Jensen, l. c, p
voyage et qui lui-même porte le nom du dieu du Soleil. Le cours du soleil devint pour les Égyptiens une image de leur propre vie. De là, le retour incessant, sous mille formes variées, de cette même pensée : n Toibel être, qui te renouvelles toi-même en ton temps, sous la forme du disque du soleil, dans ta mère Hathor '. » Mais nous touchons ici à ce qui nous occupera dans notre dernier chapitre. Cette existence à venir n'est pas quelque chose qui soit dans la nature de l'âme, sans signification religieuse; ce n'est pas non plus une rétribution à proprement parler, mais une vie due à l'aide des dieux et à la présence du mort auprès d'eux, quoiqu'un grand nombre de textes puissent faire croire que l'âme, le «ba, ba-nuter », opère son renouvellement par sa propre vertu, car voici l'expression de la théologie égyptienne : moechatur in se ipso, il conçoit en soi-même*.
Note sur la Distinction à faire entre la philosophie animiste, impliquant 1 idée de la survivance (ou de l'immortalité) de l'âme et le libre Jeu de la mythologie. — Avant que la spéculation, à ce sujet, sous cette forme ou sous une autre, avec une signification religieuse ou à un point de vue purement métaphysique, en Egypte, en Grèce et dans les Indes, se soit occupée de ce que nous appelons l'immortalité de l'âme, la croyance en la continuation de la vie a ouvert un immense et merveilleux champ à l'imagination poétique. Nous cherchons, dans cette élude, à séparer la doctrine de la simple continuation de la vie d'avec l'application morale et religieuse de l'idée de la vie future. Mais il ne nous faut pas oublier que la continuation n'était pas inspirée seulement parle désir de perpétuer les relations avec les morts ou par le sentiment du triomphe que la vie doit avoir sur la mort. La religion et la mythologie doivent être séparées. « La première sera utile, la poésie sera agréable 1 ». « En religion, les Australiens même sont sé-
i. Hymne, traduit par Budge, /. c, p. xcvi.