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1 être, la réalité infinie, pour la philosophie brahmanique dans ses différentes branches. Mais même entre ces conceptions idéalistes des Indes et la métaphysique issue de l'idéalisme de Platon, la différence est très considérable malgré le rôle analogue qu'elles ont eu dans le développement spirituel de ces deux races indo-européennes. Même dans les esprits qui en ont subi l'influence et qui ont été le plus panthéistes et le plus mystiques, le platonisme n'a jamais eu le caractère[négatif, abstrait et quiéliste qui est celui de la pensée indienne dans son plus haut développement logique. Ainsi l'idée platonicienne du bien éternel a toujours gardé dans ses conceptions quelque chose de plus positif et do plus riche que les notions correspondantes de l'Inde.
Selon ces deux conceptions idéalistes des Indes et de la Grèce, l'ignorance est l'origine des égarements et du mal et la connaissance constitue le chemin du salut et la plus haute préoccupation de l'homme. Mais malgré la place prépondérante et suprême que la connaissance occupe dans chacune d'elles, il y a un abîme entre ces deux sortes de connaissances. Pour l'idéalisme brahmanique, la connaissance est une formule dogmatique plus ou moins compliquée, une pratique méthodique proposée à l'esprit pour arriver à l'état de perfection, au salut. Pour l'idéalisme platonicien, la connaissance, l'amour de la sagesse a un but positif en elle-même, elle est vraiment la recherche de la vérité.
CONCLUSION
Dans les anciennes religions des Indo-Européens nous trouvons presque partout une divinité assez semblable : un dieu suprême de la nature '. Ce n'est pas ici le lieu de citer les différentes formes qu'elle a prises chez tous les peuples. Nous constatons seulement que lorsque les deux plus grands génies religieux indo-européens, en dehors de ceux qu'a produits le christianisme, ont voulu décrire la félicité éternelle, cette divinité suprême n'a pas suffi. Nous devons rechercher le ca-
1. J. Darmesteler, Le dieu suprême des Aryens dans les Essai$ orientaux, p. 105 ss.
ractère religieux de leur victoire sur la mort dans les formes étranges d'une « doctrine de salut » sans sauveur, et d'un « amour de la sagesse » ?iXo?oç(a, plutôt que d'un amour pour un Dieu déterminé. Bouddha et Socrate, chacun d'une manière caractéristique, ne présentent pas les notions que nous sommes accoutumés à trouver dans les religions. Mais cela n'empêche pas que tous les deux aient une place dominante dans l'histoire des religions.
Un seul peuple parmi les Aryens, un seul parmi les Sémites, quoique tous deux aient été chassés de leur patrie, ont été fidèles à leur dieu national. Pour le petit nombre des descendants des antiques zoroastriens, les Parsis très cultivés de Bombay, Ahura-Mazda, le « Tressage Seigneur», est le dispensateur de la plus haute félicité qu'ils puissent imaginer. La culture mazdéenne seule a, comme nous l'avons déjà vu, atteint son développement religieux le plus élevé sans avoir pris scandale de son dieu. Mais, malgré la pureté de sa foi en Dieu, et malgré sa saine morale, les prophètes de Mazda n'ont pas connu les sommets et les profondeurs de la vie religieuse comme ceux dont nous venons de parler.
Une seule fois dans l'histoire des religions, chez les Sémites, nous trouvons une piété qui a pu sonder les profondeurs les plus obscures du sentiment religieux et s'élever aux sommets les plus lumineux de la félicité, sans avoir eu besoin de changer le Dieu de ses pères contre un autre conducteur. Les peuples les plus avancés en civilisation parmi les Aryens ont trouvé, dans la connaissance de ce Dieu, le « Père céleste »,la félicité, la vie éternelle que leurs dieux du ciel avaient été incapables de leur donner.