Nirvdna, p. 15, comparez p
uq nihilisme qui ne le cède en rien à celui des Càrvâka's matérialistes ». L'esprit du bouddhisme est encore plus étranger à celui des Càrvâka's ou des âùnyavàdin's, « les docteurs de rien », qu'au Brahmavâda des Vedântin's ou à la doctrine également idéaliste des Sàrhkhyin's. Le Nirvana de Gautama n'est pas sùnyam, « vide », « le rien » au sens des athéistes. L'opposition du bouddhisme à l'égard des Càrvâka's \ les négateurs, élait parfaitement réel le et fondée; elle n'était pas le fait d'une inconséquence 1 . Le moine Kassapa convertit à la foi bouddhiste le roi Payas i, qui avait nié avec toute la frivolité du matérialisme la réalité de l'être spirituel, la rétribution et la vie de l'au-delà, disant : le corps meurt avec l'âme. Le roi échangea le « non » (na asti), impie du Càrvâka, du Naastika, le négateur, pour le « non » (na asti) pieux du bouddhiste ». Il n'y a pas ici de jeu de mots. La grande différence qui existait entre les deux et qui a été constatée par l'auteur bouddhiste, n'est pas une illusion. Nous pouvons ajouter à ces deux « non », un troisième, celui du théologien brahmanique orthodoxe, le Brahmavâdin, qui, fidèle à l'Écriture, aux Védas, Vedântin, niait toute qualité positive de son Brahman. Qui ne voit la différence fondamentale qu'il y a entre ces trois « non » et surtout entre le premier et les deux autres quant à l'esprit qui s'y révèle? Le premier répond « non », en réalité, aux questions métaphysiques; le troisième, oui. Le second leur oppose sa préoccupation exclusive du salut, du Nirvana, qui absorbe tout.
11 ne nous faut pas oublier que même si le Nirvana, « l'extinction », bouddhiste est pourvu, en partie, de qualités purement négatives et, en partie, de qualités positives, le repos, le calme, etc., qui n'ont pas un contenu vraiment positif, le Nirvana n'en est pas moins un bien, une délivrance, lapins haute félicité*. Comme l'a fait remarquer M. Oldenberg, avec sagacité (p. 299)