‹ La vie future d'après le MazdéismeChapitre 66 sur 242 · Voir les pages 37 ss · texte numérisé non relu

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2. Annales du Musée Guimet, XXII, 172, note 58. Patet d'Iran, 3. Sdyast 8, 6. Il est ordonné par l'archiprêtre que la tète du coupable soit coupée pour qu'il devienne juste I

ont fait servir à leurs fins \ Dans son conservatisme, il est loin de « la religion des pauvres » qui va jusqu'à intervertir les situations, de l'homme riche qui fut enseveli et du pauvre Lazare qui mourut et fut porté par les anges dans le sein d'Abraham. Le mazdéisme est encore plus loin de l'esprit qui a dicté ces paroles : Laisse les morts enterrer les morts, mais va et prêche le royaume de Dieu !

2. — Le développement de la doctrine mazdéenne de la rétribution.

Dans la conception des rapports entre la rétribution dune part et le péché ou la piété d'autre part, le mazdéisme a subi à partir des hymnes des Gâthas un double développement: 1° concernant la rigueur de la rétribution ; 2* concernant les degrés de la rétribution, développement qui est pour notre travail du plus grand intérêt.

a) La rigueur du dualisme moral dans les Gâthas , mitigée par

la pénitence.

Dans les Gâthas. — Les anciens prêtres-poètes, tout occupés de leur but pratique, ont fait une séparation tranchée entre les bons et les méchants. Il fallait effrayer les chefs ennemis ou indifférents pour les rendre soumis à leur doctrine et fervents pour leur cause. La littérature des Gâthas appartient à « l'âge héroïque des religions qui ne connaît pas d'accommodements avec l'éternité ». Que les conditions de la félicité céleste fussent conçues d'une façon plus pure ou d'une façon moins élevée, nulle clémence, nulle considération utilitaire ne rendait l'accès plus facile pour ceux qui avaient transgressé ces conditions. Combien l'Avesta postérieur n'esl-il pas déjà différent 1 La félicité est de plus en plus facile à atteindre.

Dans l'Avesta postérieur. — Les théologiens de l'Avesta ne pouvaient pas supporter la pensée que tant d'hommes fussent dans les tourments, quoique ces tourments ne durassent éternellement pour personne. Peut-être un autre intérêt plus

t. N. Sôderblom, Les Fravashis, p. 23 ss.

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clérical qu'humain a- Ml aussi joué un rôle. C'était le désir d'employer la puissance de l'Église et son influence. Il y eut un changement radical dans le mazdéisme de Zoroastre, lorsqu'au temps des Sassanides, on en fit la religion d'État (m* siècle ap. J.-C). Ce ne fut plus une petite minorité combattant pour son existence et pour l'extension de son dogme. La religion avait atteint son but et Zarathuâlra avait établi son empire à un degré que les chantres des Gâthas n'avaient pu pressentir (Yasna, 29, 9). Désormais au lieu d'une humble armée de fidèles, l'Église devint un riche royaume avec une foule d'esprits différents, et plus d'un puissant « Vtstâspa » ou plus d'un puissant « Jàmâspa » qui ne pouvaient se plier aux dures lois de la piété, avaient besoin qu'on leur ouvrit les portes du ciel plus grandes. C'est ce qui fit naître dans le mazdéisme un système de pénitence encore plus généreux que celui de la religion catholique '. Presque tous les péchés et tous les crimes peuvent être effacés parla prière, la pénitence et les purifications. L'exposition de ces diverses règles, qui avaient pour résultat de rendre la piété des laïques plus facile et de mettre tout le pouvoir aux mains des prêtres, ne rentre pas dans notre élude. Comme nous l'avons déjà vu, certains péchés sont si intimement liés au royaume du mal, que le pécheur est déjà devenu un démon en ce monde. Pour d'autres pécheurs, d'après le Vendîdâd, il n'y a pas de réparation. Cela s'applique à la négligence des signes de la religion : la ceinture et la chemise sacrées (18, 54); à la souillure de la terre par un cadavre de chien ou d'homme, à moins qu'on ne le déterre avant deux ans (3, 38 s.); à l'action de manger d'un homme ou d'un chien mort (7, 23 s.) ; et à la souillure du feu ou de l'eau par un cadavre (7, 25 ss.) s . Le dogme de la pénitence dans le Vendîdâd a subi un long développement qui

1. Même le judaïsme talrnudique connaît le trésor des mérites, mat, que les patriarches ont amassé et qui profite aux autres. Mais, dit Rabbi Berekja, si les mérites des pères et des mères s'ébranlent, allez vous attacher à la grâce! G. Daim an, Jesaja, 53, 2 e édition, p. 29-35.

2. Il ne faut pas compter l'action de jeter de l'étoffe sur un cadavre parmi les péchés irréparables, comme l'on serait porté à le croire à cause du Vendiddd, 5, 61, cité plus haut. Car voyez 8, 23 ss. !

a apporté dans la pratique et dans la croyance elle-même de grands changements. C'est une question de savoir si le pdsôtanu dans l'ancienne signification du pehlvi margarzdn, celui qui commet le péché mortel (non pas d'après le sens postérieur : celui qui mérite la punition de deux cents coups avec le sraoèôcarano ') n'impliquait pas à l'origine l'impossibilité de la purification des pécheurs par les sacrements de pénitence. Dans le Vendîdàd, 15, 1-8, cinq péchés sont énumérés, qui rendent p 9 sa tanu. D'après le Vendîdàd, 16, 17 s., le quatrième de ces péchés ne semble pas pouvoir être lavé, puisqu'aucune pénitence spéciale n'est nommée en même temps, comme pour les péchés moins graves déjà énumérés ; mais dans le fargard 18, 66 s. une pénitence d'un genre très ancien, parce qu'elle implique des sacrifices d'animaux, est donnée même pour ce péché.

En tout état de cause le Vendîdàd connaît encore des pécheurs pour lesquels le paradis est immanquablement fermé. Le précepte du Vendîdàd, 3, 40 ss., que tous les péchés, même les pires, peuvent être effacés par la pénitence, même la souillure de la terre par l'enterrement, est valable sous la seule condition qu'ils soient commis par un non-mazdéen, qui depuis a accepté la vraie religion. Alors la religion efface toutes les transgressions.

Pour le mazdéen lui-même donc, en dehors des peu nombreuses exceptions que nous avons nommées, il y a expiation pour tous les péchés, selon le Vendîdàd, même pour les cinq mentionnés au fargard Itt et qui sont regardés comme le pire degré de culpabilité, pdëâtanu dans le plus antique sens du mot = pehlvi margarzân, « digne de mort ». De ces cinq péchés, le premier consiste à convertir le fidèle à une autre religion inférieure, deux regardent le traitement des chiens, et deux autres, la vie sexuelle. Celui qui se soumet à la pénitence prescrite se fait « un viatique pour le monde des hommes pieux », celui qui ne fait pas pénitence se fait « un viatique pour le monde ténébreux des impies qui a pour origine les ténèbres » (Vendtddd, 18, 76). VAédtn Vohû, une des for-

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