Annales du Musée Guimet, XXIV, 163 s
et malade de la jaunisse et dans l'enfer et il ne me semblait point exalté. Et je vis un mendiant sans richesse et sans aide, dont l'âme était dans le paradis et il me semblait exalté»» La religion a découvert un puissadt moyen de maintenir son indépendance contre ses adversaires et contre tous les accidents. Elle s'en sert abondamment pour menacer et pour consoler. Seules la puissance et la force qui sont au service de la piété demeureront et gagneront la félicité {Fragment Tahmuras, 46-49). Il est d'autant plus étonnant que la religion des pauvres par excellence, celle des 'anâvîm, dans les Psaumes de l'Ancien Testament, ait pu si longtemps se maintenir et augmenter sa force vitale sans avoir recours à la croyance en une rétribution individuelle après la mort.
Les différentes conditions de la mort aussi bien que celles de la vie avaient déterminé auparavant des sorts différents dans la vie future \ Maintenant le pire genre de mort, la peine capitale, n'empêche pas nécessairement la félicité future du coupable. Les maux du corps et sa perte expient le péché et immédiatement sauvent l'âme*. Les pratiques funèbres rendent cette transformation encore plus frappante. Une partie des cérémonies funèbres qui sous le régime de la simple continuation était regardées comme utiles au mort, les lamenta* tions, les larmes, l'abandon de la maison ( FewrffofcW, I, 9), et la mutilation de soi-même pendant les trois jours après la mort (Dinkart, IX, 17, 4) ont perdu leur signification ; le mazdéisme, comme toutes les religions supérieures, les a même proscrites comme] des péchés et leur a appliqué les plus dures punitions de l'enfer. L'ancien fleuve de la mort, pour le passage duquel il fallait aider les morts, a disparu. Le fleuve qu'Artâ Ylrâf voit dans l'autre monde (chap. 16), est formé seulement des larmes versées sur les défunts. Mais certains usages des enterrements ont été conservés par le mazdéisme, de même que quelques églises chrétiennes les