avons recherché quelles étaient les opinions correspondantes que les hommes se sont faites des destinées du monde dans son ensemble»

Trois représentations de la vie future dans le magdéisme n'ont pas trouvé place dans ce cadre. J'ai vu d'abord qu'elles n'entraient pas exactement dans les classifications que nous avons faites, jusqu'à ce que j'aie remarqué qu'elles doivent être comprises, avec une série d'autres idées religieuses, dans un troisième genre de croyances, qui ne relève ni de la connais* sauce naturelle ou philosophique ni de la connaissance morale.

Une de ces trois représentations, le mythe du Haoma, appartient au cycle indo-aryen; la seconde, l'enlèvement de Kai Xosrâ et les mythes aualoçues, au trésor épique de l'Iran; la troisième fait partie du pur mazdéisme zoroastrien des Gâthas ; c'est la conception d'Amdratât, « X Immortalité », d'un des dra-

bans de Mazda, de ceux qui sont appelés, dans l'Àvesla postérieur, « les bienfaisants Immortels », les Amasa-Spanlas. Ce qu'il y a de caractéristique dans ces trois légendes, c'est que la communion avec Dieu libère de la mort ou maintient la vie dans la mort. Le point de vue est religieux. La certitude de l'immortalité de l'âme ne résulte pas de la connaissance de sa nature, ni de l'idée d'une rétribution morale, mais d'un lien intérieur avec Dieu, de quelque façon que soit comprise cette union. L'immortalité n'est religieuse au sens propre du mot que lorsqu'elle est le fruit de l'union avec Dieu. Dans la religion, l'homme cherche l'assistance divine pour conserver sa vie. La pensée fondamentale de la religion à l'égard de la mort c'est : Dieu sauve les siens de la mort. Telle est la valeur de l'union avec Dieu. Dieu est le dispensateur de la vie. Toutes les religions le savent, de quelque façon qu'elles entendent la vie et ses conditions, depuis celles des non-civilisés jusqu'à celle du psalmiste (36, 10) : « Seigneur, en toi est la source de la vie », et jusqu'à Paul, dans l'Epitre aux Romains (6) : « Le salaire du péché est la mort; mais le don de Dieu est la vie éternelle ». Ce qui caractérise cette notion purement religieuse de l'immortalité, c'est qu'ici le dilemme n'est plus comme dans le dogme de l'immortalité physique : la continuation ou la destruction, ni comme dans la doctrine de l'immortalité devenue éthique : le bonheur ou le malheur après la mort, mais la vie et la mort dans le sens fécond que la religion donne à ces mots. Si nous pénétrons dans l'essence de celle idée religieuse de l'immortalité, nous trouvons que l'immortalité est le don actuel de cette vie, en union avec Dieu. Celte conception est au fond des trois mythes mazdéens que nous venons de nommer. Elle apparaît, dans l'histoire des religions, presque sous autant de formes qu'il y a eu de manières différentes d'entendre l'union avec Dieu. Nous n'exposerons que les expressions les plus importantes et les plus caractéristiques de l'immortalité religieuse, comme nous l'avons fait pour la continuation naturelle et pour la rétribution morale.

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