‹ La vie future d'après le MazdéismeChapitre 56 sur 242 · Victor Rydberg, /. c, I · texte numérisé non relu

Victor Rydberg, /. c, I

4. Td\drvgvatô... mzduë. F. Spiegel évite l'étrange rapprochement : « véridique » de « l'impie » en interprétant « ta » comme neulr. plur. et en traduisant : Ladaénase rappelle u die Angelegenheilen der Guten und der Schlechten ». Mais il s'agit évidemment de la daêna de V impie, non de toutes les daénas.

5. Marddaitij pehlvi huèmerîgad de nwra, se souvenir. Voir le commentaire de Spiegel. Darmesteter traduit : la daéna « est comptée » ou a rend compte » .

Cinvat » [Yasna, 6i, 13). Le mot xrud, désignant un bruit, un murmure et signifiant : « gémir, soupirer, pleurer » a si bien pris un sens particulier que le chantre peut dire dans la Gâtha Vahistôisti {Yasna, 83, 8) que ceux qui font le mal « seront parmi les gémissants », sous-entendu, sur le pont. C'est là aussi que la conscience de l'impie gémit, d'après une autre Gâtha (46, 11). Le verset précédent, dont le sens est encore moins clair, nomme aussi le pont Cinvat et semble se rapporter à l'assurance de l'homme pieux lorsqu'il y arrive. « Avant que le pont du monde ne soit devant lui », le poète demande dans la Gâtha de l'Esprit bienfaisant [Yasfia, 48, 2) à recevoir la révélation sur la manière dont il doit combattre le mal. L'emploi que les Gâthas font du pont Cinvat est d'autant plus remarquable qu'elles omettent en général les termes et les représentations de la croyance populaire. Aucune autre des grandes religions n'a développé le mythe du pont des morts. L'Islam, qui a emprunté son pont de Sirât aux Iraniens 1 comme moyen de séparer les bons et les méchants, lui attribue une signification infiniment moins importante. La théologie des Gâthas repousse tout l'appareil des épreuves etc., avant le pont et à côté de lui. Ici Sraosa n'est pas même nommé comme l'auxiliaire des morts. Le poète de la Gâtha Spanta Mainyu n'attend, dans cet hymne, rien moins que l'aide du Seigneur et de ses anges, ce les bienfaisants Immortels », comme ils sont appelés plus tard, au pont Cinvat : « Avec prière à vous 1 , je me joins à vous (quiètes) pleins d'amour, forts, 6 Très sage [Mazda, vocatif), et toi, Piété (Asa, vocatif), puissants (ugrang) par le Bon Esprit ( Vohû Mananhâ, inst.), quand ma marche (va) au pont* où (je prie que) vous veniez et me soyez en aide » [Yasna, 80, 7).

Le pont Cinvat dans l'Avesta postérieur. — L'Avesta ultérieur aussi, parle souvent du pont Cinvat. Ainsi il est

1. Cette supposition m'a été confirmée par l'émînent arabisant M. I. Goldziher. Cpr. Patct do l'Iran, 30, A. M. G., XXtV, p. 179.

2. Ou bien « votre prière ». II faut peut-être l'interpréter d'après le Yasna 19, 6, où la plus sainte prière du mazdéisme, Ahuna Vairya, est commentée : celui qui la récite comme il faut, « je porterai son âme, dît le Seigneur, au-dessus du pont Cinvat, moi, Ahura Mazda ».

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