‹ La vie future d'après le MazdéismeChapitre 29 sur 242 · The hunting grounds of the Great West, 272 s · texte numérisé non relu

The hunting grounds of the Great West, 272 s

5. — Origines psychologiques de la connaissance de la survivance

de l'homme.

De l'exposé que nous venons de faire, nous pouvons conclure que l'idée de la continuation n'avait pas pour origine Tidée d'une justice divine se poursuivant au delà du tombeau. D'ouest donc venue cette idée dont l'universalité et l'ancienneté ne peuvent être niées?

Depuis l'épicurien Lucrèce, De natura rerum, on a donné aux rêves un grand rôle dans les représentations de la religion. Quelques savants modernes, après Tylor, estiment, et cela avec une certaine raison, que la croyance en la vie future a été une hypothèse de l'homme primitif pour expliquer les apparitions des morts dans les rêves.

On a aussi pensé que le respect des ancêtres persistait après leur mort et prenait la forme d'un culte, qui aurait engendré Tidée de la survivance. Nous ne connaissons pas d'époque où le culte des morts n'ait pas existé; mais si les morts étaient adorés, il fallait bien qu'ils vécussent; la foi en la vie future aurait été ainsi, d'après d'autres, une simple explication du culte que le sauvage conservait pour ses morts.

Plus nous nous enfonçons dans le passé et plus nous pénétrons dans la vie de l'âme humaine, moins nous pouvons nous arrêtera ce que nous appelons une hypothèse surannée ou une superstition, plus nous voyons les deux lignes se rencontrer dans un sentiment qui incontestablement appartient au cœur de l'homme de tous les temps, la relation ininterrompue avec le mort aimé ou redouté.

Le respect et rattachement ne meurent pas parce que la personne qui en est l'objet a rendu le dernier soupir. « Beaucoup d'eaux ne pourraient éteindre l'amour et les fleuves même ne le pourraient submerger ». « L'amour est fort comme la mort. » L'auteur du Cantique des Cantiques ne va pas jusqu'à dire : l'amour est plus fort que la mort. Mais les Skaldes du Nord l'ont fait, même lorsqu'ils ne voyaient devant eux qu'un sombre pays des morts, la demeure de Hel, sans penser à la salle brillante d'Q/>enn. Helge et Sigrûn se rencontrent dans le tumulus. Quoique des blessures sanglantes couvrent la

poitrine du guerrier, il est encore dans la mort son époux et elle reste son épouse, Volsungakvipa en forna, 43 s. Sigrûn entre dans le tumulus en chantant :

Fyrr vilk kyssa konung ôlifpan an blôpogre brynjo kaster.

« Que lu m'embrasses, roi mort, avant de jeter la brugne ensanglantée. »

— Goj&rûn ne peut pas se consoler lorsqu'elle pense à son époux tué (Goprwiarhvçt, 19) :

Minsk pu, Sigwpr, hvat mœltom vit, pas vit a bep bœpe sâtom, at monder min môpogr vitja haïr 6r heljo, en ek or heime pin.

« Te rappelles-tu, Sigurj&r, ce que nous disions, lorsque nous étions assis tous les deux sur le lit, que nous irions nous voir, toi de la salle de Hel, moi de la maison. »

Avec tout le développement de leur poésie artificielle et avec toute leur philosophie pratique, ces pirates et ces petits tyrans de la Scandinavie occidentale n'étaient que des barbares. Mais pourquoi placer le sauvage si loin de nous? S'il voit en rêve ses morts, cela ne signifie-t-il pas que ceux-ci occupent une grande place dans ses sentiments et sa pensée? Lorsqu'il entretenait ce culte, ce n'était pas seulement pour se préserver du mort comme le soutiennent Frazer et les savants contemporains en général, mais avant tout afin de continuer les relations avec eux, comme l'affirme Robertson Smith, dans son ouvrage si célèbre : The Religion of the Sémites*. Les repas des morts, un des usages de ce culte, devinrent vite pour les Grecs et les Iraniens, comme partout, des fêtes de

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