INTRODUCTION O
ont élé observés parles anciens eux-mêmes. Encore davantage, en trouvons-nous une partie dans le mazdéisme lui-même, qui, après l'époque de sa première floraison, a adopté une quantité de conceptions ethniques, ou bien les a tolérées, malgré leur désaccord avec les doctrines fondamentales de la religion supérieure. Même lorsque des usages et des rites, les rites funéraires par exemple, ont été interprétés d'une façon très différente, parfois contraire à leur sens primitif, l'œil attentif et expérimenté peut, sans difficulté, dégager les conceptions primordiales auxquelles ils répondent.
J'ai essayé ailleurs 1 de reconstruire les croyances iraniennes antérieures au mazdéisme, au sujet du sort de l'homme après la mort. Je reproduirai d'abord les éléments de cette reconstruction qui nous importent ici dans l'étude que nous entreprenons sur l'eschatologie mazdéenne. Ces croyances nous feront connaître le sous-sol sur lequel s'est élevée la doctrine proprement mazdéenne.
Nous chercherons ensuite dans les autres religions les croyances ou les pratiques correspondantes et de même ordre, propres à éclairer par comparaison notre intelligence des premières croyances iraniennes. Alors seulement, nous pourrons aborder avec fruit la doctrine mazdéenne proprement dite, en ce qui concerne les destinées de l'homme après la mort.
De même, en ce qui concerne les destinées finales du monde, nous trouverons derrière l'eschatologie mazdéenne proprement dite l'idée d'une fin physique du monde dépourvue de sens moral et religieux, eschatologie
i. N. Sùderblom, Les Fravashis, étude sur les traces dans le Mazdéisme d'une ancienne conception sur la survivance des morts. Paris, Ernest Leroux, 1899. (Extrait de la Revue de l'Histoire des Religions, t. XXXIX, p. 229-260, 373-418.)