‹ La vie future d'après le MazdéismeChapitre 22 sur 242 · Du Tertre, Histoire des iles Antilles, II, p · texte numérisé non relu

Du Tertre, Histoire des iles Antilles, II, p

6. Keating and Long, Narrative ofa voyage to the source of St. Fêler* $ River, I, p. 393 ss.

LA CllOYANCE EN LA CONTINUATION DE LA VIE 33

vie après la mort n'est pas une conclusion, ni une sanction que les dieux donnent à la vie terrestre sous la forme d'une punition ou d'une récompense; mais la vie future est indépendante de la piété de l'homme pendant sa vie terrestre ; c'est, au contraire, la continuation d'existence des ancêtres après la mort qui oblige les vivants à faire preuve de piété. Ce n'est religieusement rien de plus, et c'est quelquefois moins qu'une continuation de la vie terrestre, même si, en certains cas, les conditions extérieures de la vie future présentent des ressemblances avec celles de la vie terrestre.

Une analyse des raisons qui ont fait attribuer aux morts des états différents a été entreprise dans l'ouvrage déjà cité, La survivance de l'âme et lidée de la justice chez les peuples non civilisés, par M. Marillier. En me rattachant à cette remarquable étude *, je me propose, avec d'autres divisions et à un point de vue un peu différent, de rechercher les réponses typiques à cette question : Pourquoi les morts, selon les croyances primitives, ne subissent-ils pas tous le même sort dans l'autre monde?

Il y a trois solutions successives à examiner : d'abord nous rencontrons les cas où il n'y a aucune connexion entre les divers états de la survivance et la vie présente. En second lieu, ceux où les destinées des morts sont différentes parce qu'ils n'ont pas eu le même sort dans la vie, et enfin ceux où les différences résultent de ce qu'ils n ont pas eu la même mort. Dans ces deux derniers cas les inégalités de la vie future sont une continuation des inégalités de la vie présente ou des différents genres de morts, sans qu'il s'agisse le moins du monde de la plus ou moins grande piété qu'on y apporte.

a) D'après le hasard.

Comme exemples de la première solution je citerai les habitants de Tamana, une des lies Gilbert, pour lesquels c'est le

1. Je dois au livre de M. Marillier beaucoup de renseignements sur la religion des peuples sauvages et j'ai suivi avec ^beaucoup de profit ses conférences à ce sujet, faites à l'École des Hautes-Études pendant Tannée 1898-1899.

hasard qui décide si l'âme va dans le paradis Mané, lieu de pèches abondantes. Ce sont les survivants qui tirent au sort la condition de l'âme du défunt 1 . Si les petits cailloux qu'ils jettent sont en nombre pair, l'âme est dotée de la félicité céleste ; s'ils sont en nombre impair, elle est écrasée, à l'horizon occidental, entre deux grandes pierres. A Tahiti*, l'âme aveugle suit un chemin où elle rencontre deux pierres. Si elle touche la pierre de la mort, elle est anéantie pour jamais ; si elle heurte la pierre de la vie, elle commence sur des rochers flottants une série de voyages jusqu'à ce qu'elle aborde au rivage où elle cueille des fleurs dont quelques-unes causent la mort.

b) D'après leurs différentes conditions terrestres.

Voyons maintenant les différences dans la survivance qui proviennent des différences de destinée dans la vie présente.

La vie terrestre a fourni beaucoup de différences qui ont été transportées au-delà du seuil de la mort jusqu'à ce que la religion ait découvert enfin que Dieu est aussi au-delà de la mort le Seigneur, qui glorifie ou humilie l'homme d'après ses propres lois.

La tribu. — Premièrement, la tribu a une destinée commune. N'avons-nous pas déjà vu les Indiens de l'Amérique partager les morts chacun d'après son totem ? Il arrive aussi que la tribu réserve à ses membres le paradis et en bannit les étrangers. Les Todas, une tribu dravidienne du centre de la partie méridionale des Indes, croient, selon W. E. Marshall', qu'eux seuls vont dans l'Amnôr qui se trouve a là où le soleil se couche », selon l'expression d'un indigène. Pour les autres, il y a un enfer dont le nom est inconnu à Marshall. Il doute qu'ils possèdent aucun mot pour représenter cette idée. Ils appellent le péché, pâpnm, qui n'est autre chose que le sanscrit papa, le mal, le péché. Toujours d'après Marshall, les To-

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