P. Jensen, Die Kosmologie der Babylonien, p. 225, 213 ss
Les mystérieuses allusions à la renaissance de la vie qu'on trouve dans les textes chaldéens sont, au moins en partie, fondées sur les mêmes prémisses. Un hymne d'exorcisme dit que Ninib, le dieu du soleil, peut ramener celui dont le corps a été porté au pays des morts. Il faut rattacher au même ordre d'idées la résurrection des morts, muballit-mîtè 1 , qui est attribué, dans les écrits cunéiformes à plusieurs dieux : Nebo, Gula, l'épouse de Ninib, Marduk. Ce dieu renouvelle ce quia vécu et, le soir*, a rencontré la mort. Istar peut briser les liens de la mort 3 .
Ces exemples n'appartiennent pas à la série de croyances que nous étudions ici, ils relèvent du cinquième chapitre de notre travail. J'ai cru devoir en faire mention ici pour marquer une séparation nette entre cette renaissance à la vie avec la divinité du Soleil et une autre espèce de « résurrections », qui se trouve également chez les Chaldéens, quelquefois confusément mêlée à l'idée plus élevée d'une vie avec le soleil. Les représentations qui sont inspirées par réternel renouvellement des dieux du Soleil et de la Lune nous occuperont dans la dernière partie de ce travail, parce que ce sont des exemples d'une vie éternelle acquise par le contact avec la divinité. Elles doivent être séparées de l'usage fort répandu dont nous avons parlé plus haut, et qui implique simplement la continuation de la vie, savoir l'usage de crier pour faire revenir l'âme du mort dans le corps. Les exorcistes de la mort étaient une classe particulière des prêtres chaldéens 4 , quoique le royaume des morts portât le nom de Kur-nu-gi, terre sans retour 5 . Les hautes spéculations de la théologie solaire se sont ici mêlées aux habitudes de sorcellerie de l'animisme primitif.
La conception que nous étudions a atteint son plein développement chez les Égyptiens, surtout dans leurs spéculations sur le sort du mort, qui suit Râ, le dieu du Soleil, dans son