‹ La vie future d'après le MazdéismeChapitre 45 sur 242 · DANS LE MAZDÉISME · texte numérisé non relu

DANS LE MAZDÉISME

Introduction.

Avant d'aborder l'élude de la doctrine du mazdéisme sur la rétribution dans la vie future, il nous faut dire quelques mois de la manière dont nous nous servirons des sources mazdéennes.

La littérature mazdéenne se divise chronologiquement en deux parties : la littérature canonique et la littérature postcanonique, qui elles-mêmes se partagent chacune en deux classes d'écrits.

Littérature canonique. — La littérature canonique ou avestique se compose de notre Avesta actuel qui n'est en somme qu'une collection de fragments des Nasks (livres) de l'Avesta sassanide, conservés grâce à la place qu'ils occupaient dans la liturgie. Il comprend : 1° les Gftthas, morceaux en vers, restes d'une ancienne littérature plus considérable, écrits daijs un dialecte plus archaïque que la langue avestique proprement dite ; et 2° l'Avesta postérieur.

La chronologie des écrits avestiques est, comme on le sait, des plus contestées. Quant aux Gàthas, nous croyons devoir les attribuer, au moins en partie, à une époque très ancienne, antérieure au royaume des Achéménides f . Pour l'Avesta pos-

1. Nous croyons devoir expliquer le caractère théologique de ces écrits autrement que par la date tardive proposée par J. Darmesteter

térieur, il contient des éléments de dates fort différentes, depuis les antiques morceaux tels que le Hôm Yast dans le Yasna, 0-11, le second chapitre du Vendîdâd, le Yast y 8, consacré à la déesse Anàhita, des parties du Mihir Yast et du Zamyâd Yast jusqu'aux développements casuistiques du Vendtdâd et jusqu'aux plus banales invocations du Yasna ou jusqu'aux spéculations du Vendtdâd, 10 et du Yast, 11, sur le pouvoir des formules sacrées, etc. Le terminus adquem est le ni* siècle après J.-C, c'est-à-dire l'époque où l'orthodoxie sassanide éprouva le besoin de fixer un canon qui fût comme une barrière devant les hérésies, besoin qu'ont ressenti d'autres orthodoxies à certaines heures.

Dans l'état actuel de la science, il est impossible de dresser un tableau chronologique des écrits avestiques. Il y a là un travail considérable à faire pour analyser et classer les textes d'après le mètre, la diversité des styles, les modifications ou même les différence de langue, etc. Mais même en admettant que ce travail fût mené à bon terme, il ne faudrait pas en attendre des résultats comparables à ceux qu'on a obtenus pour les textes hébraïques. Cela tient principalement à l'absence d'indications historiques et ensuite à la manière dont a été rédigé l'Avesta. Ce sont des réminiscences de tous genres soudées l'une à l'autre tant bien que mal, pour des raisons tout à fait extérieures et par des gens qui ne se préoccupaient pas toujours de trouver le sens des textes avec lesquels ils opéraient leur compilation.

Comme nous venons de le dire, notre Àvesta actuel n'est qu'un reste du grand Avesta, dont nous ne possédons dans leur intégrité que deux Nasks. le premier, Slôt Yast, comprenant les Gàthas et quelques autres chapitres de notre Yasna, et le dix-neuvième, qui est ce que nous appelons le Vendiddd. Le caractère fragmentaire de notre Avesta est prouvé : 1* par la tradition; 2° par le fait que différents écrits pehlvis contiennent des citations avestiques étrangères à l'Avesta actuel. Ainsi on n'y retrouve que cinq des vingt-neuf passages avestiques cités dans 1' « Aogemaide », le célèbre sermon pehlvi sur la mort.

Littérature p os t- canonique. — La langue avestique est une langue sœur de celle des inscriptions achéménides. Celle-ci commençant déjà sous les derniers rois achéménides à faire place à la langue qui en est dérivée, le pehlvi, le besoin se fit sentir de traduire la littérature avestique en pehlvi, de la transposer de la langue ecclésiastique en langue parlée. Outre une quantité considérable de ces traductions, nous possédons toute une littérature religieuse en pehlvi, dont certains écrits peuvent nous dédommager jusqu'à un certain point de la perte de la plus grande partie de l'Ave s ta sassanide. Ainsi les livres VIII et IX du Dinkart) collection pehlvie, résument le contenu des Nasks ou livres de la traduction pehlvie de TAvesta sassanide; le contenu du Ddmdât Nask et du Citradât Nask nous est en partie conservé dans le Bundahis; le livre VII du Dlnkart et Artd Vlrdf Nâmak viennent sans doute du Spand Nask; le Boris Nask a certainement été une des principales sources du Minô4-xrat, Dlnâ-i Mainôg-t xirat, « doctrines de l'esprit de sagesse »; l'auteur ou les auteurs* du èâyast là êâyast (« 11 faut, il ne faut pas ») se sont servis de l'Avesta originaire, etc. L'âge d'or de la théologie pehlvie fut le rx° siècle après J.-C, date du Dtnkart, commencé par Atûr-Farnbag, et de la version plus complète et plus ancienne du Bundahis. C'est alors que Mânùscîhar écrivait le DAtistânA Dtnik et ses épitres et que son frère Zât-Sparam écrivait les trois traités traduits par West sous le titre de Sélections of Zât-Sparam et que Martânfarux rédigeait sans doute le èikand-gûmdnîk Vij Ar « explication brisant le doute », etc.

La seconde partie de la littérature post-canonique est écrite en persan, persan qui, quelquefois, conserve beaucoup de traces du pehlvi. Certains écrits persans comme YOulamâ-i Islam, le Saddar, des Rivdyats, c'est-à-dire des collections de traditions religieuses, etc., ont aussi quelque importance pour la connaissance du mazdéisme. Comme une portion considérable de la littérature pehlvie, cette littérature mazdéenne en persan n'est pour ainsi dire que la reproduction de traditions pour la plupart anciennes*.

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