‹ La vie future d'après le MazdéismeChapitre 209 sur 242 · Dans Gôtt. gelehrte Anzeigen, 1897, p. 271 ss · texte numérisé non relu

Dans Gôtt. gelehrte Anzeigen, 1897, p. 271 ss

LA VIE ÉTBaNKLLB OBTENUE PAR t/UNlON AVEC DIEU 375

par l'analyse des vingt-quatre principes du monde phénoménal, et du vingt-cinquième qui y est opposé, le principe purement spirituel. Par cette connaissance, il a atteint la délivrance (mok$a) ', sans que le corps se soit éteint avec le moi, le faux âtman, l'âme phénoménale, le jlva. Mais seulement avec la mort, avec la perte de l'enveloppe extérieure, la vie entière du jîva meurt et le vrai moi, î'àtman, se retrouve dans l'isolement de son être intime".

Voilà pour la pensée religieuse avant le bouddhisme, pendant l'époque qui a produit le Mahâbhârata.

Quant aux deux grandes écoles philosophiques contemporaines du bouddhisme et qui ont fini par en avoir raison, dans les Indes, le Vedânta et le Sârhkhya, toutes deux issues du Sârhkhya antérieur et brahmanique de l'épopée, d'après la démonstration séduisante du P. Dahlmann, le mot même de Nirvana y est évité, parce qu'il avait été usurpé par Gautama, le grand hérétique réformateur. Mais si le terme est rare, la conoeption d'une existence éternelle commencée dès cette vie s'y trouve partout exprimée, et elle est semblable à celle de l'épopée. Tous les deux, le Vedàntin, le disciple du Vedânta, elle Sârhkhyin, celui du Sârhkhya, ont la doctrine des upâdhi's, c'est-à-dire celle des organes ou bien des qualités « surajoutées », par lesquelles le véritable être — le Brahman pour le Vedftntin, le purusa pour le Sâihkhyin — devient l'être phénoménal. Les upâdhi's, à leur tour, ont pour origine l'avidyâ, l'ignorance 3 . L'idéal négatif et panthéiste est, pour les deux systèmes, la Brahmarûpalâ, l'existence comme Brahman. Or t selon l'enseignement, commun à l'un et à l'autre, sur ce point on peut arriver à la délivrance (kaivalyam), de l'existence trou-

1. jnânân mokso jâyate, Mahâbhârata, XII, 318, 87, « de la connaissance vient la délivrance » (Dahlmann, /. c, 78). Déjà longtemps avant Gautama le but des âmes religieuses dans l'Inde était la délivrance, le salut, moksa ; longtemps avant lui on gagnait cette délivrance par la connaissance, jtiànân moksah. Celte pensée et même des paroles formelles en ce sens se trouvent dans les plus anciennes Upanisad's, P. Deussen, Bas System des Vedânta, p. 290.

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