‹ La vie future d'après le MazdéismeChapitre 60 sur 242 · Fragment Farhang 4. Cpr Tasna, 62, 0; YaU · texte numérisé non relu

Fragment Farhang 4. Cpr Tasna, 62, 0; YaU

cordée par « les bienfaisants Immortels » parmi lesquels on compte parfois aussi le Seigneur ( Yasna, 60, 6).

Le bonheur céleste d'après la littérature pehlvie. — La littérature pehlvie s'occupe naturellement beaucoup du ciel, « le seul lieu qui soit bon » (Sdyast, il, 3), où les hommes pieux sont vêtus des rayons de Dieu même (18, 30), où leur âme gagne sa couronne (Ddtistdn, 31) et où ils jouissent «d'un état sans faiblesse ni inquiétude, magnifique, joyeux de toute éternité « {Mtndîxrat, 40, 30). « Les fidèles ne vieillissent ni ne meurent, ils vivent sans trouble, exhalant un doux parfum, heureux, riches en contentement et bonheur », au milieu de vents odorants et de fleurs parfumées, les parfums étant d'un très grand prix pour les Orientaux. Jamais ils ne sont rassassiés de leur joie (Minôtœrat, 7, 13 ss.). Mais ces auteurs en reviennent toujours à déclarer que l'essence de la félicité céleste consiste à vivre avec le Seigneur, les archanges (= a les gracieux Immortels » Amsaspands), les anges (= « les divinités» Yezids) et les bienheureux (àdyast, 13, 8; Mtndîxrat, 7, 17; 40, 30).

d) L'enfer.

Si la notion du ciel est essentiellement spirituelle, de même que le dieu de la théologie mazdéenne est conçu comme esprit incorpore], invisible (Artâ Virâf. chap. IOI « vit une lumière et entendit une voix, mais ne vit pas de forme »), la représentation de l'enfer est, au contraire, essentiellement matérielle. L'enfer est moins ancien que le ciel. Et plus ce lieu est dépeint avec grossièreté, plus il est effrayant.

Dans l'Avesta. — Le mazdéisme n'a pas emprunté son enfer à la vie de la tombe, mais a créé une représentation nouvelle en s'inspirant des animaux malfaisants (xrafstra), que l'une des lois les plus sacrées du mazdéisme commandait de détruire. La culture de la terre et le service du Seigneur étaient intimement liés dans la religion de l'Avesta. Les cavernes de ces animaux [gdr9%a\ Vendîdâd, 3, 7) inspirèrent l'image de « la demeure de l'esprit le plus mauvais » (Yasna, 32, 13), ou de « la demeure du Druj », du démon mensonger, comme les auteurs des GAthas nomment avec prédilection «le

plus impur de tout, le plus effrayant enfer » ! . Néanmoins le nom de l'enfer n'a pas une origine naturaliste, mais bien religieuse. Il est appelé par opposition avec « le meilleur monde », « le pire monde, anhus acistô » ( Vendidâd y 3, 35) ou « le monde mensonger » ou « méchant », anhus daoianuho (Vendidâd, 19, 47), en un mot : « le méchant », duèanh (Yast, 19, 44)'. Sous le pont Ginvat s'ouvre le trou de l'enfer à côté du « col [griva) d'Arezûra » (Vendiddd, 3, 7), croupe de montagne dont le nom est rapproché par l'abbé Windischmann* de celui du démon Arzûr, battu par le premier homme Gayamaratan. La tradition place le col d'Àrazûra près du pays des Romains (Arûm) et le représente'comme une continuation d'Alburz (Bundahts, 12, 8 ss.).

La demeure de l'esprit du mal, Anra-Mainyu, « le lieu de l'amertume » (Yasna, 83, 6), est remplie des plus horribles images qu'aient pu concevoir les auteurs des Gftlhas : les ténèbres et la nourriture impure et empoisonnée (Yasna, 31, 20; 49, 11 ; 83, 6). Le premier de ces versets gàlhiques fait allusion aux paroles insultantes adressées par le Mauvais à chaque nouvel hôte à son entrée, selon le fragment du Hàlôxt- Nask. Ces paroles sont caractéristiques dans l'Avesta, dont le sec moralisme appauvrit l'imagination : « Apportez de la puanteur au jeune homme des mauvaises pensées, des mauvaises paroles, des mauvaises actions ». Voilà la troisième des horreurs qui font partie de l'enfer du mazdéisme : la puanteur repoussante. L'Avestaest peu prodigue de détails sur l'enfer; les données qui nous en sont parvenues sont résumées en quelques mots. Il y a toujours au moins l'obscurité. « Le monde obscur, fait d'obscurité, l'origine de l'obscurité », telle est l'expression trois fois répétée dans le Vendîdâd, S, 62; 7, 22;

1. Fragment Tahmuras, 40, 93. Annales du Musée Guimet, XXIV, p. 72.

2. Gfr. dao&ava, Ya$t, 4, 7. Le mystérieux mot dydoà dans le Yaêt, 3, 13 est rendu par Geldner, l. c, I, 29, tOô, par ce enfer ». Il correspondrait au div indien avec le sens de « ciel », comme deva désignait aux Indes « dieu », dans l'Iran </ démon ». Darmesteter voit dans dydoê l'ancien nom du ciel et il traduit : « Anra Mainyu se précipite du ciel », dogme qui n'est pas rapporté ailleurs dans l'Avesta.

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