J. Daklmann, Nirvana, l. c
delà causalité, en dehors de tout Dhammaet Sankhâra, il a atteint le but final, abandonné le monde de la naissance et de la corruption, il a vaincu la mort. Le Nirvana est la fin de la vieillesse, la fin de la mort (Suttanipâta, 1094) \ Oldenberg donne 1 quelques exemples des cas « innombrables » où le Nirvana est posé comme existant dans cette vie. Il suffit d'en citer un. « Le disciple qui s'éloigne de la passion et du désir, riche en sagesse, a gagné ici la délivrance de la mort, le repos, le Nirvana, le lieu éternel ». Le Nirvana est en effet le calme parfait. Au Dhammapada, 94, dans les « logia » deGautama, nous lisons que le parfait est celui « dont les sens sont calmes * ». Quand on est parvenu à cet état, ce qu'il y a d'essentiel est atteint, la vie et la mort deviennent également indifférentes, et en vérité, elles n'émeuvent pi us l'illuminé. Car il vit déjà dans un autre monde, il a une existence en dehors du temps, en dehors de l'espace, sans commencement, sans déclin, sans naissance, sans mort : Nirvana. Aux yeux des autres, « pour les dieux et les hommes », la mort paraît produire en lui un changement, ils ne toient plus son corps 4 ; pour l'illuminé parfait, il n'en va pas de même; il est définitivement détaché du « courant du devenir ».
En vérité, c'est une étrange félicité, ce calme glacial, cette paix de l'âme, cet idéal religieux sans Dieu, mais aussi sans la négation de l'être infini. L'esprit ne le saisit pas davantage que la main ne peut prendre les brumes de la nuit. Toutefois si l'esprit avide de certitude conclut qu'il n'y a rien que le vide béant, l'anéantissement, la destruction , Gautama Bouddha et son fidèle disciple repoussent inpitoyablement celte hypothèse. Dans le bouddhisme, le Nirvana a pris la place des biens religieux qui élèvent le fidèle au-dessus de la vie terrestre et qui le soustrayent à la sphère de la mort.