Voir W. Brandt, Die evangelische Geschichte, p
ennemis qui les oppriment si durement. « Le livre de vie » dans lequel les justes sont inscrits (09, 29) garantit Finalement le bonheur terrestre, mais arrête encore son compte à l'heure de la mort. Comment sont interprétées la souffrance du juste et surtout sa mort violente et prématurée? Il y en a qui ne se contentent pas de la pensée du bonheur de la race h venir (37, 29). On ne pouvait non plus demeurer à cette explication de la mort du juste qu'avait donnée Es aïe, U7, 1-2. « Le Juste périt, et nul n'y prend garde; les gens de bien sont enlevés, et nul ne fait attention que c'est par suite de la malice que le juste est enlevé. Il entrera dans la paix, il reposera sur sa couche, celui qui aura suivi le droit chemin ». Le royaume des morts est empreint là d'un tout autre caractère que celui qu'il a dans les psaumes. C'est la paix du tombeau, non ses ténèbres tristes et désertes 1 . Mais le fait de souhaiter la mort pour éviter les malheurs menaçants est contraire à l'esprit hébraïque. Le poète d'Ebed Yahvéh donne une plus haute interprétation de la mort du juste (Ésaïe, 53). C'est un sacrifice pour les transgressions du peuple, donc une grande tâche à accomplir au service de Dieu. Pour cela il recevra beaucoup en échange. La mort du serviteur de Yahvéh parait être semblable à celle des autres, mais elle aune valeur infinie *. L'interprétation du serviteur de Yahvéh comme désignant un individu (Dalman) esta peine vraisemblable. « Mon serviteur prospérera, il montera, il s'élèvera, il grandira puissamment » (iSS, 13), ne peut pas, selon la pensée juive de celte époque, s'appliquer dans l'autre vie à l'individu « retranché de la terre des vivants » (53, 8), même si l'auteur, par un pressentiment prophétique, se représentaitl'étatdu « retranché» comme pouvant jouir du succès des survivants (53, 40 s.). Par intuition, les prophètes peuvent émettre de nouvelles idées dont ils ne mesurent pas eux-mêmes toute la portée. L'individu paraît là
i. Dans Job 14, 1-15 on entrevolt ridée semblable, que la mort arrache le malheureux aux tourments actuels; R. H. Charles, A critical history of the doctrine of the future life in Israël, in Judaism, and in Christianity, London, 1899, p. 69, y trouve le germe de la doctrine postérieure que le Scheôl n'est qu'un séjour temporaire.