Études, I
Rydberg 1 pense que les anciens peuples du Nord distinguaient chez le trépassé un haugbùi, « celui qui demeure dans le tumulus » et une partie de l'homme qui demeurait dans la Hel. Helge repose chaque nuit dans le tumulus au côté de sa fidèle Sigrûn, qui, quoiqu'elle respire, presse sur son cœur le mari défunt. Mais chaque matin à cheval et armé, il retourne dans la Valhçll 2 . / heimes haugom : « dans les tumulus près de la maison » habitent, d'après Hârbar/jr 1 les ancêtres décédés. Mais en même temps, ils sont chez Hel, ou dans la Valhç>U. Originairement, ces différentes expressions ne désignaient qu'une chose d'après l'éminent professeur d'Upsala, Adolf Noréen *, comme nous l'avons vu. Mais à l'époque à laquelle appartiennent ces documents, elles désignent des endroits bien distincts l'un de l'autre. La même diversité dans les expressions est usitée encore de notre temps. Il n'est pas nécessaire de chercher dans des temps si anciens. Les Caraïbes qui se trouvaient encore, il y a quelques dizaines d'années, dans les Antilles et sur le continent avoisinant, attribuaient à l'homme trois âmes : Tune avait son siège dans le cœur et, lorsque l'individu mourait, allait au ciel; les deux autres devenaient de mauvais esprits 5 . Les Indiens du Dakota donnent à « l'âme » de l'homme et à son « esprit » des destinées différentes après la mort 6 .