‹ La vie future d'après le MazdéismeChapitre 23 sur 242 · G. Turaer, Samoa, p · texte numérisé non relu

G. Turaer, Samoa, p

2* De Bovis, dans la Revue coloniale, 1855, p. 511 s.

34 A phrenologist amongst Ihe Todas, p. 9, 125 ss., 54, note 2.

das auraient emprunté un grand nombre de leurs termes religieux aux brahmanes.

La richesse, la position sociale. — Deuxièmement, la richesse, le rang, le bonheur se continuent après la mort ; nous en avons déjà vu plusieurs exemples. Chez les anciens Égyptiens, la situation et les trésors avaient une grande importance pour assurer la continuation de la vie après la mort; car seulement les riches pouvaient faire les frais de leur enterrement. Nous voyons là combien les deux points de vue : la condition de l'existence terrestre et le genre de funérailles, tiennent ensemble. La science nous oblige à distinguer ce qui dans la réalité se trouve intimement uni.

D'après les textes égyptiens sur lesquels s'appuie Maspero (Études, I, p. 346 ss.), dans le royaume des morts, Amenti, où se trouve « un soleil verdâtre sans ardeurs et sans éclat », « de l'eau chaude à ne point boire ou croupie et infecte », « une atmosphère lourde, pesante, chargée de tempêtes », « où des serpents et des crocodiles sortent des marais », les riches et les nobles seuls parviennent aux oasis, les jardins d'Aalou, et le champ des offrandes, où la vie était délices et bonheur 1 . Les Indiens du temps des Védas croyaient que les puissants trouvaient la félicité chez Yama. Il n'était pas question des âmes innombrables qui s'en allaient dans les profondeurs de la terre ou dans d'autres lieux. Du temps de Cicéron et de Tacite, c'était l'opinion générale à Rome que les gens du commun descendaient dans Yinferum, tandis que les premiers de la nation montaient dans le ciel, in coelum, avec les dieux *. D'après un ouvrage qui date du xvi° siècle 3 , il existait

i. D'après E. A. Wallis Budge, The Book of the Dead, translation, p. exu s., Sekhet-Aaru, « Fields of Reeds », est une partie de Sekhet-tfelep, « Fields of Peace ».

2.Roscher, Lexikon, II, 1, 261. E. Beauvois, R. H.R. t X,l s., conclut d'un passage des Moralia, de Plutarque, que '< les grandes âmes » chez les Gaulois étaient transportées après la mort à « l'île des héros » dans la mer occidentale, tle appelée aussi « l'Ile des vivants », « l'île de la jouvence », etc. Il y est probablement question des légendes celtiques sur les voyages de quelques vivants en des lieux mystérieux.

3. Miguel de Loarca, Relation des lies Philippines. Ternaux-Compans, Archives, I, 31.

chez les Philippins une croyance montrant nettement le lien entre la fortune du défunt et sa destinée dans l'autre monde. Toutes les créatures humaines allaient dans le môme sombre royaume des morts, mais les pauvres seuls y restaient, personne n'offrant de sacrifices à leur intention. Dans d'autres pays, le rapport entre la situation du défunt en cette vie et celle qu'il occupe dans la vie future est plus direct et ne dépend pas des survivants. Les Tlascaltecs de l'Amérique 1 croyaient que les nobles étaient changés en étoiles et en oiseaux merveilleux, et les autres, en insectes et en objets répugnants. Nous avons déjà dit que les Indiens de l'île Vancouver et les Ashantis ne font demeurer avec les dieux que les seuls chefs. Dans le royaume de la mort, Ambondrombé, que les Hovas ont hérité des Betsileos, les âmes prennent place d'après leur caste*. Chez les naturels des îles Tonga, comme nous l'avons dit, les morts sont partagés après la mort en quatre classes, selon leur état dans le monde.

Les dons naturels. — Troisièmement, l'homme encore très rapproché de la nature cherche quelles sont les raisons des inégalités de la condition humaine. Le fort, le courageux, l'habile réussit dans la vie; il se tire également d'affaire après sa mort. Sur le chemin du royaume de la mort il y a des dangers à éviter. Les Iraniens ne sont pas les seuls à traverser le fleuve des morts et le pont où l'on a le vertige. Les Germains, qui leur sont si visiblement apparentés, doivent passer à gué un torrent bouillonnant*. Des mythes semblables se trouvent dans toutes les parties du monde et en tous les temps. Le sombre chemin de la mort est rempli d'animaux sauvages, de monstres et de toutes sortes d'épreuves, de démons et d'hommes menaçants qui tourmentent, peut-être même mangent la pauvre âme, aussi bien chez les anciens Égyptiens que

1. 11. 11. Bancroft, The native races of tke Pacif. Slates of America, t. III, p. 512.

Page 1