‹ La vie future d'après le MazdéismeChapitre 59 sur 242 · Hauç and West, The book of Ardd Virdf, 159, note · texte numérisé non relu

Hauç and West, The book of Ardd Virdf, 159, note

Dâtistftn, 31 : « La jouissance spirituelle est dans le ciel égale à la jouissance physique que procure sur la terre un repas abondant. Maidyok-zarem désigne pour les êtres terrestres la nourriture la plus excellente que Ton puisse imaginer pour le corps. Mais seule la possession de la connaissance peut donner ici-bas une idée du ciel ».

Déjà pour l'Avesta (Yasna 88), les saintes hymnes gâthiques sont les vêtements et les aliments des fidèles. La dénomination de « corps rayonnants », xvdbravaitts tanvâ, qui figure dans le petit fragment en vers, Yasna, 60, 11, à côté d'urvqnô, les âmes, en connexion avec «le meilleur monde », le paradis, ne prouve rien contre le dogme avestique, de l'âme, immatérielle, mainyava, allant dans le 'monde immatériel, ciel ou enfer, tandis que le corps reste dans le monde corporel, anhus astvâ. Le texte n'est pas assez clair pour qu'on puisse en donner une interprétation qui ne laisse place à aucun doute. Peut-être s'agit-il de la jouissance de l'âme (syâtô urvqnô), et de la splendeur du corps dans cette vie, à laquelle la félicité céleste va être ajoutée plus tard ; peut-être s'agit-il du corps renouvelé que les hommes pieux, par leurs bonnes actions, retrouveront à la fin du monde dans la félicité éternelle (Ddtistân, 94). Ce n'est que plus tard en effet, dans le Ganjesâyagân, qui date peut-être du vi° siècle, que nous apprenons que l'âme, lorsqu'elle quitte la terre, reçoit un autre corps, différent du corps incorruptible qui sera donné & chacun par Saosyant à la résurrection.

lia communion avec les divinités dans le ciel d'après l'Avesta. — Le bonheur, dans le ciel du mazdéisme, consiste avant tout à être avec le Seigneur, « oui, en vérité 1 dans les mondes, où demeure le Seigneur » {Yasna, 43, 3), dont le trône est entouré des six esprits supérieurs. « Frasaostra, va où le Devoir (ârmaiti) est attaché avec la Piété (aêa), ou la Royauté (xsabram) est selon le désir du bon [Esprit (vohu mano), où le très sage Seigneur [Mazda Ahura) habite dans le séjour du

1. « Véritablement » haihjmg (?). Milis dans The Thinker, 1892, II, 109, traduit « éternel ».

désir (vanàdmâna) » (Yas)ia, 46, 16). Nous reconnaissons ici les expressions caractéristiques des Gâthas.

Parmi tes drabans du Seigneur se trouve au premier rang Vohu Mano, « le bon Esprit ». C'est lui qui conduit 1 l'âme pieuse dans le ciel et lui donne un trône d'or, d'après une tradition, à laquell e il est fait allusion peut-être dans le Vendldâd, 19, ou bien qui a été créée plus tard d'après ce passage de PAvestaV Le ciel est appelé dans les Gàlhas la demeure {ddmdna) de Vohu Mano, le bon Esprit (Yasna, 32, 15).

Ensuite vient « la bonne Piété », ou « la meilleure Piété », Aéa Vafiuhi ou Vahista. « Les hauteurs [bardènùs) de la meilleure Piété » (Gâh, 2, 7)» et « les lumineuses demeures de la Piété » (xvanvaitîs Asahe vanzô, Yasna, 16, 7) désignent le ciel. Aéa en ouvre le chemin {Yast, 3, 3) 1 .

En dehors de Xéathra et d'Armaiti, qui viennent d'être nommés, il y a enfin les deux drabans supérieurs du Seigneur dont le rôle dans les conceptions mazdéennes sur l'accès de la vie future est très considérable et qui à d'autres égards encore doivent nous arrêter plus tard : Santé et Immortalité, Baurvatât et Amaratdt. Ils sont « la récompense des hommes pieux, quand ils ont abandonné leur corps » {Yast, i, 25). Ils sont probablement « les deux » qui « mèneront les obéissants à la demeure de Vohu Mauo » (Yasna, 32. 15). Atar, le feu, peut aussi faire entrer dans le ciel ( Yasna, 62, 6). En compagnie de ces esprits, des dieux et des saints l'àme jouit « du long bonheur » B , de la« longue possession » de la récompense ac-

1. Nous avons vu, plus haut, que Sraoèa était le guide de l'âme. Nairyôsanha a peut-être aussi été psychopompe, voyez C. P. Tiele, Geschiedénis, II, 70. Plus tard le dualisme est appliqué aussi à cet endroit. Les Amâaspands pour les hommes pieux et le druj pour les impies sont nommés comme psychopompes, Gujastak Abdlië, éd. A. Barthélémy,

ch. 7.

2. Sayast, 22. 29; Mînôixrat 2, 154; Sikand, 4, 93 ; Dâtistdn, 31, 25.

3. Non pas « les cimes », c'est-à-dire « les points suprêmes » de la sainteté (Darmesteler). Car le mot est employé dans le verset suivant pour désigner la hauteur du ciel, bardênvô avanhe.

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