Sacred Books of the East, XXXII, p
6. K. h\ Johansson dans Nordisk Tidskrift, 1895, Ny Foljd VIII, p. 410 é
reçoit les ancêtres à l'endroit où il boit avec les dieux sous un arbre aux larges feuilles (Rigvéda, X, 138, 4). H n'est pas étonnant que le sens apparent et l'interprétation postérieure aient amené, d'une part, E. Siecke, /. c, à faire de Yama, le premier des morls, dieu du soleil, à l'origine, d'autre part, MM. Hillebrandt el Hardy 1 , à en faire un dieu de la lune.
Le contraire a lieu pour Nergal, le dieu du soleil des Chaldéens. Aux morls qui se trouvent en sa puissance peuvent être appliquées les paroles du livre d'Ésaïe (14) surBabylone, qui voulait monter aux cieux, élever son trône par-dessus les étoiles et prendre place sur la montagne des dieux 1 , mais qui doit être jetée au fond des sépulcres. La représentation de la demeure du soleil a été pénétrée de l'idée sémile d'un royaume des morls sombre, comme le royaume de Yama a été transformé par l'influence du mythe solaire indo-germanique. Le lieu des morts d'après les inscriptions cunéiformes est situé soit sous la terre, soit au loin. Les deux représentations sont parallèles. Le lieu de délices, où §it-napistim est transporté après le déluge, se trouve à l'orient 8 , comme le Tlalocan des Mexicains. Très loin, à l'occident, étaient situés
les Champs Elysées et « l'île de la jeunesse » et « de la vie » des Gaulois. Mais à l'origine tous ces endroits fortunés n'avaient aucun rapport avec les morts. Là étaient transportées certaines créatures favorisées des dieux qui sont restées vivantes. Nous en reparlerons plus longuement au cinquième chapitre de ce travail.
La vie dans la lumière, dans les régions lointaines, correspondait évidemment mieux que la vie de la tombe à l'idée de la victoire de la vie sur la mort. Mais la nature ne montre- t-elle pas tous les jours une victoire encore plus belle de la vie sur la mort? Le soleil qui disparaît tous les soirs ne reparaît-il pas chaque matin? Pourquoi le mort ne renaîtrait-il pas avec le soleil? C'est une pensée qu'on trouve ehez plus d'un peuple.
1. Die vedisch-brahmanische Période der Religion des altcn Indiens,
p. 106 ss.
2. = Arâlû, la montagne des dieux selon les Babyloniens, d'après A. H. Sayce, Lectures on the origin and growth of religion, 3 e éd., p. 360.