Annales du Musée Guimet, XXII, XVII s
mules sacrées, récitée sur le lit de mort, a une efficacité immense; mais il y a un cas, où elle a une valeur encore plus grande, c'est lorsque l'homme qui la lit se détournera même temps des mauvaises pensées, des mauvaises paroles, des mauvaises œuvres [Hâtôxt Nask, I, 14 ss.), c'est-à-dire lorsqu'un non-mazdéen,un hérétique, se convertit au mazdéisme. Du reste, d'autres passages des textes sacrés qu'on lit au moment de la mort ont le pouvoir de sauver de l'enfer celui qui les lit ( Yasna, 71, 15 s.). Mais cela n'empêche pas que les exceptions nommées plus haut subsistent encore.
Dani la littérature pehivie. — Si nous abandonnons l'Avesta, nous trouvons que les théologiens pehlvis sont encore plus faciles. Ils suppriment les exceptions. Pour eux les sacrements effacent tous les péchés. Mais si Ton commet de nouveau le péché, la satisfaction est annulée (Saddar, 45)'. Si le mourant n'a pas la force de lire lui-même YAsam Vohû, ses amis doivent le lui faire repéter mot par mol (Saddar, 45, 9). Si le mourant doit aller en enfer, cette pratique a pour résultat de le faire entrer dans l'état intermédiaire; s'il doit être dans l'état intermédiaire, de le faire entrer dans la félicité; s'il avait déjà mérité le paradis, de le faire entrer dans le ciel le plus élevé, garôtmân (Dâtistân, 13, 1 ss.). Même avec la seule récitation du palet, formule de pénitence, au moment de lamort, on peut gagner la félicité. Deux prêtres sont appelés pour la dicter. Alors le pécheur reçoit son châtiment à l'extrémité du pont Ginvat et de là, il est conduit à la place qu'il doit occuper (Saddar, AS, 10). Une cérémonie, IsiGîtîxirtt, qui est accomplie par deux prêtres pendant trois jours, procure l'accès au ciel déjà sur la lerreetvous assure uneplace dans le paradis 1 . Mêmeleplus grand pécheur peut entrer dans le séjour des hommes pieux, s'il serepent de son péché et se soumet aux ordonnances des prêtres à l'égard de son corps et à l'égard de ses biens (Dâtistân, 75, 5). Nous ne trouvons ici ni fanatisme ni vigueur d'esprit extraordinaire, mais un vif désir d'assurer, au moyen de l'Église, le salut de tous. Quand Artâ Vîrâf sort du séjour intermédiaire