Die Worte Je su, I, p. 127 ss
LA VIE ÉTERNELLE OBTENUE PAR i/uNION AVEC DIEU 407
d'y être jeté (Matthieu, 18, 8 s.). « Entrer dans la vie » (Marc, 9, 43) est la même chose qu'entrer dans le royaume de Dieu (eiç tyjv PaatXeCav xoO 8eou, Marc, 0, 47).
Les paroles de Jésus, dans les Sy hop tiques, désignent par les mots « vie éternelle » et « la vie » pour les fidèles le royaume de Dieu, le règne absolu de Dieu, que Jésus attendait comme un don de Dieu. Le royaume de Dieu a toujours une valeur eschatologique dans la prédication de Jésus l . Mais sa puissance existe déjà (Luc, l7, 20; voirDalman, p. 116 ss.). Le royaume de Dieu est, pour JésUfe, si contradictoire que cela paraisse, en même temps quelque chose de futur et d'actuel*.
La différence entre les Synoptiques et Jean au Sujet de la « vie éternelle » ptéchée par Jésus, n'est doric pas (taMgrê leur dissemblance très marquée) aussi radicale qu'on aurait pu le penser, surtout si nous admettons pour l'Évangile de Jean la rédaction spi ritualisante préalable d'un ouvrage johannique fondamental, tci nous observons les différences à l'égard du temps. Dans les Synoptiques, la vie éternelle est considérée comme quelque chose de futur, dans le quatrième Évangile comme quelque chose de présent. Mais la puissance du royaume de Dieu agissant déjà (Matthieu, 12, 28) et devant bientôt soumettre tout à sa domination, l'idée de la vie éternelle, accordée dès maintenant, n'est pas quelque chose d'extraordinaire pour les Synoptiques (Matthieu, 16, 28, comparer v. 25). Et de même Jean peut parler de la vie éternelle comme quelque chose à venir (12, 25).
Philon aussi connaît le terme de Çwyj aU&vioç (De profugis, édition Mangey, I, 557), Çg>yj àfôtoç (/. c, p. 560). Mais elle n'est pas caractéristique de sa doctrine. Il employait de pures expressions helléniques qui manquent dans le quatrième Évangile : à<p6ap<j(a (De ebrietate, I, 379; Deprofugis, I, 554); àôavaToç (Moç, \iolpa (De profugis, I, 554), etc. Chez Jean, la vie éternelle des croyants est prêchée; Philon professe « la doctrine de l'immortalité de Yâme » (to wepl à<p9apa(aç ywffîq Soy^a ; Quod a Deo mittantur somnia, I, 648), a le genre immortel de