E. Beauvois, /. c, p
de la vie devient plus profond et que se dégage la conscience d'une force vitale de plus en plus élevée, capable en dernier ressort de briser les liens de la mort. Il nous faut voir comment les conceptions de ce qui fait l'essence de la vie, devenant plus exigeantes avec la culture intellectuelle et morale de la race, rejettent tous les moyens employés jusque-là pour se procurer cette vie. Gomment gagner une puissance de vie oapabla de vaincre toutes les frayeurs de la mort et défier les puissances destructives? C'ost encore aujourd'hui le problème.
La religion naturiste a résolu la difficulté par la boisson enivrante ot sacrée, qui semblait augmenter la vitalité. « Le Haoma rend le pauvre (le prêtre, car lui seul en buvait) aussi granddansson esprit (man^quel'hommo le plusmagniOquo »; il donne la sagesse et le succès ( Ya$na % £0, 13). Sous combien de formes ne renconlre*t-on pas la môme idée? On devait tomber facilement dans l'excès. Deux fragments de l'A vesta originel {Nirang., 30-30) défendent expressément l'abus des boissons enivrantes, du vin ou du lait de cavale 1 . L'usage du Haoma était si restreint qu'il n'y avait là aucun danger. En raison de son efficacité bienfaisante, il était devenu le breuvage attribué aux dieux. Par ce liquide, le fidèle s'unit h la divinité et devient participant de sa vio immortolle. La boisson do Dieu libère de la mort, ainsi que l'enscigno le naturisme. Le nom d'eau de tuiostun souvenir de l'importance attachée à la boisson enivrante des païens. Que ne sacrifierait-on point pour un breuvago qui donne la vie? Un empereur chinois du in* siècle avant Jésus-Christ envoya une flotte pour recueillir la boisson de vie dans les tlos d'or. Chez les Indo-Germains la boisson sacréo était l'hydromel, chez les Indous le suc du Soma-IIaoma 1 .
En premier lieu le Haoma donne de la force à cette vio. L'hymne du Haoma dans loquel le Haoma figure aussi bien on qualité de suc jaune du sacrifice que sous la forme do per-
1. Encore aujourd'hui les TarUres et les Kalmouks s'enivrent avec du lait de cavale fermenté qui, d'après eux, donne l'immortalité comme l'Amrta des brahmanes. Alex. Ghodzko, Contes slaves, p. 307.