‹ La vie future d'après le MazdéismeChapitre 58 sur 242 · Geschiedenis, II, 149, avec renvoi à Yasna · texte numérisé non relu

Geschiedenis, II, 149, avec renvoi à Yasna

qu'il adressait lui-même, versel 3, au Seigneur comme ses pères, v. 5 s. Les mystiques du moyen âge aspiraient à « die himmlische Pfalz des ewigen Lobes »\ L'auteur d'un hymne des Gâthas exhorte ainsi les fidèles (Vasna, 45, 8) : « Déposons des prières (vahmBtig), devant lui, dans Garôdamâna. » Lehmann* traduit Garônmâna, d'après le sanscrit guru, par « la maison des récompenses ». D'après Justi on devrait le traduire, à l'aide de la racine gur qui signifie être lourd, par « la maison de la majesté ». Quelle que soit Tétymologie de gara, le sens de chacun des deux mots dont Garôdomàna (Garônmâna) est composé a évidemment été compris par les auteurs de l'Avesta. Dans les Gâthas, l'ordre des mots est quelquefois renversé, ddmând gara {Yasna, 48, 8; 50, 4), suivant la coutume de celte poésie théologique qui cherche un ordre compliqué des mots, non seulement pour satisfaire au mètre, mais aussi pour donner au verset un cachet plus savant.

Le ciel est d'après les paroles que la Gâtha « du bonheur » (Yasna, AS, 16) attribue au prophète s'adressant à son disciple et beau-père, Fraéaoêtra, « le lieu des désirs, » varddamâna, là où « tous les souhaits sont remplis », comme l'affirme le commentaire pehlvi. En pehlvi, « la demeure des hymnes », est devenue un nom propre : Garôtmdn.

Vahista. — Souvent le ciel est tout simplement désigné par ce mot : « le mieux », vahista. On en trouve l'explication dans le Vlspered, 23, 1 , où tout ce qui est « le meilleur » est invoqué depuis « le meilleur » Ahura Mazda : vahistjm ahûm aéaonqm, « la meilleure existence des fidèles ». La demeure pleine de chants du Seigneur très sage, est, pour l'Avesta, « la meilleure existence des hommes pieux » (Vtspered, 7, 1). De là se forma en pehlvi cet autre substantif, pour désigner le paradis, vahist, bahisty qu'on trouve encore aujourd'hui dans la langue persane, w^H-j. Ce qui suit montre combien l'origine d'un mot

et sa signification primitive peuvent être oubliées. La tradition postérieure distingue souvent, comme nous le verrons, entre le vahist et le garâtmdîi, vahist désignant les trois

i. H. S. DeniQe, Dasgeistliche Leben, 4« éd., p. 480 4 2. Kultur og Religion i Avesla, p. 70.

degrés inférieurs du paradis (vahist est aussi le nom du paradis biblique, du paradis d'Adam, Sikand, il, 152), et garôtmân désignant le quatrième degré, la suprême félicité auprès de Dieu. Dans le éâyast, 6, 3 s. , le terme vahist figure à côté d'une autre expression : pahlûm ahvdn qui est donc mise pour garôtmân. Pahlumahvân signifie : « l'existence la meilleure », simple traduction de vahist !

Le caractère du bonheur céleste.

La félicité du ciel dans le mazdéisme est un bonheur comparativement pur et élevé. L'Avesta écarte les images grossières et sensuelles.

L'aliment oéleste. — Il est vrai que le Hâtôxt-Nask parle d'une boisson céleste ou d'une nourriture céleste, de même que la plupart des mythologies connaissent un aliment pour les dieux et les bienheureux. Les Iraniens qui mettaient leur gloire en l'élevage du bétail ne trouvaient pas de nourriture plus excellente que zaramaya rao^na, « le suc du printemps, le beurre du printemps », ou bien « la crème du printemps», appelée dans le Mînôîxrat maidyozarm raogan, « le suc du milieu du printemps ». A présent on l'appelle mtnorôyan, et l'on croit qu'un gobelet rempli de ce liquide est donné par Yohu Mano au fidèle à l'entrée du paradis, afin qu'il oublie tous les soucis de la terre 1 . Le produit de l'agriculture, désigné ainsi, n'était évidemment pas le même que notre beurre.

Une autre boisson céleste, le hué, d'après l'Artâ Vîrâf Nâmak 10, a été transportée au ciel, tandis qu'originairement elle figurait au renouvellement du monde; c'est selon Haug la même chose 1 que le suc du printemps.

Pourtant nous n'avons pas besoin du commentaire pédantesque du Thomas d'Aquin du mazdéisme, pour expliquer l'emploi de ce mot : le suc du printemps dans le Hâtôxt- Nask, comme un trait poétique plutôt que comme un témoignage d'une conception matérielle. Mânûscîhar écrit dans le

1. Haug, Sitzungsberichte der Akademie der Wissenchaften zu Mànchen, 1870, I, p. 342, note 17.

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